S*' Thérèse, sur l'union pleine ou l'extase
1* Elle compare deux sortes d'humilité, Tune « laborieusement acquise par la médilalion », l'autre due à l'extase, et elle déclare que cette dernière es> très supérieure; c'est « celle qui s'illumine au foyer même de la vérité, et voit en un instant, dans ses clartés infinies, te qu'elle n'eût pu découvrir par uq pénible travail de plusieurs années : son néant et la grandeur de Dieu » [Chemin, ch. xxxiv).
2* Sur les effets de l'extase : « Je me souviens d'une âme à qui le divin Maître communiqua en trois jours de tels biens spirituels qu'une pareille munificence ne me paraissait pas d'abord possible... A une autre il accorda ces mêmes biens spirituels en trois mois. L'une et l'autre étaient de jeunes religieuses... J'en ai vu d'autres à qui Notre-Seigneur a accordé cette grâce après beaucoup de temps. Ce que je viens de dire de ces deux jeunes religieuses, je pourrais le dire encore de quelques autres de leur âge » {Sur le Cantique des Cant., ch. vi).
3* « Voici un effet qui se manifeste presque toujours, lorsque le Seigneur accorde à une âme ces grâces : les vertus demeurent si fortes, et l'amour si embrasé, que cette âme ne peut le cacher, et même sans le vouloir, elle fait du bien aux autres » {ibid.).
4» Sur l'extase : c Pour moi, j'en suis convaincue, lorsqu'une personne est élevée à cet état, ce souverain Roi prend un soin parlieulier de tout ce qu'elle doit faire. Ohl que l'on voit clairement alors à combien juste titre toutes le» âmes devraient, comme David, demander les ailes de la colombe! » {Vie, ch. xi).
5* Sur l'union pleine : t Une seule visite, si courte qu'elle soit, suffit à un tel jardinier pour répandre sans mesure cette eau dont il est le créateur... En un instant, il enrichit l'âme de trésors qu'elle n'aurait peut-être pu amasser par tous les efforts de l'esprit en vingt années de labeur... L'âme se voit toute changée; et sans savoir comment, elle fait de grandes choses, grâce au parfum que répandent les fleurs » {Vie, ch. xvn).
6*^ « L'âme alors ne peut se souffrir elle-même, si elle ne fait quelque chose pour Dieu » [Lettre à son frère, janvier 1577).