‹ Des fractures chez les syphilitiquesChapitre 69 sur 101 · OBSERVATION LVII · texte numérisé non relu

OBSERVATION LVII

Fracture du péroné chez un syphilitique tertiaire, Pas de traitement. Guérison rapide,

(Inédite communiquée par notre excellent collègue Pignot.)

X..., ancien militaire, âgé d’une trentaine d’années, garçon robuste, d'apparence arthritique, entré au printemps de l’année 1881 à la Maison municipale de Santé, dans le servicede M. E. Cruveilhier. La veille, aux courses, une estrade s'est effondrée sous lui et dans sa chuteil s’est fracturé la jambe, fracture du péroné par arrachement. Le membre est immobilisé par attelles plâtrées., Quinze jours environ après son arrivée à la Maison de Santé, X... nous raconte qu'il a contracté deux outrois mois auparavant un chancre de la verge, suivi dans les délais ordinaires d’adénopathie inguinale, de roséole et bientôt après de plaques muqueuses,

Soigné dès le début par la médication hydrargyrique le malade aseulement cessé de suivre un traitement régulier au commencement de l’année 1881, c'est-à-dire six mois à peu près avant la blessure qui l’amène à la maison Dubois. Du reste, bien qu'il ne se soigne plus, aucun accident diathésique n'a reparu, et au moment de son séjour dans le service de chirurgie, l'examen le plus attentif ne peut déceler sur lui la plus légère trace de syphiiis en activité ; aucun traitement spécifique n’est donné au malade.

La fracture immobilisée se consolide normalement et rapidement, un mois au plus après son entrée à la Maison municipale de Santé X....sort complètement guéri.

Il est bien certain qu’en parcourant les services de Paris, vu la fréquence et de la syphilis et des fractures, on recueillerait un nombre considérable d'observations sem blables à celles que l’on vient de lire. De même, pour les retards plus ou moins nets de consolidation. Mais on au- ‘ait tort de dire, avec Volkmann (loc. cit.), que la fréquence des deux affections explique des coïncidences nombreuses.

L'influence certaine de la syphilis sur les retards de

mnt OT et

consolidation est démontrée par un nombre considérable d'observations dont voici le type général : une fracture ne. se consolide pas; on apprend que le sujet est syphilitique ; on traite la syphilis, et rapidement la guérison a lieu.

Ici nous allons rapporter une série d'observations inédites, soit personnelles, soit dues 'à l’obligeance de nos amis Pousson et Hartmann. Elles rentrent absoluinent dans la description sommaire que nous venons de faire.

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