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Voici quelques détails quant aux représentations théâtrales de 1772, extraits d'une revue du temps :
Le Feimierci'u sourd, de Martini.
La pièce a été tellement huée depuis le commencement jusqu'à la fin, que personne n'a pu l'entendre, et personne ne l'a regretté, tant l'échantillon en a paru plat.
La musique, moins mauvaise, n'avait rien d'assez saillant qui pût compenser le dégoût général. M"* la duchesse de Bourbon y assistait.
Adèle de Ponthieu, de De la Borde et Berlin, donné en 1772.
De tant de choses il ne reste donc à louer que les habillemens et les ballets: les uns sont riches etgalans; à l'égard des autres nos éloges ne peuvent tomber que sur l'exécution, nous avons dit que les symphonies étoient sans agrément et des plus médiocres.
La musique est si barroque que le chanteur n'y trouve rien à exprimer. M"* Arnould, qui a un talent décidé, a été obligée de s'en tenir aux attitudes et à faire les beaux bras, son rôle n'étant susceptible d'aucune action, et Legros n'a pu nous dédommager dans un chant où il ne se trouve rien pour le faire valoir, et où il est obligé de gâter sa voix pour la plus forcer. C'est ce qui a fait dire à M"® Arnould que M. De la Borde avait fait présent au sieur Legros d'une charge de juré-crieur.
Pourramiener le public que cette nouveauté avait écarté de l'Opéra, il a fallu avoir recours au grand remède: on a remis Castor et Polluj^. Le seul changement qu'on y a fait consiste en d'autres décorations, mais mal faites, et qui ne valent guères mieux que les anciennes.
M"® Guimard, outre sa salle de comédie à Pantin, lieu de sa maison de plaisance, en a fait construire une dans sa maison de Paris, appellée le Palais de Terpsichore, L'ouverture en est faite le 8 décembre 1772, malgré les efforts de M. l'Archevêque, (i)
On y a représenté une farce en pantomime, intitulée Pygmalion, La salle a paru de la plus grande élégance ; c'est en petit celle de Versailles.
L'assemblée était charmante par la quantité de courtisanes de la plus jolie figure et radieux de diamants.
(i) Pour contenter ce pré]at on a supprimé la pièce de : La Vérité dans le vin.
En hommes, la compagnie était très bien composée ; beaucoup de jeunes seigneurs de distinction et d^amateurs d*un goût éclairé; deux princesses de sang s'y sont trouvées. Le duc de Chartres y a paru à découvert, et le comte de la Marche en loge grillée.
Cet événement a longtemps fait la conversation de Paris, la seule ville du monde où Ton voie ainsi une actrice trancher du souverain et avoir une troupe de comédiens à ses ordres.
1773. — Depuis cette année, Gossec dirigea pendant quatre ans les fameux concerts spirituels.
Plus tard, ce maître fit le plan d*une école royale de chant, qui précéda le Conservatoire de musique, fondé en 1784 par de Breteuil.
Pascal Taskin, de Namur, inventa les clavecins en peau de buffle.
Le Journal de musique (1773, N"" S), publia la dissertation suivante de Touflaut, chanoine :
Lettre sur les claviers en peau de iuffle, inventés par M. Pascal Taskin,
Taskin naquit à liège, vers 1732, et décéda à Paris, en 1793.
11 janvier. Le bon fils y en 1 acte, de Devaux et Philidor.
Cet opéra n*obtint aucun succès.
Cette pièce cfire des tableaux naïfs et intéressants. La musique ajoute à la réputation de Philidor ; elle est de génie et d'un style mâle et pleine d'expression. Les chants en sont variés, les motifs bien choisis et traités avec beaucoup d'art et d'effets d'orchestre.
La musique est si savante que plusieurs chanteurs n'ont pu l'exécuter, et que l'auteur y a fait des changements.
On représenta cette pièce plus tard, mais la musique n'a pu compenser les nombreux défauts du poème, publié chez Duchesne.
Antoine Masson, ou le bon fils, est la seconde nouveauté, qui n'a pas essayé une chute aussi complète que le Fermier cm sourd, mais la méritoit fort malgré la musique de Philidor.
L'abbé Le Monier, traducteur de Terence ; il est chapelain de la Ste. Chapelle et par cette raison à la tète des paroles, il a substitué le nom étranger de Devaux. Mais il étoit si parfaitement connu pour fauteur qu'il a été question de lui ôter son bénéfice. (Chronique du temps.)
On a donné Cette année aux Italiens une mauvaise parodie d'Emelinde, dePhilidor, qui n'a eu aucun succès ; le temps des parodies est passé. (Chronique du temps.)
26 janvier. A l'Opéra : Reprise de Castor et Pollux. Le succès est assuré par la musique et par la beauté du spectacle.
Artistes : M'**** Arnould, Duplant, Larrivée, Châteauneuf, MM. Legros, Durand, Muguet, Beauvalet, CassagDade.
M*^« Beaumesnii remplace souvent M"« Arnould.
M"« Rosalie a chanté les petits airs en l'absence de M"** Larrivée, et M"« Durancy chante le rôle de Phebé, en remplacement de M"® Duplant.
Les ballets sont de la composition de^Dauberval, Vestris et Gardel.
Les premiers talents ont tous concourru avec zèle à la belle exécution de ce grand et superbe spectacle. (Chronique du temps.)
Cet opéra est remis avec de nouveaux décors et costumes, et il a été reçu avec la même impression que par le passé. On a pris cette fois-ci des mesures pour empêcher que la foule ne fut trop grande au parterre pour éviter les tristes scènes arrivées à la dernière reprise.
... janvier. M"« Heinel, l'excellente danseuse, quitte l'Opéra, pour se fixer à Londres.
Reprise à FOpéra de : la Reine de Golconde, qui n'attire pas une grande quantité de spectateurs.
9 février. Début aux Italiens de Ph. Thomas Ménier, dans le Huron, qu'il continua dans Sylvain et dans le Déserteur,
Sa voix de basse-taille mordante et sa physionomie agréable, lui assurèrent une brillante carrière, mais la paresse et la débauche ont mis obstacle aux développements de ses moyens naturels.