i. — S' Jean de la Croix
« Presque toujours les grâces dont Dieu favorise l'âme sont accompagnées de la connaissance d'elle-même et de sa misère » {Nuit, 1. I, ch. xn).
IS. — Le T. R. P. Aquaviva, général de la Compagnie de Jésus :
« Il ne faut pas mépriser la contemplation, ni l'interdire aux membres de notre Compagnie. Car il est reconnu et prouvé par le sentiment de plusieurs Pères, que la vraie et parfaite contemplation a plus de force et d'efficacité que toutes les autres méthodes d'oraison, pour dompter et abattre l'orgueil des hommes, pour exciter puissamment les lâches à exécuter les ordres de leurs supérieurs et à s'employer avec ardeur au salut des àmcs » {Lettre sur foraiêon, 15U9}.
§ 2. — Parfois les vertus sont acquises sans effort, et même d'une manière soudaine.
1«. — S*« Thérèse :
Sur la quiétude M» « Le Seigneur lui-même enseigne et grave au fond du cœur une humilité vraie et bien différente de celle que nous pouvons acqui'rir par nos faibles réflexions... Enfin, pour ne pas me fatiguer à en dire davantage, une telle faveur est pour elle le principe de tous les biens. C'est la saison où les fleurs [du jardin mystique] vont paraître dans leur éclat. Il ne leur manque, pour ainsi dire, qu'un souffle pour s'épanouir » {Vie, ch. xv).
2° Autres citations sur l'union pleine : « Cette eau vive dont je parle... a une telle vertu... que je tiens pour certain que, si on en boit une seule fois, elle laisse l'âme nette et purifiée de toutes ses fautes. Cette eau est l'union parfaite... Dieu n'en fait don à une âme que pour la purifier, la laisser nette, et l'affranchir de la fange et de la misère où elle était retenue par ses fautes » {Chemin, ch. xii).
3* « 0 merveilleux effet de la grâce de Dieu ! II n'y a que peu d'années, et peut-être peu de jours, cette âme ne pensait qu'à elle-même. Et qui donc lui a donné ces sentiments si grands et si vifs, que l'on ne saurait acquérir durant plusieurs années de méditation? mais quoi! dira quelqu'un, si pendant des jours et des années, je m'applique à considérer quel mal est le péché, etc., cela ne suffira-t-il pas pour me donner de tels sentiments? Non, mes filles, cela ne suffit point » {Château, 5, ch. n).
4" « Le Souverain Maître vient de commander aux fleurs de s'ouvrir, afin que l'âme soit forcée de croire à ses vertus. Mais, en même temps, elle voit qu'elle était incapable de les acquérir en plusieurs années, et que, dans une si courte visite, le divin jardinier lui en a fait le don. Ici germe encore dans l'âme une humilité beaucoup plus grande et plus profonde que celle qu'elle avait auparavant. Elle voit d'une manière évidente qu'elle n'a rien fait, sinon de donner son consentement aux grâces dont le Seigneur l'a favorisée » {Vie, ch. xvn).