‹ Des Formes Bulbo-Myéliques dans l'Encéphalite LéthargiqueChapitre 16 sur 22 · OBSERVATION VIII · texte numérisé non relu

OBSERVATION VIII

Type paraplégique de l’encéphalite épidémique, présenté par M. Sicard à la Société médicale des hôpitaux, le 5 mars 1920.

Mme X..., âgée de 55 ans, entre à l'hôpital le 10 janvier 1920+ amenée sur un brancard avec inertie à peu près complète des membres inférieurs. Quelques mouvements seuls de flexion légère des pieds étaient possibles. A peine existait-il une ébauche d’élévation des cuisses. Les réflexes tendineux rotuliens et achilléens étaient très diminués. Il existait de l’hyperesthésie cutanée associée à de lamyalgie des membres supérieurs. L’hyperesthésie remontait jusqu’à la région ombilicale où sa limite supérieure affectait une ligne franchement perpendiculaire à l’axe du corps. Au-dessus de cette ligne, l’état de la sensibilité objective et subjective redevenait normal. Les membres supérieurs, la face avaient leur motricité et leur sensibilité intactes. Il n’existait aucun trouble oculaire. Par contre on notait de la retention urinaire, qui nécessitait des sondages quotidiens, avec dé but d’érythème trophique sacré.

Cette paralysie était apparue le 28 décembre 1919, une dizaine de jours avant l’admission hospitalière de la malade et trois jours après le début de la maladie par des phénomènes généraux de douleurs irradiées dans la nuque et les membres. Les douleurs vives ne persistèrent qu’une semaine environ. La température pe fut jamais élevée, oscillant entre 3708 et 3894.

La ponction lombaire, faite le 11 janvier 1920, ramena un liquide clair, normal en glycose, albumine et cellules, avec réaction de Bordet-Wasserman négative. Celle-ci fut aussi trouvée négative dans le sang.

Rien ne permettait dans ce tableau clinique de discuter l’encéphalite. Cependant l’entourage de la malade nous faisait part que, dans les premiers jours du début: de l'affection, la somnolence était invincible et à peu près permanente, faisant, il est vrai, place depuis à une insomnie rebelle.

Un autre symptôme devait encore éveiller nos doutes diagnostiques. Du 15 au 20 janvier, quelques troubles de l’accommodation pupillaire survinrent avec parésie accommodatrice à la distance et à la lumière, mais sans diplopie.

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