‹ Des grâces d'oraisonChapitre 103 sur 199 · FLUCTUATIONS. — PEU DE TRAVAIL · texte numérisé non relu

FLUCTUATIONS. — PEU DE TRAVAIL

beaucoup de temps libre, sent de l'attrait pour les oraisons très prolongées. Elle regarde cet attrait comme venant de Dieu, d'autant qu'elle y jouit ordinairement d'un peu d'état mystique. Mais, d'autre part, elle constate que ces exercices l'épuisent; tandis que les occupations extérieures lui rendent sa vitalité.

•. — Réponse. Il me semble résulter de ces données que, jusqu'à nouvel ordre, cette personne ne doit s'adonner à l'oraison qu'avec beaucoup de modération, dans la mesure où elle ne sent pas de grande fatigue. Dieu indique cette conduite, du moment qu'il ne donne pas le moyen de résister à l'affaiblissement (1).

S** Thérèse a une doctrine analogue. « Très souvent, dit-elle, l'impuissance de méditer ne vient que de l'indisposition du corps... Plus on veut alors forcer l'âme, plus le mal s'aggrave et se prolonge. C'est pourquoi il est besoin de discernement pour connaître quand l'impuissance de méditer provient de cette cause, car on ne doit pas achever d'accabler la pauvre âme... On ne doit pas toujours la tourmenter en exigeant d'elle ce qu'elle ne peut. Il est des œuvres extérieures de charité et d'utiles lectures auxquelles elle peut s'occuper; si elle n'est même pas capable de cela, alors qu'elle serve le corps pour l'amour de Dieu, afin que le corps puisse la servir à son tour « {Vie, ch. xi).

Dans la vie des saints, on voit souvent des oraisons très prolongées et on est porté à s'accuser de lâcheté, quand on ne tente pas de les imiter. C'est une exagération, si on dépasse les limites de ses forces. Cette aptitude à la longue oraison est un bien très désirable (ch. xu, »), mais enfin, c'est un don spécial; on ne l'a point parle seul fait qu'on s'y excite.

J'ai dit ci dessus qu'en cas de fatigue, il faut prendre avec modération les oraisons de surérogation. Je n'ai pas dit qu'il faut les rejeter entièrement. La fatigue n'est pas généralement si grande qu'elle nécessite une mesure aussi extrême. Ce serait un mauvais prétexte que de dire : Je reprendrai l'oraison dans des temps meilleurs, quand le vent de la grâce sera plus favorable. De la sorte, on risquerait d'attendre des années.

Qu'on essaie un moyen terme, celui des courtes alternatives;

(I) Plus !7" ■■••■' •■->•— ■■■■-^■^ si on a une vocation quelconque inspirée par

Dieu, il H' u'on (éprouve pour elle un attrait persistant. Ce

signe n'oit . ,, ,.. .iient une condition naturelle est remplie, à savoir qu'on ail certaines quaiiu-s physiques, morales et intellectuelles.

i4« Chapitre x.

c'est-à-dire de faire un quart d'heure ou une demi-heure d'oraison, puis de se remettre à la vie active, de revenir au bout de peu de temps à l'oraison, et ainsi de suite.

Ne craignons pas de demander cette grâce aussi rare que précieuse, de pouvoir rester longtemps en oraison, sans fatigue et sans distractions.

CITATIONS

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