Les deux Avares, de Grétry
6 novembre. Eglé, de M. de la Garde.
Un critique écrit quant à la maladie de Grétry :
« Il ne se ménage pas assez, et le moyen ûe se ménager, quand on est amoureux comme un fou d'une petite créature, jolie comme un cœur et douée des deux plus beaux yeux noirs de la France. Il faut donc s'attendre à voir périr le Pergolèse français, comme celui d'Italie, à la fleur de son âge. »
On sait que Grétry a encore vécu jusqu'en 1813.
On a construit une nouvelle salle de spectacle à Versailles sur les dessins de Gabriel, l"* architecte du roi.
Il y a 1400 places.
Le duc d'Aumont y a fait représenter pendant les fêtes du mariage du Dauphin Persée, de Lully, et Castor et Pollux.
... mai. Aux Italiens : Le Cabriolet volant, ou Arlequin Mahomet, drame philoso-tragicomico, extravagant, orné des agréments de tous genres, canavas de Caithava.
On y a introduit du chant et un ballet turc qui a été fort applaudi.
La musique est probablement empruntée à des auteurs connus
Le Journal encyclopédique publie dans la livraison du mois de mai :
Suite des Recherches et des observations sur V établissement des prix de musique chez les anciens et sur le concours à ces prix.
Nous en extrayons :
< Echembrote, Arcadien, joua de la flûte avec tant de succès quHl remporta le prix, et consacra, en mémoire de son triomphe, un trépied d'airain dans le temple d Hercule. Thébain, Erchembrote ne dut sa victoire qu'à la supériorité de ses talens ; car le son de la flûte, telle du moins qu'elle était dans ce temps, était triste, lugubre, et convenant infinement mieux aux chants funèbres qu'à de simples réjouissances ; cet instrument ne tarda point à être exclus des jeux pythiques, et Ton y admit plus que la lyre, la harpe et la guitare.
» Pausanias a inséré dans - ses ouvrages une liste fort peu nombreuse des musiciens couronnés aux jeux pythiques; le premier de ces vainqueurs se nommail-il, Chrysotemis, originaire de Crête, dont le fils Phylamon et le petit-fils Therayris obtinrent dans la suite également le prix Terpandre couronné quatre fois; Ariston et Pytocrite triomphèrent six fois par les sons enchanteurs qu'ils tiroient de la guitare ; Midas, d*Agrigente, excellent fluteur; jouait si supérieurement de la flûte, que malgré Texclusion donnée à cet instrument, il fut admis au concours, lors de la 24"® ou 28'"® pythiade; il remporta le prix, et Pindare l'immortalisa par la sublimité de l'ode qu'il composa en son honneur.
» Orpée, fils d'Ocagre, mérita d'être couronné par son talent sur la guitare; Linus fut couronné aussi par la beauté de son chant, et Eumolpe par ses grâces, son intelligence et la douceur avec lesquelles il accompagna de ses chants les sons de la flûte ; Olympus partagea le prix accordé à cet habile musicien.
» Les paroles, la mélodie et la mesure étoient chez eux trois parties de la musique sans lesquelles Tessence de cet art n'existoit point ; de manière qu'il faut avoir grand soin de distinguer le sens
que nous donnions à Texpression musique, d'avec celui que les anciens lui donnoient. »
La fin de ce .iravail intéressant, se trouve dans la livraison du fô mai. Il mérite qu'il soit lu par toutes les personnes qui s'intéressent à Tant musical.
37 mai. Début aux Italiens de M^^"" Ménard, dans le rôle de Louise du Déserteur. C'est une actrice intéressante dont Tâme et les talents donnent les plus grandes espérances.
En 1771 elle doublait à ce théâtre M"«* Trial et Laruette.
Le baron de Grimm est peu favorable à cette artiste qui selon lui, avait une voix médiocre, et eut un mauvais professeur.
Un critique écrit :
« M"® Ménard a débuté aux Italiens, dans les rôles de M*"^ Laruette, qui est allée aux eaux de Spa pour sa santé, dans Lucine Rose de : On s'avise jamais de tout. Elle s'est fait beaucoup de partisans^ mais la voix est de médiocre qualité. Si elle persiste dans sa mauvaise méthode, son orgme deviendra aigre et glapissant. »
3 juin. Représentation gratuite pour le peuple de Zàide, deRoyer.