‹ Des grâces d'oraisonChapitre 11 sur 199 · I. L'AUTEUR ET LE LIVRE. XI · texte numérisé non relu

I. L'AUTEUR ET LE LIVRE. XI

suis que là (1). » C'est un fait évident que l'opuscule sur La mystique de saint Jean de la Croix, donné d'abord par tranches dans le Messager du Cœur de Jésus, en 1893, suppose une longue familiarité non seulement avec l'auteur étudié, mais avec l'ensemble des questions mystiques. Quant au livre Des grâces d'oraison, il témoignait, dès la première édition, 1901, d'une connaissance des auteurs mystiques et d'une maîtrise du sujet qui ne sont pas d'un simple amateur ou d'un curieux (2).

L'auteur ne cessa pas d'y travailler jusqu'à sa mort. Dans les notes qui m'ont été gracieusement communiquées en vue de la présente édition, je n'ai pas trouvé trace de ce travail, mais seulement des lettres nombreuses adressées à l'auteur, soit à propos de traductions — il s'en est fait au moins en quatre ou cinq langues — soit pour lui poser des questions, pour discuter tel ou tel point, pour lui suggérer des idées, etc.

La première édition ne parut pas sans peine. Le vent n'était pas encore aux travaux de mystique. Plus d'un se demandait s'il était prudent de vulgariser ces questions : on craignait, non sans apparence de raison, qu'un pareil livre ne tournât les têtes faibles. De plus, les études théologiques de l'auteur semblaient avoir été insuflisantes, et la première rédaction portait des traces de cette insuffisance. Un éminent professeur de théologie, le P. J.-B. Terrien, sans mettre un veto absolu, tout en reconnaissant le grand mérite de l'ouvrage, exigeait des corrections devant lesquelles se rebiffait l'auteur, non par amour-« propre, mais par attache à des idées qu'il croyait justes et pratiques — et, en fait, il s'y trouvait du bon. Un arbitre fut désigné qui, en limitant les exigences du théologien à ce qui était purement doctrinal (le P. Terrien était aussi bon et condescendant qu'il était possible de

(1) • Ceux qui restent stationnaires feront bien do méditer une pensée propre ;\ les entretenir dans l'humilité : c'est que peul-tHre Dieu les appelait à monter plus haut... Au lieu de concevoir un certain orgueil d'iHre parvenu à la quiétude, on doit se demander avec crainte pourquoi on ne la dépasse pas. •. III, 11. —J'avertis, une fois pour toutes, que, dans les citations ou renvois aux Grâces d'oraison, le chiffre romain désigne le chapitre; le chiffn'aralx', le n' k l'intérieur du chapitre.

[i] Quand l'ouvrage parut, le P. Poulain avait déjà eu contact avec bien des àmos d'oraison. Dans une leltro écrite on 1901, dont la R.V.M donne quelques oxtr.iits, janvier 1921, ii, 67-(iH, il écrivait à un de ses amis : • En trente ans, je suis arrivé à conn.iiln' trente-trois personnes, ayant vraiment, scmble-t-il, des t^niriA- surnaturelles, et neuf ayant de fausses visions. • M. Saudreau s'est trompé on ilis-int le contraire.

GRACES d'oraison. b

XII LNTRODUCnON A \A DIXIÈME KDITION.

l'être), les rendit plus acceptables à l'auteur, et, en obtenant de celui-ci le sacrifice de quelques idées chères, l'insertion de quelques formules destin»ie.s à mettre en garde contre de fausses interprétations ou des applications malheureuses, Unit par amener un accord suflisant. Le théologien fut heureux de pouvoir laisser passer un livre qu'il estimait; l'auteur, tout en sentant vivement tel et tel sacrifice, fut bien aise, on perdant quelques plumes, de pouvoir prendre l'essor.

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