XVI INTRODUCTION
elle correspond aux appétits conservateurs de l'individu et de l'espèce, et sentimentale quand elle correspond à l'idée d'une satisfaction à rechercher ou d'un obstacle à éviter. Or, l'émotion considérée en elle-même ne présente aucun caractère intellectuel ni sensorial ; elle ne présente ce double caractère que par son association avec une idée ou avec une sensation. Elle consiste donc dans une modification soudaine ou prolongée du système ganglionnaire viscéral.
S'agii-il des phénomènes sensoriaux? On sait qu'ils se manifestent par les impressions que nous recevons des corps extérieurs. Or, ces impressions, considérées en elles-mêmes, ne présentent aucun caractère affectif ni intellectuel ; elles ne prennent ce double caractère que par leur association avec une émotion ou avec une idée. Les impressions sensoriales consistent donc dans une modification spéciale des appareils destinés à les recevoir.
S'agit-il des phénomènes intellectuels?... On sait qu'ils se manifestent par les idées à l'aide desquelles nous affirmons des existences, des rapports, des limites^ des actions, etc. Or, les idées, considérées en elles-mêmes, ne présentent aucun caractère affectif ni sensorial ; elles ne prennent ce double caractère que par leur association avec une émotion ou avec une sensation. Les idées consistent donc dans
INTROnUCTIOlV. XVII
«les modificiilions siKHialus pi'oduilcs par l'esprit tians l'appareil psycho-cV'iébral.
L'iiiipressioiuiabilité nerveuse de l'homnie s'alimente donc à trois sources distinctes auxijuelles correspondent nécessairement trois appareils spéciaux.
Mais ces éléments physiologiques et anatomiques de rimpressioMnal)ilité ne sauraient être considérés isolément. Ce n'est pas ainsi, du moins, qu'ils s otl'rent à notre observation. Il existe entre eux des relations fonctionnelles si nombreuses et si étroites, le concours que chacun d'eux apporte à la production des phénomènes communs est si habituel, si indispensable, qu'il est impossible de ne pas concevoir un appareil intermédiaire, un foyer général, une centralité nerveuse enfin ([ui les rallie, les réunisse et les fasse en même temps communiquer ave(' le système de la locomotion. Cet appareil est destiné, d'une part, à recevoii' les impressions ganglionnaires, sensoriales et psycho-cérébrales, et, de l'autre, à les transformer en phénomènes d'innervation. Une idée ne fjeut provoquer une émotion, une impression sensoriule ne peut réveiller une idée, une émotion ne peut revêtir une expression sentmientale, la volonté ne peut deternnner un mouvement, etc., que moyennant l'intervention de la centralité mésocéphalo-rachidienne ou sensorio-
CERISi:. ,
XyiII INTRODUCTION.
motrice. Par l'iiiierviMitioii de cette centralité, les impressions d'oriiçines diverses s'associent entre elles pour donner lieu à des phénomènes complexes, c'est-à-dire à des phénomènes qui impliquent au moins deux éléments, et qui les impliquent tous les trois, lorsque, par exemple, une émotion s'associe a Vidée d'une couleur, d'un son, d'un objet, etc. On regarde ordinairement cette association, opérée au moyen de l'innervation mésocéphalo-rachidienne, comme un tait de sympathie. On confond ainsi une association fonctionnelle et spéciale qui appartieiil a la vie de relation, avec une association consensuelle et générale qui appartient à la vie de nutrition. Cette confusion s'explique par plusieurs causes. Nous n'en rappellerons ici qu'une seule : en transformant l'appareil cérébral en un appareil affectif, on est tout naturellement porté à mettre sur le compte des sympathies les faits d'irradiation qui semblent porter au loin dans l'organisme l'influence expansive ou oppressive d'une idée, d'un paysage, d'une fleur, d'un spectacle, etc. On est d'ailleurs parfaitement soutenu dans cette disposition par la manière élastique dont on interprète les fonctions du système nerveux ganghonnaire. On en fait indifféremment un appareil des sympathies, un appareil dont les parties savamment hiérarchisées président aux opérations de la vie de nutrition, un appareil destiné à