DE LA SYPHILIS COMME CAUSE PRÉDISPOSANTE AUX FRACTURES
La syphilis est-elle une cause prédisposante aux fractures? Nous n’hésitons pas à répondre par l’affirmative.
Les observations où la vérole apparaît comme une cause prédisposante indéniable de fracture sont, en effet, nom— breuses. On ne peut refuser d'admettre la valeur de celles qui rentrent dans la catégorie des fractures dites spontanées. Je n’entrerai pas ici dans là discussion du mot spontané; il est bien évident que, pour qu’un os altéré se rompe, il faut toujours, si faible que soit la résistance dont il demeure capable, qu'il soit sournis à l’action d’une force musculaire ou traumatique supérieure à cette résistance. Donc, à ce point de vue absolu, les fractures spontanées n'existent pas. Mais ce nom a cela de bon qu’il met immédiatement en relief la prédominance de la cause prédisposante sur la cause efficiente.
Or, dans bien des cas, la seule cause prédisposante que . l'on puisse invoquer est la syphilis. Parmi les observations que nous relaterons ultérieurement à d’autres points de vue, la faible intensité de la cause efficiente est souvent notée. Nous allons en rapporter ici quelques-unes, en conservant autant que possible l’ordre historique.
Au dire de Malgaigne, Marcellus Donatus est le premier
(1) Malgaigne. Traité des fractures et des luxations. Paris, 1847, t. I, p. 17. L'indication donnée par Malgaigne, est exacte, La manière dont Marcellus
qui ait, d’une manière explicite, signalé le lien qui existe entre la vérole et certaines fractures, Voici le texte, tel que Malgaigne le cite :