‹ Des Formes Bulbo-Myéliques dans l'Encéphalite LéthargiqueChapitre 10 sur 22 · TO G UE · texte numérisé non relu

TO G UE

Le 15 février. — Le sommeil est entrecoupé de périodes d’agitation. à

Le 18 février. — Le ptosis bilatéral qui était disparu depuis 4- jours, reparaît plus accentué. Une paralysie faciale gauche se manifeste nettement. Pour la première fois, le malade éprouve une certaine difficulté à déglutir ses aliments. Il avale plus lentement, péniblement, parfois de travers. Les liquides toutefois ne refluent pas par le nez. La parole tend à devenir plus bredouillante, mal articulée. Température basse. Pouls 1190.

Le 20 février: — Parésie légère des muscles de la nuque et du” cou du côté gauche. Trémulation des doigts, peu marquée au repos, s’exagèrant quand le malade étend la main en écartant les doigts. Catatonie nette au membre supérieur. Les troubles de la déglutition s’accentuent, l'alimentation même par les liquides devient difficile, le malade avale souvent de travers ce qui d‘termine l'apparition de quintes de toux pénible et spasmodique.

Le 21 février. — Nystagmus horizontal, dyspnée.

Le 22 février. — Dyspnée sine materia augmente (44 respira-. tions à la minute). La température s’élève P. 120 à 130.

Le 23 février. — La dyspnée devient très intense, la respiration est rapide, superficielle, stertoreuse. Les paralysies oculaire, faciele, Les troubles moteurs de la langue, les troubles de la, déglutition s’exagèrent. Le malade asphyxvie progressivement et meurt dans le coma à 15 heures 1/2

L’autopsie est pratiquée le 24 février. L’encéphale ne présente rien de très net à l'examen extérieur, si ce n’est une abone dante vascularisation des méninges. Sur les coupes du cerveau, du cervelet et de la protulérance, on ne trouve rien de macros- . copiquement appréciable. M. le professeur Pierre Marie a bien voulu se charger de l'examen histologique de l’encéphale.

OBSERVATION II (résumée) Due à l’obligeance de M. le docteur Dumolard. Déjà parue in thèse Schwebel.

M... Saïd, 23 ans, journalier. Bonne santé habituelle.

Entre à l'hôpital de Mustapha le 6 janvier 1920, parce que depuis 15 jours, il éprouve de violentes douleurs dans les membres plus particulièrement dans le membre inférieur gauche.

Le 5 janvier. — Dans la nuit, délire onirique.

Le 6 janvier. — On note des mouvements convulsifs rythmiques du membre inférieur gauche. Les réflexes rotuliens sont affaiblis. Les achilléens faible à droite, aboli à gauche. Au membre supérieur les réflexes tendineux sont affaiblis. Pas de troubles oculaires. Pas de fièvre.

Le 10 janvier. — Rétention d’urines qui nécessite des sondages quotidiens. En outre des mouvements rythmiques de la cuisse gauche, on note des mouvements de même ordre au niveau des grands droits de l’abdomen

Fièvre modérée entre 380 et 3805.

Le 13 janvier. — Nuit très agitée, délire. Ce matin état d’hébétude confusionnelle.: Mouvements convulsifs d’élévation de l’épaule gauche et d’inclinaison de la tête de ce côté. Il existe

-en outre certains mouvements convulsifs localisés à un seul

muscle ou même à quelques faisceaux musculaires, notamment au niveau des lèvres.

Réflexes achilléens et rotulien gauche absents, rotulien droit

affaibli. :

Le 16 janvier. — Hébétude confusionnelle. Rétention d’urines, douleurs dans les membres et le thorax. Etat choréïforme tout à fait particulier dans lequel on retrouve des éléments du spasme, de la convulsion épileptiforme, du tic et des mouvements choréïques

Le 17 janvier. — Le malade plus éveillé urine seul. Il est assis sur son lit. La tête est animée d’un mouvement de balancement comparable à celui qu’on observe dans certains cas de maladie de Friedreich. é LE

Le 21 janvier. — Faciès pleurard du malade : la bouche est entr’ouverte, la salive arrive aux commissures ; les mots paraissent mal articulés ; le malade semble anxieux, angoissé.

POS CAE

Ponction lombaire : liquide clair. Lymphocytes 2, albumine 0,12. Urée 0,507. Sucre 0,904. Réaction de Wasserman négative dans le sang et le liquide céphalo-rachidien. Hecht positif dans le sang. Cultures de liquide C. R. et de sang restent stériles.

Le 22 janvier. — Dysarthrie très prononcée ; dysphagie. Le pouls s'accélère, la respiration est superficielle, irrégulière, l’anxiété plus prononcée. Le malade présente un tremblement intentionnel typique dans les mouvements du bras gauche. Réflexes rotuliens et achilléens abolis ; les réflexes sont très affaiblis aux membres supérieurs. Les mouvements convulsifs persistent au niveau de l’abdomen et de l’épaule gauche.

Cet état dure un môis puis apparaîtuneescharre trochantérienne qui est le point de départ de fusées purulentes s’étendant dans

le dos jusqu’au voisinage des plèvres. On constate fin février des signes d’épanchement dans la plèvre gauche. L'état général s’agorave, la fièvre reste élevée, les troubles moteurs persistent plus ou moins intenses, selon les jours et le malade meurt le 15 mars 1920. o x

Autopsie. — Rien du côté des méninges. Le cerveau présente une congestion cérébrale diffuse peu marquée. Sur la face externe du lobe frontal droit, on note une petite dépression (2 em 5 sur 1 cm) au niveau de laquelle la substance cérébrale offre un aspect rugueux.

Aux poumons, congestion des bases et foyers de :broncho: pneumonie à droite. La cavité pleurale gauche contient ‘un épanchement purulent abondant. Nombreux ganglions trachéobronchiques. Pas de lésions macroscopiques des surrénales.

PEL Fetes)

OBSERVATION IIT (résumée)

Présentée par MM. René Benard et Et. Boissart à la Société médicale des hôpitaux, le 20 février 1920.

X... Pierre, 19 ans. Pas d’antécédents. ‘En pleine santé, le 14 décembre, apparition d’un hoquet persistant, non fébrile, qui dure 2 jours. Accalmie complète ensuite. Du 24 décembre au 5 janvier, douleurs dans la région du trijuméau, puis dans le cou à gauche. Après des alternatives de rémissions et d’éxacerbations, douleurs le 5 janvier, violentes «à pleurer » sur le trajet du radial et du cubital gauches, au point d’émergente des nerfs cutanés. Du 8 au 14, insomnie absolue, délire, phases d’hallucinations visuelles, entrecoupées de période d’hyperactivité mentale. Loquacité extrême durant 48 heures. Paralysie faciale à type périphérique le 12 et le 13. Apparition de secousses myocloniques abdomino-diaphragmatiques, incessantes, non pénibles, qui durent jusqu’à la fin. Catatonie ; tremblement des membres supérieurs à type parkinsonien. Sueurs profuses du 17 au 21. Puis, progressivement, installation d’un état léthargique débutant le 14 et allant en augmentant jusqu’à la mort

survenu le 27, après douze heures de contractions spasmodi-

ques dans les membres supérieurs.

Le 14. — Rétention complète des urines. Les réflexes rotuliens sont nettement diminués.

Le 15. — Pouls 124. Rétention d’urines persiste. Les réflexes rotuliens et achilléens sont maintenant complètement abolis. L’inégalité pupillaire existe toujours, mais la mydriase à changé de côté. Parésie légère du droit externe. Transpirations profuses.

Le 17. — Somnolence, mais conscience intacte. Réflexes toujours abolis, La rétention d’urines est toujours absolue ; il s’y joint de l’incontinence des matières. Même état jusqu’au 23.

Le 24. — Incontinence des urines. Le 25 à nouveau rétention. Les secousses myocloniques persistent. Le ventre se ballonne fortement.

Dans la nuit du 26 au 27, crises spasmodiques de la nuque et des membres supérieurs Température 4106. Mort à 2 heures de l’après-midi.

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