‹ Des fractures chez les syphilitiquesChapitre 32 sur 101 · EE · texte numérisé non relu

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Au premier abord le diagnostic ne parût pas douteux, il s'agissait d’une luxation de l'extrémité interne de la clavicule, luxation spontanée produite par un mécanisme inconnu,

M. le D' Duplay ne vit là qu’un cas de fracture spontanée situé tout à fait à l'extrémité interne de la clavicule.

La réduction étant impossible, le traitement consiste simplement en immobilisation du membre supérieur, repos au lit, Le traitement général, iodure de potassium (5 gr.), fut continué.

2 février. Pas d’ecchymose, le fragment est toujours très saillant et jouit d'une certaine solidité ; presque pas de douleur, un peu de gêne dans les mouvements du membre,

Le 7. Même état de la fracture, la malade se plaint d’une vive douleur à l’omoplate et nous constatons au niveau de l'angle inférieur une volumineuse exostose.

Le 15. Le fragment paraît plus volumineux, il s’y fait un dépôt plastique qui annonce un travail de consolidation.

Le 20. Il se forme un cal volumineux.

Le 25, La difformité est plus visible encore, on constate nettement une saillie angulaire à extrémité tournée en avant et en haut.

2 mars. La consolidation est complète, la malade peut remuer facilement le bras. L'extrémité du fragment est immobilisée dans la masse volumineuse du cal.

Les exostoses persistent, mais ne sont plus douloureuses. La malade demande à sortir.

On peut faire les mêmes réserves à propos du traitement, pour l’observation que nous allons relater maintenant, et qui est due à A. Robert. Pour ce chirurgien, la syphilis est capable, par les altérations qu'elle produit sur les os, d'amener des fractures spontanées. Mais aussi, dit-il, il peut y avoir une friabilité osseuse spéciale, indépendante de toute diathèse. Dans le fait qui nous occupe, il avait d’abord cru à l'influence de la vérole, quoique cette diathèse, bien traitée, fût assoupie depuis trente ans. Mais de ce que, plus tard, il a vu des fractures spontanées guéries rapidement chez des sujets non syphilitiques, il conclut que, chez son premier malade, la syphilis n'est pas en cause, et qu’on eût pu se dispenser du traitement spéci-

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fique. On peut répondre à ce dernier argument qu’on n’en sait rien, puisqu'on n’a pas essayé. En outre, l’assoupissement de la diathèse n’est peut-être pas si démontré que le dit Robert; si cet auteur qualifie de rhumatismes des douleurs dans la jambe dont le sujet était affecté, on peut tout aussi bien les dire d’origine syphilitique. Enfin, le résultat n’est déjà pas si brillant, puisque le malade

est resté infirme.

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