‹ Des Formes Bulbo-Myéliques dans l'Encéphalite LéthargiqueChapitre 17 sur 22 · HAN PEER · texte numérisé non relu

HAN PEER

Enfin, voici que, en pleine convalescence, alors que toute paraplégie avait disparu et que les réflexes étaient redevenus normaux, que la malade se levait, que les symptômes urinaires avaient disparu, brusquement des mouvements involontaires se déclarent, à la neuvième semaine évolutive, dans les membres supérieurs. Les doigts sont agités. de tremblements qui se propagent à la main et à l’avant-bras. Les tremblements à larges oscillations ont été à leur phase initiale entrecoupés de quelques mouvements à rythme clonique. Il n’y a pas d’asynergie, pas d’adiadococinésie, pas de dysmétrie. L'épreuve de Holme est négative. Le.tremblement augmente notablement dans les mouvements intentionnels. Il n’existe aucune tendance

‘ à l'amélioration de ces troubles moteurs, qui au contraire, s’étendent aux membres. inférieurs et les orteils présentent depuis quelques jours la même désharmonie motrice.

CESR VAFION IX (résumée)

Syndrome: envéphniomyitite infectieuse: à: début pseudo par-

-kinsonien, par MM. Anglade et.K: Verger. (1)

=: Léontine D..., 41 ans, ménagère est amenée le 25 février 1919 : à l’hôpital St-André-pour troubles visuels assez vagues : brouillard devant les yeux depuis 5 jours. L’examen.des je ne révèle aucune lésion.

La malade réalise au mieux le tableau classique de là maladie de Parkinsonn, sauf le tremblement. Elle présente un léger degré de catatonie.

Réflexes tendineux exagérés. Pas de Babinski., Fonctions sensitives et sensorielles intactes. Intelligence engourdie.

Liquide -céphalo-rachidien normal.

Anorexie. Constipation. La température oscille autour ‘de rene AR ;

:10 mars. Apparition de la narcolepsie.

Dans les jours qui suivent progressivement s’établit-un état -paralytique des membres inférieurs, avec exagération des réflexes et signe de Babinski. !

18 mars. — Eschare sacrée en formation.

‘1er mai. —: Paralysie complète des: membres inférieurs, réflexes diminués. Babinski positif. Sensibilité à la piqûre et.au contact conservée.

. Incontinence complète des urines «et des matières fécales.

: Le malade meurt; le 11 mai.

Autopsie. — Œdème sous-arachnoïdien et :congestion: piemérienne très marquée de tout l’axe cérébro-spinal.

La moelle ramollie tend à s’étaler. l'examen histologique a montré une infiltration perivasculaire dans lécorce, une infiltration nucléaire plus intense dans la protubérance surtout au voisinage de la paroi. ventriculaire et dela dégénérescence .

“pigmentaire de toutes les cellules des cornes antérieures.de la

.. moelle.

(1) Société de Médecine et de Chirurgie de Bordeaux, 9 janvier 1920,

b) ANALYSE DES FAITS ET DÉDUCTION

Dans ce deuxième groupe d’observations, les manifestations bulbaires et myélitiques dominent lascène et relèguent au second plan les symptômes entéphaliques. Ces derniers bien, qu’estompés, n’en existent pas moins avec des caractères suffisamment tranchés pour permettre de s'orienter vers le diagnostic d’encéphalite léthargique.

Analysons les différents syndromes. .

seulement dans la première observation du groupe (VI). Il s’y montre très net et presque complet. Son apparition tardive a succédé à des troubles myélitiques et encéphaliques et paraît entraîner la mort du sujet. Il marque son entrée en scène au 40€ jour de la maladie par de la dysphagie et de la paralysie du voile du pa-

lais. Les liquides ne peuvent franchir l’isthme du £go-

sier et ressortent en partie par les narines. Les solides ; ne peuvent être avalés.

Le malade accuse en outre une sensation désagréable et curieuse « de feutre et de flanelle-dans la bouche » . suivant-son expression imagée.

La glycosurie survient ensuite chez le patient qui n’avait jamais eu de diabète et dont les urines examinées le jour de l’entrée à l'hôpital ne révélaient pas trace de sucre. Puis la langue se parésie et se dévie nettement à gauche lorsqu'on prie le. malade de la montrer. Plus tard s'établit de la parésie du facial inférieur droit et de la tachycardie.

Dans les derniers jours enfin, la dysphagie, là tachycardie, la dysarthrie se compliquent de dyspnée sine matéria, suivant un: Han intermittent (ébauche de Scheyne-Stokes). \

Si AT =

Troubles médullaires. — Ils ont été particulièrement nets dans les observations VIT-VIII et IX, plus légers dans l’observation VI. Ils se sont traduits par des modifications d’ordre moteur, sensitif, trophique, réflexe et sphinctérien. Dans l'observation d’Anglade et Verger la lésion IMÉOMNERS a. été confirmée par r autopsie.

La paralysie et la parésie ont caractérisé les troubles moteurs. Elles sont parfois presque immédiates, le malade entrant à peu près d’emblée dans la période d'état par l’impotence plus ou moins complète. Dans l’observation VIII la paraplégie survient presque subitement. L'apparition est quelquefois plus tardive : dans l'observation VII, la quadriplégie et la parésie des muscles du cou qui donne à la tête l’aspect dit. en boule de bilboquet, se révèlent six jours seulement après le début. Enfin, dans l'observation IX, l’état paralytique des membres inférieurs s’établit progressivement vers le 202 jour de la maladie.

L'intensité des troubles paralytiques a été très variable. La paralysie a été complète et totale jusqu’à la mort dans les observations VII et IX. Partielle seulement dans l’observation VIII où persistent quelques mouvements de flexion légère des pieds et une ébauche d’élévation des cuisses. La contracture paraît avoir été toujours absente, sauf peut être dans l’observation IX où l’on notait de la rigidité parkinsonienne. L'évolution s’est terminée par la mort dans les observations VI-VII et IX. Dans l’observation VIII la paraplégie a parfaitement régressé.

Les troubles sensitifs objectifs ont été assez atténués : sensibilité au tact et à la piqûre très émoussée (observ. VII), hypéresthésie des membres inférieurs et du tronc jusqu’à une ligne franchement perpendiculaire à l’axe du corps (observ. VIII).

L'état des réflexes rotuliens est variable, abolis

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