‹ Des fractures chez les syphilitiquesChapitre 18 sur 101 · OBSERVATION IX · texte numérisé non relu

OBSERVATION IX

Marcellus Donatus. De historia medica mirabili libri sex; liber V, cap. I, p. 271 (dans l'édition de la Faculté). Mantoue, 1536.

Il rapporte l’histoire d’un Portugais affecté depuis plusieurs années d’une syphilis constitutionnelle avec des tumeurs tophacées sur divers os, qui enfin paraissait avoir cédé aux frictions mercurielles, Un jour, en jetant à un de ses compagnons une moitié d'orange, il se fit une fracture à l’humérus droit; la consolidation était à peine achevée, qu’en étendant le bras gauche hors du lit pour prendre le pot de chambre, il se cassa l’humérus gauche qui se consolida également bien.

Depuis lors, ajoute Malgaigne, les faits se sont multipliés.

L'auteur le plus ancien où j'aietrouvéreproduit le fait de Donatus est Daniel Turner (1), au dire duquel Donatus accuse le mercure d’avoir produit la fragilité osseuse. Turner n’innocente pas ce métal, mais il ajoute : « Il est bien probable que la maladie elle-même n’y contribue pas pour peu, comme on peut le conclure de la texture de ces parties détruites par le spina et l’exostose.

Jean-Louis Petit (2) fait mention de la syphilis parmi les

Donatus rapporte le fait, est de nature à faire croire qu’il lui est personnel, Gurlt fait à ce sujet une erreur, quand, citant des observations sur l'influence de la syphilis, il donne: Obs. I. Joh. Schenkii a Grafenberg. Observ. médic. rararum. Lib. V,obs. 7, p. 18. Fribourg Brig. 1596. J. Schenkizs rapporte parfaitement cette observation (dans l'édition que possède la Faculté. Francfort MDCIX. Lib. V, p. 123), mais en la terminant il indique qu'il l’'emprunte à M. Donatus (Gurlt. Handbuch der Lehre von den Knochenbrüken, 1860, t. I, p. 179).

(1) Daniel Turner, The art. of surgery. Londres, 1736, t. Il, p. 134.

(2) Traité des maladies des os, par feu M, Petit, nouvelle édition par M. Louis, Paris, 1784, t. II, p. 11.

causes des fractures; Benjamin Bell (loc. cit.) insiste davantage, ainsi que nous l’avons vu.

Une des observations les plus anciennes est incontestablement celle de Leber (de Vienne). On la trouve dans Swediaur (1). Cette observation trouvera sa place ailleurs. Elle a été contestée par quelques auteurs, pour lesquels la syphilis n’est pas absolument démontrée ; ellenous semble cependant assez caractéristique. |

En 1789, Manne (2) se borne à signaler le vice vérolique parmi les causes prédisposantes des fractures; en 1804 (3), il écrit à Sédillot, à propos de fractures par causes musculaires : « Les exemples de fractures chez les personnes at- « teintes d'un vice vérolique sont si multipliés, que je « trouve peu intéressant de vous dire que j'ai vu une « femme attaquée de carie aux os du crâne, que je soupconnais être produite par un vice syphilitique, se casser les os de l’avant-bras droit. en voulant se lever de des-

« sus son pot de chambre. » Cette lettre fut écrite à propos d’une discussion qui eut lieu, au commencement de ce siècle, à la Société de médecine de Paris, sur les fractures par cause musculaire. Aussi, le Journal général de médecine'(4), recueil périodique des travaux de là Société de

(1) Swediaur. Traité des maladies syphilitiques, 56 édit., an XII, t. I, p. 102.

(2) Manne, Traité élémentaire des maladies des os. Toulon, 1789, p. 97.

(3) Jour. gén. de méd., etc., t. XXII, p. 265, an XIII.

(4) Journ. gén. de méd., de chir. et de pharmacie française et étrangère, ou recueil périodique des travaux de la Soc.de méd. de Paris. Collection de plus de 100 volumes, que nous avons pu consulter grâce à l'obligeance d'un de nos collègues. À la bibliothèque de la Faculté de Paris, on semble n’avoir que de vagues notions sur cette publication, car, lorsque j'ai demandé le t, XXXI, on m'a répondu que la série ne se composait que de 15 volumes. La difficulté de

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