HISTORIQUE
Les formes bulbo-myélitiques de l’encéphalite léthargique en raison de leur rareté semblent avoir peu retenu l’attention au cours de l’épidémie actuelle. Aussi leur histoire se réduit-elle à quelques opinions
- émises au cours de communications et à un très petit
nombre d’observations.
Le 27 avril 1917, MM. R. Cruchet, F. Mouthiers et À. Calmette signalèrent, pour la première fois, à la Société médicale des hôpitaux de Paris l'aspect insolite de 40 cas d’une maladie remarquable par ses phénomènes encéphalo-myélitiques. Ils la décrivirent sous le nom générique d’encéphalo-myelite subaiguë et en détachèrent une série de formes cliniques, parmi lesquelles nous relevons :
« Une forme bulbo-protubérantielle, avec lésions « nucléaires variées portant sur le Co le fa- « cial et le vago-spinal.
« Une forme poliomyélitique antérieure, dont les « caractères au moins initiaux font songer à la para- « lysie infantile, forme au demeurant exceptionnelle.»
Le 7 février 1919, à la Société de médecine et de chirurgie de Bordeaux et le 14 juin 1919, dans «Paris Médical » (1) M. Cruchet rappelait ces faits et les identifiait à la maladie décrite par M. A. Netter sous le nom d’encéphalite léthargique.
Entre temps, Caussade (2) indiquait qu’à l’autopsie
(1) R. Cruchet. — L’encéphalomyélite diffuse et le ncéph léth. Paris médical, 14 juin 1919.
(2) Soc. méd, des hôpit. de Paris, 12 avril 1918.
Le xt PRE
d'individus morts d’encéphalite léthargique typique, : il avait trouvé un bulbe rouge présentant macroscopiquement des stries rouges et blanches. Le même jour M. Netter disait : « C’est autour des 82 et 49 ventri- « cules que prédominent les lésions vues par Von Wies- «ner, mais des altérations de même ordre peuvent «exister dans les circonvolutions cérébrales et même « dans la moelle, dont cependant l'intégrité est habi- « tuelle». |
Un peu plus tard, Sainton (1) décrivait un type “bulbo-protubérantiel d’encéphalite léthargique caractérisé par les paralysies du moteur oculaire externe, du facial, du trijumeau, du glosso-pharyngien et de l’hypoglosse. |
Puis le silence semble se faire autour de ces formes jusqu’au 9 janvier 1920, date à laquelle Anglade et Verger présentaient à la Société de médecine et de chirurgie de Bordeaux un syndrome d’encéphalomyélite infectieuse à début pseudo-parkinsonien.
En février 1920 Bériel à la Société médicale des hôpitaux de Lyon exprime cette opinion : (Je continue - « à concevoir l’encéphalite léthargique comme une « méningo-encéphalite épidémique, probablement mé- «me comme une méningo-myélo-encéphalite.»
Vers février 1920, M. Guillain ‘à l’Académie de médecine signale la fréquence de l’abolition des réflexes tendineux et termine ainsi sa communication : « L’abo- « lition des réflexes tendineux des membres supérieurs Cet inférieurs dans certains cas d’encéphalite lé-. € thargique, abolition coexistant avec la conserva- (tion normale des réflexes cutanés, me parait inté- «ressante à signaler, car ces phénomènes montrent, «dans cette affection, l’atteinte diffuse du névraxe, «les lésions n’étant pas uniquement localisées à la « région bulbo-ponto-pédonculaire »,
(1) Sainton. — L’encéphalite léthargique. — P FETE 23 septembre 1918. : 8 resse médicale
Peu après paraissaient l’observation de Weil (1) : Un cas atypique d’encéphalite léthargique avec participation médullaire et les types paraplégiques d’encéphalite léthargique de Sicard (2) et d’Apert (3).
Dans le même bulletin, Harvier et Levaditi (4), décrivant les lésions rencontrées à l’examen des centres nerveux d’un individu mort d’encéphalite myoclonique, notent: «..au niveau de la moelle et du bulbe «des dilatations vasculaires avec petites suffusions «sanguines, surtout dans la substance grise. Certains : € vaisseaux de la substance blanche et de la substance « grise (cornes antérieures et surtout postérieures), « sont entourés de manchons de mononucléaires, t moins importants cependant que ceux observés dans « l’isthme de l’encéphale. Çà et là, disséminés dans la’ .« moelle à différents niveaux, on trouve en pleine « substance grise de petits foyers d'infiltration mono- « nucléaire. Les cellules nerveuses sont intactes : nulle «part on ne constate de phénomènes de neurono-
« phagie. »
Vers la même époque, M. Ardin-Delteil suivait, dans son service, un type quadriplégique, dont on trouvera bientôt l’observation détaillée.
Enfin, récemment M. Netter, au cours de la discussion qui suivit la communication de MM. Sonques et Bertrand (5) sur un cas d’encéphalite avec altérations médullaires constatées à l’autopsie, déclarait : « Le « virus de l’encéphalite épidémique peut en effet déter- « miner des lésions marquées de la moelle. Ces lésions
(2) P. Emile Weil. — Un cas atypique d’encéphalite léthargique. Soc. méd. hôp. de Paris, 13 février 1920.
(2) et (3) Soc. méd. hôpit. de Paris, 5 maxs 1920.
(4) Harvier et Levaditi. — Lésions des centres nerveux dans l’encéphalite léthargique. Soe. méd. hôp de Paris, 5 mars 1920.
(1) Souques et Bertrand. — Examen histologique des centres nerveux dans un cas d’encéph. léth. Soc. méd. hôp de Paris, 30 avril 1920,
ce - Non
« peuvent exister sans qu’il y ait de lésions du côté
« du mésocéphale ou au moins sans que ces lésions se
« traduisent par des symptômes. Nous avons vu trois enfants et un adulte, chez lesquels le virus de l’en-
« céphalite avait provoqué une paraplégie ou une
« quadriplégie. Il existe une encéphalite léthargique,
« à forme de poliomyélite comme l’on voit des polio-
« myélites à symptômes céphaliques ou mésocépha- « liques.»
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__ CHAPITRE I de Formes myélo-bulbo-encéphalitiques