CONCLUSION ET IIÉSUMÉ ANALYTIQUE DU CHAPITRE SEPTIÈME
l. Les troubles de l'impressionnabilité et de l'innervation sont l'expression de conditions pathologiques auxquelles l'activité spirituelle reste étrangère. Les
^i9^i iNDur/noNs pathogéniques
iiilirrnilés du corps en eiii|jôclient la libre mani lesta lion ; elle peut être abusée ou coupable, mais elle ne saurait être malade.
II. Les faits de surexcitabilité nerveuse, comme ceux d'excitabilité et d'éducabilité, doivent être examinés dans leurs rapports avec l'excitation et avec l'irradiation.
III. Lorsque les éléments nerveux et artériel de la névrosité ne peuvent entrer en rapport dans l'excitation d'un appareil nerveux, sans donner lieu à un trouble Ibnctionnel, il y a surexcitabilité.
IV. Lorsqu'un appareil nerveux n'a pas reçu, au moyen d'un exercice suftlsanl, le développement nécessaire à la production normale de la névrosité, l'excitation a lieu avec congestion et épuisement; il y a surexcitabilité. C'est ce qui a lieu dans les appareils sensoriaux qui sont aux prises, avant d'y être préparés par l'exercice, à des excitations vives et soudaines.
V. Lorsque, par des excitations souvent renouvelées, les limites du développement d'un appareil ont été atteintes, l'appel sans cesse renouvelé du sang y provoque une congestion ou de l'épuisement; il y a surexcitation. Il en résulte, dans certains cas, une jciralysie par congestion ou par énervalion; dans d'autres cas, il y a byperestbésie.
VI. La prédisposition aux troubles de l'impressionnabilité et de l'innervation consiste donc dans une condition pathogénique du sang ou du tissu nerveux, qui en trouble les relations fonctionnelles. Cette condition patliogénique, originelle ou acquise, se présente sous
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quatre aspects, en raison du l'excès ou de l'insuffisance de chacun des deux éléments de la névrosité. Elle est liyponévrique ou liypernévrique , liypoliéniique ou liyperljénii(|ue.
VII. Les divers tempéraments indiqués par les auteurs comme prédisposant aux troubles de l'impressionnabilité et de l'imiervation, correspondent parfaitement à ces quatre formes de la surexcitabilité nerveuse.
VIII. L'excitation initiale ne pouvant avoir lieu sans trouble, l'excitation irradiée est nécessairement désordonnée. Les alfections nerveuses qui résultent d'une irradiation doivent être considérées dans leurs rapports : 1" avec l'imprcssionnabilité affective ; 2" avec l'innervation initiative; avec l'association des excitations; A" avec les irradiations sympathiques.
IX. Les sentiments et les émotions se traduisent extérieurement par des expressions qui leur sont propres. Ces expressions consistent dans l'accent, dans le regard, la physionomie, l'attitude, par la tendance expansive ou oppressive des idées, par des illusions, pai" des phénomènes de circulation, de sécrétion, etc.
X. Les affections nerveuses qui éclatent à la suite d'impressions affectives, violentes ou opiniâtres, doivent être re-ardées comme la transformation en troubles de l'impressionnabiliu'; et de Tinnervation, des expressions sentimentales dont nous venons de parler. Lorsque ces affections surviennent à la suite d'une commotion soudaine et violente, elles peuvent varier infiniment dans leurs formes; lorsqu'elles surviennent
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à la suite d'une préoccupation habituelle, elles conservent plus souvent le caractère de cette préoccupation.
XL Les affections nerveuses qui éclatent à la suite des causes dites morales sont, comme les expressions sentimentales, la transformation des impressions ganglio-cérébrales en phénomènes d'innervation intracérébrale (déhre), cérébro-sensoriale (état comateux, hallucinations, illusions), cérébro-musculaire (accès ^hystérique, épileptique, paralysie, etc.), et cérébroganglionnaire (syncope, chlorose, ictère, viscéralgie, etc.).
XII. Il est des affections dont les accès sont précédés à la fois d'une émotion pénible que rien n'expHque, et d'un trouble général ou partiel de la vie viscérale. Ces accès doivent être assimilés à ceux qui éclatent à la suite d'une cause dite morale, et regardés par conséquent comme la transformation d'une impression aangho-cérébrale en phénomènes tumultueux d'innervation expressive.
XIII. Les expressions naturelles d'un sentiment et d'une émotion tendent à être imitées par les personnes qui en sont témoins. Cette imitation n'est pas seulement apparente et extérieure ; au delà de cette modification extérieure et visible, il y a une modification tout intérieure, invisible, mais aussi réelle et aussi incontestable .
XIV. Les expressions désordonnées d'un sentiment et d'une émotion sont dans le même cas. Les accès hystériques, épileptiques, maniaques, tendent à être
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imités comme les diverses expressions sentiiiieiiLales.
XV. La propagation sympathique des all'ections nerveuses se fait de deux manières. Quelquefois elle constitue un véritable automatisme : c'est ce qui a lieu lorsque l'accès convulsif éclate en présence de personnes prédisposées aux névroses. Souvent l'imagination intervient et elle prend alors un caractère à la fois intellectuel et allectif : c'est ce qui a lieu dans les épidémies nerveuses, sous l'inlluence des récits exagérés, des idées répandues, d'une terreur générale, etc.
XVI. L'association vicieuse des excitations doit être considérée comme symptôme des variétés de l'aliénation mentale et comme cause de certaines affections nerveuses.
XVIL Dans l'aliénation mentale on doit tenir compte de l'incohérence et de la cohésion anormale des idées. Dans la manie il y a h la fois incohérence et cohésion anormale ; mais l'incohérence a plutôt lieu entre les raisonnements qu'entre les idées; elle est d'ailleurs occasionnée par la violence et la rapide succession des émotions les plus diverses. Dans la démence, c'est l'incohérence des idées qui est le symptôme prédominant, en l'absence de toute émotion vive. C'est une sorte de paralysie des aptitudes cérébrales qui concoùrent à la coordination logique des idées. Dans la monomanie, dans la lypémanie surtout, il y a cohésion anormale des idées, entretenue par une passion dominante, ou par une émotion que rien ne peut vaincre. C'est dans le délire aiïectif qui se retlète plus particu-
CKRISK. on
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lièrement l'influence de l'éducation par la direction des sentiments.
XVIII. L'habitude qui résulte d'une association prolongée ou souvent renouvelée des mômes impressions, ne peut être troublée sans souiïrance. Cette souffrance va quelquefois jusqu'à faire éclater de graves affections nerveuses. On en rencontre de nombreux exemples.
XIX. Lorsque d'anciennes habitudes ont été rompues, toute impression qui fait revivre dans l'imagination les circonstances passées, est suivie d'une vive douleur. On a un exemple de ce fait dans l'action si souvent signalée du rmiz des vaches sur les citoyens suisses qui vivent dans les garnisons étrangères.
XX. Lorsqu'une forte commotion suivie d'une attaque d'hystérie, d'épilepsie ou de catalepsie, a été produite une fois par une impression sensoriale, nonseulement le retour, mais encore l'idée de cette impression, suffisent pour reproduire les accès qui l'ont suivie. De nombreuses observations constatent ce
fait remarquable.
XXL On confond avec des phénomènes sympathiques les troubles de l'impressionnabiHté et de l'innervation qui succèdent à une émotion violente et qui comphquent une irrésistible passion. C'est une erreur contre laquelle nous nous élevons avec toute l'énergie de notre conviction. Avec une pareille doctrine, l'mflnence du moral sur le physique, c'est-à-dire des idées sur l'organisme, n'est autre chose que l'influence