‹ Des fractures chez les syphilitiquesChapitre 47 sur 101 · OBSERVATION XXXII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XXXII

Retard de consolidation d'une fracture de la jambe. Syphilis ancienne. Traitement mercuriel. Guérison, par Beulac.

(In Union médicale, 24 juin 1884, 3° série, t. XXX VIII, p. 1106. Documents publiés par L.-H. Petit. Volume relié en parchemin ‘portant sur la couverture le titre: Registre de la Société de médecine de Marseille, de 1808 à 1813 (le volume est entièrement manuscrit). Séance du 13 août 1811.)

M. Beulac lit une observation relative à la fracture des deux os de la jambe gauche par cause externe,

Le sujet de cette observation est un huissier de Béziers, âgé d'’environ 28 ans. Notre confrère ayant été appelé quarante jours après que cette fracture avait eu lieu, et, voyant que la nature n’avait rien fait encore pour la formation du cal et que les pièces fracturées offraient comme le premier jour de l'accident un bruit de crépitation, crut reconnaître la cause qui s’opposait à cette formation dans un vice syphilitique. Lemaladeayant avoué qu'il avait eu deux chancres vénériens six ans auparavant, auxquels avait succédé, après un pansement simple, un bubon à l’aine droite, lequel disparut par l’application d’un emplâtre fondant, Beulac examina les diverses parties du corps et découvrit des pustules vénériennes bien caractérisées dans la région dorsale et principalement dans le cuir chevelu. Le malade fut mis à l’usage de la liqueur (de nom illisible) pendant près d'un mois, sans qu'il en retirât aucun avantage. La liqueur de Van SwWieten ayant été substituée à la première, on s’aperçut au bout de quinze jours de l'efficacité de ce remède, qui fut continué pendant quarante jours époque à laquelle le cal fut complet. Le malade n’a pu néanmoins se servir de sa jambe que cinq mois après sa chute.

Notre collègue pense que siles praticiens ont obtenu la formation du cal chez des malades atteints de la syphilis, le vice devait être local chez eux et non constitulionnel.

Cette observation donne occasion à plusieurs membres de faire des réflexions sur la formation du cal dans différents états morbides.

Malgré ces observations, dont il ne mentionne du reste pas la première, Lagneau (1) affirme avoir vu un grand

(1) Lagneau. Exposé des symptômes de la maladie vénérienne, 1818. De la syphilis compliquée, p. 525.

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