‹ Des grâces d'oraisonChapitre 126 sur 199 · La V"*' .\nne-Madeleine Remuzat · texte numérisé non relu

La V"*' .\nne-Madeleine Remuzat

i" La sœur raconte ainsi ce qu'elle éprouva à partir d'une retraite, en 1723, sept ans avant sa mort (elle avait vingt- six ans) : « Je me suis trouvée tout à coup en la présence des trois adorables Personnes de la Trinit»-... J'ai compris que Jésus-Christ voulait me donner, de son Père et de lui-même, une connaissance infiniment plus pure que toutes celles qui m'ont été données jusqu'aujourd'hui. ... Avec des mystères, que de secrets il m'a été donné de connaître dans ce sein et par ce sein adorable!... Mon Dieu, vous avez voulu, pour ainsi dire, diviniser mon àme. en la transformant en vous-même, après lui avoir ôt; sa propre forme... » {Vie publiée par la Visitation de Marseille, ch. xv, p. 313).

« Dieu a daigné introduire ce rien criminel dans son sein adorable pour lui communiquer ce qu'il possède en lui-même, afin que par cette espèce de divinisation il put se former en moi une gloire qui lui fiit proportionnée... Au lieu qu'auparavant les lumières semblaient produire les ténèbres dans mon âme à cause de sa faiblesse, et de tout ce qu'il y avait encore à purifier, elle s'i'st trouvée en état de soutenir en quelque manière le poids de la Majesté de Dieu et l'éclat de sa gloire, non plus par les lumières de la foi, mais par uno clart<^ qui la mettait dans une espèce de possession de cette vue de Dieu qui est plus pour le ciel que pour la terre » {ibid., p. 323).

« J(^ me suis trouvée investie et pénétrée de la gloire de Dieu qui m'a introduite dans la connaissance par laquelle il se connait et dans l'amour par lequelil s'aime. J'ai compris, mais au delà de tout ce qu'on peut exprimer, que les trois Personnes de l'adorable Trinité opéraient en moi toutes choses nouvelles et contractaient avec moi une alliance d'amour et de miséricorde... Je sais que les sens n'ont point eu de part à ces impressions... Dieu m'a fait

(f (.ar, en 1f>70 (septembre), deux ans avant sa mort, elle écrirait à son fils que cet élat d'il ait depuis cinquante ans environ. Elle devint veuve à vingt ans el entra à trente et un aai c'iicz les ursu'.incs de Tours (1631). Huit ans après, elle partit pour le Canada (1639).

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voir cl gx)ùlcr... ses divines perfections. C'est un abîme de délices d'autant plus grand et plus excellent quelles se trouvent renfermées dans la simple et seule vue de l'essence de Dieu (1) » (p. 324\

'< Devenue une même chose avec mon Dieu,... j'ai été comme remplie do la connaissance de Dieu dans sa propre connaissance, qui me l'a f;iil voir comme un tire infiniment parfait, uniquement appliqué à lui-même et à ses adorables perfoclions, trouvant en soi la source unique de sa félicité, et ne pouvant recevoir un hommage parfait de sa créature, que celui qu'il se rend lui-mân,e en olle. C'est cet hommage qu'il ma paru se former en moi d'une manière digne de lui, et où je puis bien dire qu'il n'y a rien eu de moi. Ne me dcmandfz [»as ce qui s'est passé. Ce nu été ni une lumière, ni un goù!, ni une souffr;incc, ni une joie pleine; mais Dieu lui-même, tel qu'il est, autant qu'il peut être reçu par une vile créature.

« Ce qui me jette dans létonnement, c'est une occupation en Dieu dans le fond de l'âme, que les impressions du dehors n'arrêtent ni ne retardent point... C'est là où Dieu s'explique non plus par des paroles qui semblent sortir de lui. m.nis par une connaissance qu'on puise dans son sein et qui est lui-même. La lumière qui venait de la parole montrait ce qu'il fallait faire, et celleci non seulement le montre, mais l'exécute d'une manière digne de Dieu » (p. 319).

2» Sur l'union permanente. En 1728, deux ans avant sa mort, on nomme Anne-Madeleine à l'emploi d'économe, si distrayant pour d'autres. Elle écrit : « On n'a consulté ni mon goût ni mes forces, mais je n'ai regardé ni l'un ni l'autre... L'esprit de Dieu fournit à tout sans que je m'en occupe... L'occupation int<'rieure est toujours la même. Elle semble même se fortifier dans la dissipation inséparable d'un pareil emploi. Dieu se communique et 5e laisse trouver partout... Je me trouve dans mes grandes occupations sans en sentir ni la (Ufficullf' ni la peine, aussi occupée de Dieu que dons le temps de l'oraison, sans hésiter jamais sur ce qu'il y a à faite ou à laisser. L'esprit de Dieu m'avertit à propos de tous mes devoirs et me les fait remplir avec une étendue de perfoclion qui ôlo tout sujet de crainte... Le corps est fortifié d'une manière que je ne crains pas d'appeler miraculeuse, it soutTre plus que jamais et je ne laisse pas d'aller toujours mon chemin... Pour ce qui regarde le corp?, rien de plus étonnant que la manière dont Dieu vient à mou secours. S'agil-il d'un travail rude qui demande de la force? Cette force m'est donné»*, mais I«réri>émont pour le temps du travail. Après quoi je rctonibe dans ma première disposition de faiblesse et de langueur. Celte exp'rience réitép'e fait •pie je prends pres.iue tout sur moi, ou. pour mieux dire, *ur le secours de Dlt'u, sans me décharger sur personne » {ibid., cli. xvii, pp. 301, 365;.

3t. — La Mère Véronique du Cœur de Jésus (voir H bis) :

<< La forme la plus parfaite de son union fut une sorte de compi'nétration df tout elle-même par la Divinité, de façon qu'elle sentait Dieu lui-iuémc p.nif, parler, agir en elle et se rendra l** f.i inri-io d'^ tous se* "l'^i-v. ?ii. i.i.;

(»i cv»! à la mt^me <^|>oqu« ciirclte écrivait : • Mon clai est mflo de soulTri»!!. p cl de juiiitN.iiicr*. Tatiilii «|uc le «Jrliota de l'Ame est Ii\ie ;i la douleur et aa dcUi^'• i» ■>' le plut iiiiime c»t toujours onl à Dieo, par l'opération de Dieu nème • {ibid^ p. -i'

aïO CHAPITRE XIX.

Cet état I «uji ui'ux ans à la suite de ?a profogsion. De tout ce temus, elle n'a point pris de aourriture, sauf un peu de pain bénit, le dimanche, et un verre (IVati par semaine » {Vie par le R. P. Prévôt, ch. xviu). — On suppose qu'après ce^ icux ans, l'état a continué. Mais on manque de docuinents.

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