AVANT-PROPOS. XI
par quelques études avec l'emploi de cette forme, frappés des grandes simpliflcations qu'elle introduit dans les calculs et dans les conceptions, s'étonnent beaucoup que les idées qui se rattachent à cet ordre de considérations n'aient que très-lentement progressé. Mais ils ne réfléchissent pas que tout cela n'est pas méthodiquement exposé dans les ouvrages d'enseignement^ que les moyens d'initiation manquent, et que ce ne sont pas les trop rapides explications qu'on peut rencontrer çà et là dans quelques mémoires isolés, qui sont de nature à donner aux esprits la complète intelligence d'une théorie qui 9e distingue des autres par sa nouveauté d'abord, et en second lieu par une nature particulière d'aperçus, qui se vulgarisera par la suite, mais avec laquelle on n*est pas encore suffisamment familiarisé.
Nous dirons même toute notre pensée en exprimant l'opinion que ces indications isolées, portant tantôt sur un point de doctrine, tantôt sur un autre, suivant la nature des considérations auxquelles on veut les appUquer, que ces demi confia dences, toujours un peu mystérieuses pour le lecteur dont l'initiation n'est pas entière, que ces explications nécessairement écourtées^ parce qu'elles ne sont qu'un accessoire dans le sujet principal, ont plutôt l'air d'oracles prononcés par des augures que d*éclaircissements suivis, comme le sont ceux que, dans ses leçons^ le maître donne à l'élève. Cette manière de faire a donc, à mon avis, plus d'inconvénients que d'utilité. En général, nous ne lisons pas avec intérêt et avec fruit un travail qui repose sur des bases théoriques^ dont la conception complète nous manque^ et dont les relations principales avec ce que nous savons déjà de la science restent en grande partie à l'état latent. Il peut résulter de là un sentiment de répulsion ou tout au moins d'indifférence qui doit nuire à la propagation des idées nouvelles, et imposer à leur avènement de fâcheux retards.