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médecine de Paris, contient à cette époque plusieurs faits qui nous intéressent.
En 1804, Double (1), à propos de ces fractures, parle des causes internes, parmi lesquelles il insiste sur la vérole,
En 1806, Roux (2)n'admetguèrelesfractures musculaires, sauf pour les os rendus « d’une fragilité extraordinaire par l'effet de la diathèse cancéreuse, de la syphilis constitutionnelle, du scorbut à sa dernière période. »
Puis, en 1807, Nicod (3) soutient sa thèse intitulée : « Essai sur la fragilité des os et sur la contraction musculaire considérée comme cause de fractures ». Après avoir (p. 6) montré les lésions fréquentes des os produites par la syphilis, il admet que cela peut rendre les fractures faciles; « mais, dit-il, la seule observation est celle de Leber, rapportée par Swediaur, et des observations de ce genre auraient besoin d’être mieux circonstanciées pour être concluantes. » Je crois qu’il exagère un peu la méfiance à l’égard de la syphilis. Quoi qu'il en soit, un rédacteur anonyme du Journal général (4) (dans lequel, je le répète, cette question était à l’ordre du jour) analysa cette thèse et en reproduisit deux observations, dont celle de Leber (5). Si maintenant on ouvre la thèse de Puel (6), le travail
se procurer ce recueil explique l'erreur bibliographique monstrueuse, reproduite partout depuis je ne sais qui, consistant, comme on le verra plus loin, à attribuer à Nicod, comme observation personnelle, le fait de Leber (in Swediaur), tout simplement cité par Nicod, dans sa thèse.
(1) Journ, gén. de méd., ete,, t. XXII, p. 394, an XIII,
(2) Journ. gén. de méd., etc., t. XX VII, p. 78, 1806,
(3) P.-L.-A. Nicod. Th. Paris, 1807.
(4) Journ, gén. de méd., etc., t, XXXI, p. 202, 1808,
(5) Ibid., p. 205.
(6) Puel. Essai sur les pseudarthroses consécutives aux fractures des membres et sur les moyens d'y remédier, Th. Paris, 1867, n° 6, p. 30,
pen)
de Bérenger Féraud, on voit signalée l'indication suivante : Nicod (Recueil périodique de la Société de médecine de Paris, t. XX XI, p. 205) : fracture de la jambe par cause musculaire chez un syphilitique; retard de consolidation; traitement mercuriel, guérison. C’est, on le voit, uneerreur grossière. L'observation que rapporte Nicod dans sa thèse est, on l’a vu, celle de Leber qu’a relatée Swediaur. D’ailleurs, l'erreur n’est pas imputable, à l’origine, à Puel. Le passage que Bérard consacre à Nicod est assez ambigu pour qu'on ne puisse savoir s’il attribue ou non à Nicod l’observation en litige (1833).
La même année (1808), on trouve dans ce recueil une observation de Beauchène fils. Sans doute, elle est passible d'objections; il en est de plus démonstratives. Mais je crois cependant que la syphilis peut être invoquée sans témérité, et je rapporte ici ce fait curieux :
OBSERVATION x.
Syphilis. Douleurs ostéocopes. Disjonction spontanée des deux premières pièces | du sternum, par Beauchêne fils, prosecteur.
(In Journ. gén. de méd., de chir. et de pharm., 1808. t. XXXIII, p. 287).
M. C..., étudiant en médecine, âgé de 23 ans, d’un tempérament sanguin, d’une constitution délicate, est né de parents sains et n’a eu dans son enfanee aucune maladie remarquable, A l’époque de la puberté, vers l’âge de 18 ans environ, ce jeune homme commença à fréquenter les femmes et s’y adonna avec excès. Au bout de six mois, il ressentit de violentes palpitations dans la région du cœur; il les éprouve toujours depuis, surtout lorsqu'il se livre à la course ou qu'il monte un escalier avec rapidité.
(1) Bérenger Feraud. Traité des fractures non consolidées ou pseudarthroses, Paris, 1871, Pièce justificative, 2e série, jambe, p. 590, obs. 151.
À 19 ans, il lui survint un petit ulcère à la base du gland: on en obtint la cicatrisation par l'application répétée du nitrate d’argent fondu, Cette guérison fut suivie d'engorgement aux aines, de douleurs nocturnes dans les extrémités abdominales et de douleurs presque continuelles vers la partie moyenne du sternum.
Dans l’espérance de se soulager, le malade appuyait fréquemment et avec force la paume de la main sur la partie douloureuse de cet os, Cette manœuvre imprudente fut suivie de la disjonction des deux premières pièces qui le composent; cependant, retenues par les côtes qui s’articulent avec elles et par les muscles qui s’y attachent, ces deux parties du sternum n’ont pu s’écarter beaucoup; mais elles se sont fléchies de manière à former en avant une saillie très prononcée.
On rencontre souvent des individus chez lesquels il existe une éminence plus ou moins considérable dans le même endroit; mais cette élévation n’est point accompagnée de mobilité, et c’est ce que l’on rencontre dans l'individu qui fait le sujet de cette observation.
Lorsque ce jeune homme fait exécuter au thorax des mouvements de rotation, de droite à gauche ou de gauche à droite, les deux premières pièces du sternum se meuvent l’une sur l’autre, et on entend alors, en prêtant une oreille attentive, une sorte de crépitation ou un bruit semblable à celui que rendent les coquilles d'œufs quand on les écrase : cette crépitation est toujours accompagnée d’une sensation douloureuse.
Dans le commencement de cette affection on a employé, sans succès, des topiques dans lesquels entraient le camphre et l’opium; on a eu recours aussi aux saignées et aux vésicatoires, sans en retirer plus d'avantage. Plusieurs traitements antivénériens ont été administrés depuis, les douleurs ostéocopes ont disparu; mais la mobilité contre nature des deux premières pièces du sternum et la sensation douloureuse qui l'accompagne ont toujours subsisté.
On observe encore chez M. C... un phénomène pathologique assez singulier, c’est la desquamation de l’épiderme qui revêt la poitrine, En frottant légèrement la partie antérieure du thorax, on fait tomber des morceaux d’épiderme, qui ont jusqu’à 1 centimètre de longueur sur 1/2 centimètre de largeur ; les autres parties du corps n'offrent aucune trace d’une altération semblable.
Lorsque ce jeune homme reste douze ou quinze jours sans prendre de bains, toute la surface extérieure du thorax, la partie antérieure surtout, semble offrir une enveloppe écailleuse,
Leveillé (1) se borne à dire que la vérole prédispose aux fractures, et il s'appuie sur les deux observations de Bell, Boyer (2) se contente d'une rapide mention.
En 1820, une traduction publiée par le Journal complémentaire du Dictionnaire des sciences médicales (3) porte à notre connaissance une observation de Ph. de Waälther, dont nous ferons usage plus tard. Nous en dirons autant du fait de Earle (4).
En 1820, plusieurs faits furent publiés par Roques, par Kuttinger (5). L'existence de la syphilis est contestable dans l’observation de Roques {col du fémur) ; eile semble mieux établie dans les deux cas de Kuttinger (humérus).
C’est peu de temps après (1823) que parut dans la Chirurgie clinique de Delpech une observation des plus remarquables, où l'on voit unesyphilis grave, avec lésions osseuses profondes et accidents cérébraux, produire des fractures multiples, survenant pour des causes en apparence insignifiantes. D'ailleurs, Delpech donne de ces accidents une interprétation aujourd’hui inadmissible ; pour
(1) Leveiïllé. Nouvelle doctrines chirurgicale, 1812, t. IL, p. 163.
(2) Boyer. Traité des maladies chirurgicales, 1814, t. III, p. 22. Et ne dit pas un mot de la syphilis dans l'étiologie des fractures dans : Leçons du citoyen Boyer sur les maladies des os, rédigées en un traité complet de ces maladies, par Anth. Richerand. Paris, an XI, 1803.
(3) Essai sur le fongus de la dure-mère, par Philippe de Walther. Journ. compl. du Dict, des sc. méd., t. VIII, 1820, p. 118.
(4) H. Earle. Cas de fractures à l’humérus non consolidées, traitées par le séton et la potasse caustique. Mémoire extrait des Transactions médico-chir, de Londres, vol. XII, et traduit par Ch, Th, Maunoir. In Mélanges de chir, étr, Genève et Paris, 1824, t, I, p. 384,
(5) Recueil de mémoires de médecine, de chirurgie et de pharmacie militaires, rédigé sous la surveillance du conseil de santé des armées, par Fournier Pescay,t. VIII, in-8. Paris, 1820. D'après analyse in Journ, gén. de méd., etc., 1821, t. LXXIV, p. 365. Fait de Roques, p. 312. Faits de Kuttinger, p. 315,
lui, en effet (1), la vérole est incapable de causer la carie. Quand celle-ci s’unit à la syphilis, cé n’est que fortuitement ; il y a superposition de deux affections sans lien causal les reliant l’une à l’autre, Mais, malgré Delpech, la fragilité des os dans le fait qui nous occupe est sous la dépendance du mal vénérien. Sans doute, le succès cou ronna le traitement tonique et reconstituant, alors que le traitement mercuriel était resté presque sanseffet, C'estun sur lequel j'aurai à m'expliquer plus tard,