‹ Des Formes Bulbo-Myéliques dans l'Encéphalite LéthargiqueChapitre 11 sur 22 · OBSERVATION IV · texte numérisé non relu

OBSERVATION IV

Présentée à la séance du 7 juin 1918 de la Société médicale des hôpitaux de Paris par le professeur Ardin-Delteil.

t.. S, infirmier, âgé de 26 ans, entre le 18 avril 1918 à l’hôpital Maillot, à Alger. Le 4 avril ila été pris brusquement de malaises, de fièvre, de violents maux de tête, de vomissements répétés, qui persistèrent jusqu’à la veille de son hospitalisation et d’épistaxis.

A son entrée, on constate une cine de 3907, une Fe prostration avec obnubilation intellectuelle, parole bredouillante et une somnolence invincible. L’haleine est fétide, acétonémique ; des fuliginosités recouvrent les lèvres et les dents ; la langue est très saburrale, sans trémulations. Le pouls bat à 110. Pas de météorisme abdominal, pas de tâches rosées, pas de gargouillements ni de douleur dans la fosse iliaque droite ; les urines sont rares, foncées, ne contenant ni sucre, ni albumine, ni acétone. Les bruits du cœur sont un peu affaiblis, mais réguliers. L’auscultation des poumons révèle un peu d’obscurité du murmure vésiculaire dans les bases, avec quelques frottements à la base gauche.

Le malade est somnolent ; il faut le secouer à. née reprises pour obtenir une réponse, il se replonge aussitôt dans son sommeil interrompu.

Les pupilles sont fortement retrécies. On note une légère raideur de la nuque, sans Kernig véritable. Les réflexes rotuliens sont diminués, le réflexe plantaire diminué et paresseux, sans inversion.

Les divers sero-diagnostics sont négatifs ; un frottis démontre l'absence d’hématozoaire, de spirille de la fièvre récurrente. Une hémoculture est aussi négative. La réaction de Bordet- Wasserman est négative également.

La formule leucocytaire, donne 76 polynucléaires (dont 1 éosinophile) et 24 mononucléaires (dont 6 lymphocytes) pour 100. )

L'examen approfondi de l’appareil oculaire, pratiqué le 28 avril, ne décèle pas de paralysie des muscles extrinséques. Les réflexes pupillaires sont paresseux ; l’acuité visuelle est normale. Les seuls symptômes observés sont la paresse des releveurs des paupières et le myosis.

La courbe thermique a été assez irrégulière. Avant l’entrée du malade à l’hôpital, la courbe s’est progréssivement élevée jusqu’à 400 ; 3 ou 4 jours après son hospitalisation, la température s’est abaissée jusqu’à 37°, pour se relever ensuite peu à peu, jusqu’à 3%, vers le 26 avril, et descendre petit à petit aux environs de 37, du 5 au 10 mai et faire un petit ressaut à 38° du 10 au 18 mai. Depuis lors, l’apyrexie est devenue définitive. La somnolence a persisté pendant toute la durée de la maladie ; elle s’est un peu atténuée dans la période du 20 au 25 avril.

Le 29 avril, au moment de la première reprise thermique, la somnolence redevint si profonde que l’on pratiqua une ponction lombaire. Le liquide était nettement hypertendu, clair, coulant à gouttes pressées, légèrement hyperalbumineux ; on observa une forte lymphocytose. Après la ponction, la somnolence sembla diminuer et l’obnubilation intellectuelle devint moins intense.

A partir du 6 mai, le malade parut entrer en convalescence. Il demanda à lire quelques journaux et commença à se lever ; mais il éprouvait une grande faiblesse de ces membres inférieurs, de la lourdeur de tête, de la lenteur de l’idéation et une certaine dépression psychique. Les réflexes rotuliens étaient encore diminués ; le myosis devenait moins serré.

Une seconde ponction lombaire a été faite le 17 mai. Le liquide était clair, non hyperalbumineux et la lymphocytose avait disparu. Cette seconde ponction à fait disparaître chez le malade, la lourdeur de tête dont il se plaignait. Il a quitté l’hôpital le 19 mai, avec un congé de convalescence d’un mois.

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