‹ Des fonctions et des maladies nerveuses dans leurs rapports avec l'éducation sociale et privée, morale et physique [electronic resource]Chapitre 35 sur 41 · SUR LA SUKEXGITABIUTÈ NERVEUSE · texte numérisé non relu

SUR LA SUKEXGITABIUTÈ NERVEUSE

laits d'excitabilité et d'éducabilité nerveuses que pour trouver le fil qui devait nous conduire dans le dédale des faits de surexcitabilité, qui ont vainement excité la sagacité et épuisé la patience des pathologistes. Nous consignons donc ici, comme un résultat acquis et comme point de départ, l'induction générale, la formule pathogénique que nous exprimons en ces termes : la surexcitabilUé générale ou partielle, héréditaire, congéiitale ou acquise, de t organisme nerveux, est l'expression, dans un grand nombre de cas, d'un rapport anormal entre les conditions de formation vasculo-médullaire, et les conditions de circulation artérielle, rapport anormal qui trouble la production de nevrosité nécessaire à l'excitation normale.

Voyons maintenant comment et de combien de manières ce rapport anormal peut avoir lieu.

La surexcitabilité nerveuse se manifeste dans des conditions physiologiques bien diverses, ce qui nous prouve que l'altération du rapport préétabli entre les conditions du tissu vasculo-médullaire et celles de la circulation artérielle, est loin d'être toujours la même dans tous les cas. Cette altération est le fait général I induction fondamentale ; mais il importe d'en discer' ner les variétés, de mettre en lumière les diverses formes sous lesquelles elle se présente. Il s'agit de nous élever à une conception pathogénique aussi exacte que possible des principaux aspects sous lesquels -vele anotre observation la surexcitabilité ileus considérée comme prédisposition générale aux trouble^ de 1 impressionnabihté et de l'innervation.

U]h INDUCTIONS PATHOGÊNÎQUKS

Rappelons encore les faits observés. On ne remarque pas seulement la surexcitabililé nerveuse chez les individus doués, comme l'on dit, du tempérament nerveux; on la remarque également chez les personnes douées des conslilulions les plus diverses (1). On la remarque chez les individus dont le tempérament est sanguin, pléthorique, chez ceux dont le tempérament est mélancolique, chez ceux dont le tempérament est lymphatique, chez les scrofuleux surtout. On la remarque chez les chlorotiques, chez les personnes qui ont perdu beaucoup de sang, chez celles qui ont éprouvé de longues maladies, de cruelles privations, et chez celles qui ont été soumises cà un régime débilitant. Il est peu de constitutions qui échappent à cette disposition morbide. On la remarque très-souvent chez les personnes qui ont été entourées dès leur enfance de ces soins minutieux et exagérés qui empêchent l'organisme en

(1) Le tempérament nerveux des auteurs n'est pas le seul qui soit signalé comme manifestant celte prédisposition générale que nous tlési-nons sous le nom tic surexcUahilUé. Malgré toute leur bonne volonté, les physiologistes n'ont pu concentrer exclusivement sur ce tempérament les faits de surexcitabilité nerveuse dont ils ont donné le tableau plus ou moins exact. Ainsi, ils nous disent que chez les individus sanguins la suscepHbililé nerveuse est assez vive et accompagnée d'une susccpliUlilè rap'de (Richerand); que chez les individus bilieux, l'aclivUé des humeurs bilieuse el séminale augmente la sensibilUé des exlrémilés nerveuses (Cabanis, sixième mémoire) ; que la prédominance du système nerveux peut se rencontrer avec des muscles forts el des muscler faibles (Cabanis, ibid.). Le tempérament lymphatique luimême a échappé aux tableaux imaginaires qu'on en reproduits sans cesse depuis Galien. Au lieu du type de l'insensibilité générale, de l'inertie morale et intellectuelle qu'on avait cru y voir pendant si longtemps, on y a reconnu la prédisposition opposée que nous signalons, et qui s'y trouve presque toujours.

SUR LA SUREXCÏTABir.lTK NERVEUSl'. hi^i

général et le système nerveux en particulier d'acquérir le développement et l'énergie fonctionnelle que donne l'exercice. Les influences dites morales jouent un trèsgrand rôle dans la production de cette prédisposition. Le régime et le milieu physique dans lequel nous vivons y prennent aussi une part très-considérable. Si des individus chez lesquels prédominent des conditions physiologiques très-diverses, manifestent également la surexcitabilité nerveuse, nous devons en conclure que la cause prochaine de cette surexcitabilité n'est pas la même dans tous les cas, quoiqu'elle consiste toujours dans une altération des rapports préétabhs, qui, dans les excitations normales, existent entre l'organisme nerveux et le sang artériel. Nous devons conclure que cette cause prochaine consiste tantôt dans une condition originelle ou acquise de formation vasculo-médullaire, lantôl dans une condition de qualité ou de quantité du sang. Il o<t impossible de se refuser à accepter l'une ou l'autre de ces causes.

L'observation nous montre que toutes les formes de lasurexcifabilité nerveuse, quelque diverses que soient les conditions physiologiques des individus qu'elle caractérise, peuvent se réduire à quatre formes principales. Dans l'intérêt d'une sage application de l'hygiène et de la thérapeutique, il importe de les bien connaître et d'en acquérir une idée exacte. Ici comme partout, la théorie doit èlre conçue et exposée de manière à conduire à une pratique sûre et efficace. Ces quatre formes générales, nous les exprimerons par les données inductives qui suivent :

/il 6 INDUCTIONS PATHOGÉNIQUES

1" Le système nerveux peut, riéUml pas convenablement dcreloppé, ne pas suffire à la consommation de l'élément nerveux de la névrosité. Dans ce cas, l'afflux du sang nécessaire à la production normale des excitations y détermine une congestion qui en trouble les opérations (1).

2° Le système nerveux peut être trop développé, trop prédommant, et la circulation artérielle, quelque heureuses qu'en soient les conditions, ne pas suffire à la consommation de l'élément artériel de la névrosité (2).

S** Le sang artériel peut ne ima posséder une quantité suffisante de principes actifs, le système nerveux étant, d'ailleurs, très-convenablement disposé (3).

h" Le sang artériel peut être trop abondant et trop riche en principes actifs, le système nerveux étant, d'ailleurs, dans des conditions parfaites (h).

Nous pourrions ajouter que les deux éléments, l'élément nerveux et l'élément artériel, peuvent être également épuisés ou être également en excès. Mais il est inutile d'insister sur ces deux formes de la surexcitabilité qui rentrent aisément dans deux des formes précédentes, surtout sous le rapport pratique qui est toujours celui que nous devons avoir en vue.

Examinons successivement les faits correspondant à

(1) Nous pouvons appeler cette forme de la surexcitabilité hyponrvrique.

(2) Nous pouvons appeler celle-ci hypernévrique.

(3) Nous pouvons appeler cette forme de la surexcitabilitô hypohémique.

(4) Nous pouvons appeler cette forme hyperhémique.

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