‹ Des gloires de l'opéra et la musique à Paris ...: Documents ..., Volume 3Chapitre 5 sur 14 · La fête de Flore, de Trial · texte numérisé non relu

La fête de Flore, de Trial

Ces représentations devant une assemblée choisie, sont pour les artistes un encouragement qui a une influence heureuse sur leur destinée et sur les progrès de l'art lyrique.

Coignet, l'auteur de la musique de Pygmalion, écrit une lettre au Mercure de France, datée du 26 novembre 1770, dans laquelle il dit que la musique ne sert qu'à remplacer les intervalles de repos nécessaires à la déclamation de cette pièce de J. Rousseau.

Il y a en tout vingt-six ritournelles dont deux de Rousseau, les autres sont de Coignet.

C'est Tandante de l'ouverture et le premier morceau de Tinterlocation appartiennent à Rousseau.

Il écrit dans cette lettre, qui jette une vive lumière sur la musique de cette pièce :

« Je suis trop flatté que le reste de la musique que j*ai fait puisse aller auprès des œuvres de ce grand homme, n

Il n'y a plus de doute quant à la musique de Pygmalion, Cette essai en prose et en musique, a été exécuté à Lyon d'abord, sur un théâtre. Il a eu, dit-ôn, le plus grand succès. Une scène sans interlocuteurs, un drame en musique, sans poésie et sans action, est une nouveauté qui ne peut manquer de plaire à notre siècle, avide de nouveautés, et qui, d'ailleurs, estsiterlile en essais de toutes lès espèces. (Chronique du temps)

Pour plus amples détails de celle pièce, voir le Journal encyclopédique du mois de janvier 1771.

On publia : Pygmalion, monologue de J. J. Rousseau, musique de M. Coignel. Se vend à Lyon, chez Castaud, et à Paris, chez Dauvin.

On représenta à Paris, chez M"^ De Brionne, la scène de Pygma- Iton, et J. J. Rousseau y était présent.

Cette pièce fut jouée le 30 octobre 1775, aux Italiens.

La veuve Duchesne en publia le poème et on en édita les parties séparées de la musique.

Baudron, le chef-d'orchestre de la Comédie-Française, fit une nouvelle musique sur Pygmalion.

Coignet (Horace), est né à Lyon, en 1736, et décéda à Paris, en 1821. Après sa mort on publia de lui : /. /. Rousseau à Lyon.

M. Clément dit que la musique est de Coignet et que Topera fut joué le 30 octobre 1775.

On a bien accueilli M"* de Cbàteauvieux à l'Opéra. Une voix agréable, moelleuse et fort étendue fait concevoir les plus grandes espérances de ce jeune sujet, qui joint à la beauté de son organe une figure fort intéressante.

Vers à Jtf"® Châteauvieux de VOp&i^a.

Quelle est cette beauté nouvelle

Qui brille à nos regards surpris?

Châteauvieux rassemble autour d'elle

La cour et des jeux et des ris.

Dans ses accens Tamour soupire ;

Dans ses yeux il place ses traits.

Elle surprend par son sourire.

Et triomphe par ses attraits.

Oui, c'est la reine de Cythère...

Mais, qu'en tends-je... quels sons touchants !

Vénus joint-elle à Tart de plaire

L'art de séduire par ses chants.

M™* Laruette, obligée par indisposition de s'absenter, a reparu dans la Servante maîtresse et dans le Tableau parlant. Elle a été applaudie avec transport et le public a été enchanté de revoir cette artiste admirable par rintelligence et la finesse de son jeu, par le

charme d'une voix légère et argentine, et par l'art et le goût exquis qu'elle met. dans son chant.

... novembre. On a remis aux Italiens : la Chercheuse d'esprit et Jeanotet Jeanette, le premier avec une nouvelle musique de M. De la Borde, Van Swietenet Duni.

On a repris à l'Opéra : Ajax^ créé en 1716, et plus joué depuis 1785.

Ce charivari musical est de Bertin.

Les ballets sont agréables; en un mot, les yeux y sont bien récréés, et les oreilles bien affligées, selon Tusage immémorial de ce théâtre. (Gazette littéraire.)

6 décembre. Aux Italiens : Les deux Avares^ en 2 actes, de Fenouillot de Falbaire et Grétry, qui avait peu réussi à la cour.

Un critique écrit :

« La musique est celle de Grétry, c'est-à-dire du plus grand maître que nous ayons en pareil genre.

» L'ouverture phrasée en forme de dialogue musical, a eu les plus grands applaudissements. Il y a dans les détails plusieurs morceaux admirables et du travail le plus profond, faits pour exciter l'admiration des gens de Tart, mais on trouve que dans Tensemble il n'y a pas assez de chants et de ces petits airs à la portée de tout le monde. Le second acte ne vaut pas le premier, et Ton regrette que le musicien ait travaillé sur un si méchant canevas. »

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