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ÉTUDE A PART DE CHAQUE DEGRÉ D'UNION MYSTIQUE

CBAPITaE XT

LES DEUX NUITS »B l'aMB. LA FEONTIÈRR DE L*ÉTAT MYSTIQUE.

1. — Maintenant que nous avons vu les douze caractères de l'union mystique, il nous faudra étudier en détail chacune des quatre étapes qui la constituent. Cette élude sera faite dans les chapitres suivants. Mais auparavant il faut revenir un peu en arrière et décrire un état d'oraison qui est l'extrême frontière séparant l'oraison ordinaire de l'union mystique proprement dite. Nous verrons même qu'il renferme, mais secrètement, quelque chose de ce dernier état.

Si j'en parle si tard, c'est que, pour en démêler le fond, il faut s'être fait des idées claires sur la quiétude. On ne parle bien d'une frontière, qu'en montrant d'abord le pays qui va lui succéder.

l. — Comme 8' Jean de la Croix a décrit avec soin cet état et qu'il l'a appelé la première des deux nuits de l'âme, nous sommes amené à dire ce qu'il entend par ces deux nuits.

Il désigne ainsi deux états d'oraison successifs, ou, comme il s'exprime souvent, deux degrés de contemplation do Dieu (1).

(1) Une fois seulement il parle d'une troisième nuit, qui n'est autre que le mariage spirituel, et qui précède, dit-il, comme une aurore, la vision du ciel (MonU'e, 1. 1, ch. Il; avec allusion, 1. 11, ch. ii^

La partie active des deux premières purifications (lutte contre les passions et les habitudes, même bonnes en soi, qui font obstacle à l'union mystique) se trouve

LES DEUX iNUITS DE LAME. 209

Ces états entraînent des souffrances ; mais celles-ci ne sont qu'un élément secondaire, une conséquence. On s'y trompe quelquefois, parce qu'il y a de la difficulté à bien préciser la nature de rélémcnt principal, la contemplation de Dieu. On préfère ne considérer que les souffrances, qui ne présentent aucun mystère (aridité, vue de nos misères, etc.). En un mot, au lieu de chercher à pénétrer la vraie pensée du saint, on se contente d'adapter son langage à des choses vulgaires et connues d'avance.

J'ai déjà fait allusion à ces deux nuits (ch. m, 14). Mais il faut entrer dans les détails.

%\. — Description de la première nuit.

S. — lléflnltl0ii. Si l'on s'en tient aux apparences, c'est-à-dire à ce qu'on observe immédiatement en soi, la première nuit de S' Jean de la Croix est une oraison de simplicité, mais ayant des caractères, deux surtout, qui en font une espèce particulière : 1* c'est un état d'aridité, soit doux et tranquille, soit, plus souvent, amer et douloureux ; 2° c'est presque uniquement sur Dieu que le regard simple se porte sans cesse (1;.

Le saint a appelé encore cet état nuit du sens. Le premier mot de cette expression indique que, daiis cette oraison, les connaissances données par Dieu sont obscures et qu'il prive de certaines connaissances que l'on avait; le second, que l'actif n divine n'utilise plus les facultés sensibles, à savoir l'imagination, la mémoire sensible, et la faculté de discourir, qui, usant de mots, emploie les deux autres facultés. Les actes qu'elles produisent ne viennent alors que de notre activité naturelle.

pr: Jiil dans la Montée du Carmel. Il en provient, l. I, ch. i et 1. II, ch. u.

Li Ksive est surtout décrite dans le traité de la Suit obscure. Les doux

aut; vs iraiic.s, la Vive Flamme et le Cantique, chantent le bonheur d'une Anae arrivée au mariage spirituel.

Pour ne pas se méprendre sur la signification de certains passages, il faut savoir que le saint désigne souvent le maiLagc spirituel ou union consommée, par les tTmcs lr(>8 généraux d'union divine ou d'union d'amour qui pourraient s'appliqa>>r tout aussi bien à d'autres états. Le contexte on avertit; et de même l'ensentble d*'s traités.

1 I>> saint ne parle pas de l'oraison alTective, ni même do l'oraison de simplicité s JUS sa forme plus générale. A la suite de la méditation ordinaire, il place immoJKitement l'aridité de la nuit du sens {Nuit, \. I, ch. vin, ix; Vive Flamme, str. 3, vers 3, § 4, 5, 6, 7).

LKS ORACCS D'ORAISOM. 1 >

En tout cela, bien entendu, il peut y avoir du plus ou du moins.

4. — Dans cet état, |on trouve clnii fntis distincts (|ue j'appellerai ses éléments. Deux sont aperçus dans l'esprit, deux dans la volonté, le cinquième est caché. (Voir S' Jean de la Croix; surtout Nuit, 1. I, ch. viu, IX, X, XI ; Montée, l. II, ch. xiii, xiv, xv). Pour chacun j'apporterai des citntions du saint, afin qu'on puisse s'assurer que je rends exactement ses idées.

A. — Premier élément . C'est une art(///^ habituelle, parfois très forte. Il y a non seulement manque de goût pour raisonner, approfondir une pensée, s'attacher à un sujet (|uelconque, mais l'esprit est dans l'impuissance de le faire ; ou du moins il ne peut persister dans ses actes. L'imagination n'agit guère que pour gêner par des distractions (1).

Jusque-là il n'y a rien d'extraordinaire. Ceux qui se trouvent toujours dans l'oraison de discours, passent par des périodes de pauvreté toutes semblables, mais la suite va différer et établir une distinction entre les deux états voisins-

•. — Second élément. C'est un souvenir de Dieu (3), simple, confus, et général (3), revenant avec une persistance singulière et indépendamment de la volonté. Il échappe seul à l'impuissance causée par l'aridité; bien plus, il s'impose. Tantôt il triomphe des distractions, tantôt il est vaincu par elles. Ce sont des alternatives continuelles.

9. — Exiilir»ilou. J'ai dit que ce souvenir est «Impie. Il ne peut pas être réduit davantage. C'est une idée toute semblable à celle qu'on a dans la conversation, lorsque le nom de Dieu s'y

(1; ■ Le premier signe d*; cet état est l'impuissance à méditer, àse servir de Pimagination, et le dégoût que l'on éprouve à s'y livrer comme autrefois • [Montée, 1. II, ch. xni). Dans la Suit, ce signe est appelé le troisième : • C'est l'impossibililé où se trouve l'àme de faire usage de la faculté de Vimaginalion, pours'exciter à discourir et à miditer comme auparavant... Les communications divines suivent maintr"nant la voie du pur esprit, d'où le discours successif Q%i banni, et fait place à Vaclc simple de la contemplalion, inaccessible au concours des sens extérieurs ou inlériews [Imaginatifs] • [JVuil, 1. 1, ch. ix. Voir encore Mon'.ée, 1. II, ch. xiv). • Dans la purification de l'appétit sensitif, VimpossibilUé de discourir avec les puissances va toujours en croissant • {Suit, 1. 1, ch. ix).

(2) • Le second caractère de cette puriflcation est un souvenir habituel de Dieu, accompagné d'anxi'^té et d'une douloureuse sollicitude • {\uii, \. I. ch. ix).

i3) • Une connaissance générale et un amour attentif de l'àme pour son Dieu, voilà le troisième signe qu'il est convenable et nécessaire de trouver en soi avant de quitter la voie de la m<^ditation • (Montée, 1. Il, ch. .xiv). L'àme possède « l'habitude et la substance d'uae connai&sauoc générale ei, affective qui remplace toutes les vues particulières • {ibid.).

rencontre en passant. L'esprit ne se met pas à discourir pour développer ce qui est contenu dans cette idée. Il ne s'étend pas sur les attributs de Dieu, ses bienfaits, ses droits, etc... Autrement il ne serait pas dans l'aridité. A plus forte raison, on n'apprend rien de nouveau.

m. — J'ai signalé ensuite la persislnnce singulière avec laquelle ce souvenir revient au temps de Toraison, malgré les distractions. Il en est de même pendant la journée, en dépit des occupations extérieures, si on cherche un peu à se recueillir.

Sous ce rapport, on ne peut mieux comparer l'àme qu'à l'aiguille d'une boussole. Une rafalesejette-t-elle sur sa pointe, l'aij^uille ne semble opposer aucune résistance. Mais le coup de vent passé, elle revient obstinément à sa direction primitive. De même, après l'entraînement des distractions, l'esprit revient toujours à son orientation unique.

Tels encore des roseau.v cèdent à la brise, puis se redressent et dirigent derechef leurs têtes vers le ciel.

•. — J'ai dit enfin que souvent ce retour se fait ludépeiiadi'.ni ■Éentdela v«l«Nté. Car ce n'est pas par goût que l'on revient t II jours a cett' idée sèche de Dieu, qui généralement n'a rien d'agréable. Cela se fait sans nous. Ce point, comme les préc' dents, Tiî^s *rl de (o.itt^s les explications de S' Jean de la Croix.

!•. — Voilà des faites 'par exemple, l'attraction vers une idée toujours la même) qu'on ne rencontrait pas dans le degré de la méditation, ni même dans celui de l'oraison de simplicité, et qui indiquent dt'jà qu'on s'en est éloigné. En même temps, on constate de grandes analr-xief* H%ec I» <|uié<ude, au point de vue de ce que j'ai appelé le second élément. D'abord c'est une contemplation, un simple r-gard revenant fréquemment. Puis, comme dans la quiétude, l'objet piopre de ce regard est unique, c'est Dieu. De plus et surtout, ce n'est pas librement et par goût que l'on choisit cet objet. Il est imposé: tandis que les autres ne le sont pas, au contraire. Voilà un commencement d'état passif (1). (Voir encore II** 14.15!.

!• bis. — Le degré de nettei^ de ce genre spécial d'oraison

I' Oar on devine que l'on reçoit quel'^ue cliose et que l'on donne BimpIfnifMil

S.in . iiis •iit.Mil"nI Mil» il V % im.> trrMi.,1.. .<i rr.i-.n,... .>nffg ceUC paSSiVÏt*^ romWfli ('*• .

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sont qu on \\ y peut rien.

212 CHAPITIIE XV.

n'est pas toujours le même. « A la vérité, cette connaissance intime reste presque inaperçue dans le principe, et cela pour deux raisons. D'abord, à cause de sa subtilité et de son extrême délicatesse. Ensuite parce que l'âme ayant été habituée à la méditation, dont l'exercice est plus senti, perçoit à peine cette nouvelle notion, presque insaisissable et déjà purement spirituelle. Cela arrive surtout lorsque, faute de comprendre son état, l'âme s'agite et s'efforce de revenir à sa première méthode » [Montée^ 1. II, ch. \m).

11. — Trolslèm* élément. Le souvenir de Dieu est amoureux. Chez certaines personnes, il est consolant; on y trouve du goût, mais cela me semble assez rare. En général, on éprouve un besoin douloureux et persistant d'une union plus intime avec Dieu(l).

Dans ces deux cas, on ne se sent pas porté à se procurer cette union par les exercices anciens ; on éprouve plutôt, pour eux, du dégoût ; on les sent insuffisants pour mener au bien que l'on cherche (2).

Que cherche-t-on donc alors ? — D'abord on voudrait se voir enflammé de l'amour divin. Or il se trouve (|ue, tout au contraire, l'aridité de l'esprit g'étend jusqu'à la volonté. On est inerte sur toute la ligne. Pas d'élans, pas de grandes ardeurs! On s'en attriste; on s'accuse de cette froideur qu'on a envie d'attribuer à une punition de Dieu. En réalité, cette froideur n'est pas si grande qu'elle paraît; il reste un petit feu d'amour divin, caché sous la cendre. Ce qui le prouve bien, c'est ce besoin pei-sistant qu'on a de Dieu. On voit par là que la nuit du sens ne se confond pas avec la liédeur, car celle-ci a pour caractère qu'on ne ressent ni besoin, ni désir d'une vie spirituelle plus intense.

Mais quand même Dieu satisferait cette soif d'amour divin, il resterait un désir plus profond, pour tourmenter l'âme. L'aimer

(1) • Cette àmeostpar/'ow brûlée d'un désir véhétnent de Dieu, sans qu'elle puisse savoir ni comprendre d'où et comment lui viennent ces ardeurs... Eile éprouve de si pressants disirs de son Dieu que ses os semblent desséchés par cette soif ardente • {Nuit, 1. I, ch. xi)... • Elle ne découvre pas tout d'abord cet amour secret, dont elle n'est touchée dans le principe qu'imperceptiblement, et qui grandit pou à peu. Elle a la crainte et le regret de ne pas encore servir le Seigneur assez bien. Ce n'est pas un sacrifice peu agréable à Dieu que celui d'un cœur anxieux, à la recherclic de son amour; et c'est la contemplation secrète qui opère cette sollicitude • (Nuit, 1. I, ch. xi).

(*2) « En même temps que les sens sont plongés dans la sécheresse et le vide, l'àme éprouve l'inclination et le désir de demeurer en solitude et en repos ; sans pouvoir se fixer à aucune chose particulière, ni même en ressentir le besoin ■ (.Vt/tV, 1. I, ch. IX).

n evt qu'un commencement et ne suffît pas; il nous a faits pour quelque chose de plus : le posséder.

• S. — .Mais à quel genre de degré de possession aspire-t-on, dans cet état? Se rend-on bien compte de ce qu'on veut?

Si on a eu en passant Toraison de quiétude, le désir •• précise : c'est elle qu'on voudrait retrouver. C'est là, on le comprend, qu'on pourra se plonger dans l'atmosphère embaumée où, sans l'embarras des méthodes, on respirera l'amour divin.

IS. — Si, au contraire, on n'a pas encore reçu cette grâce mystique, le désir est plus vague comme objet, mais le malaise n'en est que plus grand. On souffre d'un besoin no i satisfait, sans pouvoir dire au juste lequel. La lecture de la vie des saints fait alors entrevoir un peu ce que l'on cherche ; car on y trouve décrits, au moins confusément, des états élevés d'union avec la Divinité. On y apprend qu'au delà du souvenir de Dieu, il existe une possession de Dieu. On se tourne dans cette direction, mais sans arphrer à une idée bien nette de ce qu'on cherche. Dieu qui donne cet instinct aveugle sait où il mène.

L'^ besoin qui travaille ces deux sortes d'àmes fait songer à celui nui agile les hirondelles. Quand la mauvaise saison s'approche, elles se préparent à chercher au loin un climat meilleur. Les ancitnneë, celles qui ont déjà fait le voyage, se souviennent et elles savent au juste ce qu'elles veulent. C'est la contrée charmante, chantée par la btllade allemande :

Là-bas, « c'est le pays où fleurit l'oranf^er, Le pays des fruits d'or et des roses vermeilles, Oii le ciel est plus pur et l'oiseau plus Kpor, Où, dans toute saison, butinent les abeilles ».

Les plus jeunes, qui n'ont pas cette expérience, y suppléent par l'instinct merveilleux, qui soudain s'éveille en elles. Elles s'orientent, sans savoir pourquoi, vers la contrée qu'elles n'ont jamais aperçue.

Hélas! nous présentons une différence avec les hirondelles. Lllrs partent quand bon leur semble. Nous, au contraire, nous ne changeons pas A notre gré de pays surnaturel. Nous sommes en cage. Nous nous jetons contre les barreaux de notre petite oraison ; les barreaux résistent. Mon Dieu ! vous seul pouvez ouvrir la porte I Ouvrez-la par pitié !

14. — J'ai dit qu'on n'a pas le goût de chercher Dieu à l'ai'le des e^Kerrlcrs aneleiiM: on ne les reprend que comme pis-nller. Ceux qui se trouvent dans l'aridité vulgaire, n'ont au contraire qu'un désir, revenir à la méditation.

D'où l'on voit que le troisième (élément, comme le second, est caractéristique d'un état qu'on ne doit pas confondre avec la voie ordinaire.

15. — On peut donner un récuiué de tout ce qui précède, en disant : la nuit du sens 1" est un simple regard; 2" une aridité; 3° avec cette particularité que lame ne trouve de facilité qu'à un souvenir unique, celui de Dieu ; k° elle a aussi un désir unique, celui de posséder Dieu davantage; enfin 5" cette orientation se fait d'elle-même.

lO. — ^uAtrlèuie élément, il porte sur nos goûts naturels. C'est une action persistante de la grâce pour détacher de foutes les choses sensibles, même permises, et en donner le dégoût. La nature s'oppose à cette action et en :on!lre. Dans cette lutte, l'âme peut pencher d'un cùté ou de l'autre.

Ci-dessus j'ai signalé un cas particulier de cette action divine, lorsqu'on pailant du besoin d'union avec Dieu, j'ai dit qu'on n'était plus porté à chercher cette union par les exercices anciens (14». Ceux-ci, en effet, contenaient beaucoup de sensible. Il s'agit maintenant d'une action plus vaste. Elle s'étend, même en dehors de l'oraison, à toutes les passions, à toutes les connaissances ou tendances sensibles, et elle cherche à nous en dégager le cœur. L'état mystique continuera plus tard cette œuvre.

S' Jean de la Croix dépeint longuement ce travail intérieur. Il y emploie tout le premier livre de la Montée et les premiers chapitres de la Nuit obscure, en parcourant tous nos appétits qu'il rattache aux sept péchés capitaux. Il déclare que c'est là un signe à consulter pour juger avec probabilité si on est réellement dans la nuit du sens (1).

19. — J'ai fait remarquer que rame peut lutter contre cette action de la grâce. C'est qu'en effet, Dieu ne nous sanctifie pas malgré nous. S'il nous inspire des tendances, il laisse la nature agir en sens contraire ; à nous de choisir. S' Jean de la Croix admet l'existence de cette lutte, puisqu'il déclare que ce travail

\\) Voici ce signe : • L'àme n'éprouve pas plus de consolation dans les créatures que dans les choses de Dieu > {Nuit, 1. I, cb. ix). Parlant de la première nuit : • Elle

LES DEUX NL'ITS DE I/AME. ^i^

de purification peut è\re fort long-. Autrement il serait presque insiantanc.

Quand on résiste ainsi à cette grâce de détachement, 1 expérience montre que souvent on peut être longtemps sans bien s'en ren<Ire compte. Cela arrive aux personnes accablées d'occupations extérieures. La nature les porte à se complaire dans le tourbillon, à s'y plonger avec excès, ne serait-ce que pour échapper à l'ennui du désert intérieur. Elles ne comprennent leur erreur que plus tard, lorsqu'un livre ou un directeur clairvoyant les amène à se modérer, à réserver une plus grande partie de leur activité à leur vie spirituelle, et à ne pas fuir leur purgatoire intime.

m. — Les quatre éléments ci-dessus tombent •««is le e«iiB» d« rebseriRtien. Non pas qu'on les aperçoive nettement au bout d'une heure d'oraison ; mais si on a une vue d'ensemble sur plu'^ienrs semaines ou plusieurs mois, l'observation sera le plus, souvent facile.

Bon nombre de personnes, après avoir lu les descriptions cidessus, m'ont déclaré qu'elles y trouvaient la reprodi;ction exacte de ce qu'elles avaient éprouvé. Il est donc établi par le.xpérience que l'éiat d'oraison ainsi décrit existe et qu'il n'est pas lare.

Nous avons une autre preuve de cette existence, à savoir le témoignage de S' Jean de la Croix. Car les citations que j'ai apportées montrent que tous les caractères de cet état ont été indiqués par lui, et que c'est cet ensemble qu'il a appebî nuit du sens. Si quelqu'un niait cette preuve, parce qu'il interpréterait autrement S' Jean de la Croix, la preuve d'expérience subsisterait dans toute sa force.

Enfin l'existence de cet état peut se deviner a priori. Il suffit d'admettre quel'oraison dusimple regard vers Dieu peut être aride, doulou euse et pereistaute. Or ce fait doit paraître au moins vraisemblable.

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