‹ Des grâces d'oraisonChapitre 129 sur 199 · CM · texte numérisé non relu

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(2) Dans le premier ra.s. furent S'*MadeI»Mnode Pazzi.laB"" Varani. la B*"" fîerardosca dePiseet Catherine Rnimerich. S*» Claire de Montofalco et S*" Véronique Ti ;.:i;ini ont même eu los trois clous imprimés dans le cœur. I.e second cas est [II • iit«^ par S" Brif.'itti'. Il y a de même diverpence sur la forme de la croix, et SU' '.'i quf^tion de savoir si elle a ét^ dressée arant ou après le crnciflemont (Voir les l'.ullandistes au 2ô mai, p. 216; Parvrgon, n" 2).

Crttainos stigmatistV:? ont eu la plaie de l'épaule; mais les unes h droite. le« autres à pauclic. De mênio pour la plaie du cAté (D' Imh*rt, t. II. eh. n, p. 77).

Voici d'autres cont rail ictions historiques qui exi- î - us célèbres,

et dont je continue A no pas (Ijscutf^r l'etisomble. ' dit que la

S'* ^'; * "-«S «ton Pil:^ (ri<?ci<r (i >- \ ifr<jr. piii II, rh. xii^.

La I.' ciiiffre {Vie par la Mare d« Prov.aiie, p.art. 111,

I 1, . ii.i . M,, i|,ic vingt et un ans, quatre mois di.\-nouf jours '^'''■'

III. I. Vlll. ch. XIX); S" Brititte. quinr.e ans (1. VI!, ch. xn^

>;ri„...,„ , „M ■„ ,1 ,1,..,,; (Bolbnd., IS juin, n" 110). La troiM.iuo

■i sa mort lihid.. ch. xxn ; la quatrième,

I, . -s: Il ri""" Bonomi, trois i.nrs.

S" Hiipittetl. VU, c. arU 11, n" 47'J.

disont l'utrc elles sur l' n ; i i — lit et aillei:

tniitos deux dans dec délailb iitultles et que les âmc« pl<>utcs ne pouir.iical plu» sii)'(x)rter

la pensée secrète du mystère. Les spectateurs n'avaient rien vu de semblable.

Catherine Kmmerich croyait avoir su que Marie d'Agr<5da avait pris dans un sens réel une foule tie tablea ix qu'elle aurait dû comprendre d'une manière allégorique et spirituelle ( Vie de Jésus- Christ, d'après Catherine Emmerich, t. I, prélace de Brentano, (h. ix).

18. — De môme, dans les visions du paradis, du purgatoire et de l'enfer, Dieu ne montre qu'en partie la réalité, qui surpasserait trop notre intelligence. Il s'adapte à notre nature en usant de «yniboles. Les anges et les saints se montrent avec des corps que pourtant ils n'ont pas; ils sont revêtus de riches costumes, prennent part à des processions ou cérémonies. Le ciel devient un festin ou un jardin délicieux. Ces tableaux se présentent au voyant conformément à ses idées et à celles des artistes de son temps. On en a un exemple dans les visions de S'® Lidwine (Voir sa Vie par Huysmans, ch. viu), et dans celle de l'Apocalypse sur les quatre animaux qui siègent au milieu de la cour céleste. S' Jean en emprunta les principaux traits à Ezéchiel, qui lui-même en trouvait l'imay-e dans les bas-reliefs géants des palais assyriens, que les juifs avaient sans cesse sous les yeux pendant la captivité de Babylone.

Tout cela doit être compris d'une manière spirituelle.

14. — Ce qui précède suffirait déjà à nous expliquer comment Amort, qui a fait une étude approfondie de ces questions, a pu dire : « Les révélations des personnes dont la sainteté et la doctrine ont été approuvées par les docteurs et chefs de l'Église s« rontrediaent entre elles; exemple, celles de S'* Brigitte, de S" Gertrude, de S'* Catherine de Sienne » fpart. 1, ch. xxii, § 1, n" 2'»). Il cite Baronius disant que S** Mechtilde et S" Brigitte se contredisent également (part. I, ch. viii, n" 12).

15. — On voit dès lors qu'il est imprudent de chercher à reeonstituer l'histoire à l'aide des révélations des saints. La B*"" Véroni jue de Binasco a vu passer devant ses yeux toute la vie de Jésus-Christ, comme S'* Françoise Romaine et Catherine Emmerich. Les BoUandistes ont reproduit ses récits (13 janvier), mais préviennent dans la préface (n° 4) que « des hommes savants » croient y découvrir beaucoup d'erreurs historiques.

On a même porté un jugement plus explicite sur les visions de

S" Françoise Romaine. Dans la vie écrite sous le nom de Marie Anguillara, qui succéda à la sainte dans le gouvernement de sa cougr«^gation des Ohlates de Rome, l'auteur s'exprime avec la réserve que voici : « Beaucoup de choses qu'elle a vues en extase doivent être considérées comme étant simplement de pieuses méditations et des contemplations dues à sa propre activité', surtout celles qui concernent la vie et Passion du Sauveur; on le voit facilement à la lecture. On ne peut nier cependant qu'il ne s'y soit mêlé de vraies révélations. Laissant le soin de ce discernement aux pieux lecteurs et aux supérieurs, je transcrirai indistinctement tout ce que contiennent les anciens manuscrits (Rolland., 9 mars; T* Vie de la sainte, préface, n" 10). Voir le numéro qui va suivre.

le. — Troisième cause d'erreur. Il peut arriver que, pendant une vision, l'esprit humain garde le pouvoir de mêler, dans une certaine mesure, son action à l'action divine. On se trompe alors en attrihuant puretnent à Dieu les connaissances ainsi obtenues. Tantôt c'est la mémoire qui apporte ses souvenirs, tantôt la puissance d'inventer qui s'exerce (1).

Les auteurs pensent que ce danger est fort à craindre lorsque la personne parle pendant l'extase. Car puisqu'elle parle, ses facultés sensibles n'ont pas complètement perdu leur activité. Elles peuvent donc avoir leur part dans la révélation.

Amort voit là une preuve que S'* Françoise Romaine avait une action personnelle dans ses visions (numéro précédent), car ses extases n'étaient ni silencieuses, ni immobiles (Voir chap. xiii, n'» 2).

i». — Il y a danger de confondre l'action divine avec la nôtre, même dans une oraison non extatique, lorsque Dieu semble nous envoyer une inspiration un peu forte. Elle a beau être très courte et presque instantanée, nous aimons à cniire qu'elle se prolonge, et l'illusion est facile, car nous ne savons pas le moment précis où finit l'influence divine et où la nôtre lui succède. Quand une pierre est lancée dans un lac tranquille, le choc ne dure qu'un instant, mais l'eau ne reprend pas immédiatement son im-

(1) Le Père Séraphin a écrit un volume comme apologie de Mario d'AgrédA. Ce qui ôti- lio.iiic(uii) (if hir.c :i son argumentation, c'est que, tant t'en rendre eompU, il la ba'^ lO qu'une révélation non diabolique c«t entiéremfnl divine

ou " > ' Il croit aussi que notre esprit ne peut rien ajouter aux

visions iuteilecluelles (p. 173); ce qui n est pas toujours vrai (n* 37j.

3i6 l.llAi'lIUh AM.

mobilité preaiicrc. Une SiTie d'ondulations continue à partir du point touché, comme si de nouvelles pierres y tombaient. De même, dans l'âme, un ébranlement, une fois provoqué, ne s'arrête pas subitement avec l'action qui l'a produit. Tout se passe à peu près comme si on continuait à recevoir quelque chose; mais c'est une ondulation purement humaine.

19. — De même ceux qui ont souvent des révélations vraies peuvent devenir négligents à bien les discerner, et ils prophétisent à faux.

La sœur Labouré, fille de la Charité, qui a reçu, eu novembre 1830, la révélation de la Médaille miraculeuse, a fait des prédictious exactes (par exemple, elle a annoncé quarante ans davaucc, et avec leur date précise, les massacres de la Commune de 1870) ; mais d'autres ne se sont pas réalisées. En pareil cas, dit son historien, M. Chevalier, elle reconnaissait tranijuillement son erreur el disait : « Eh bien! je me suis trompée; je croyais vous avoir dit vrai. Je suis bien aise qu'on sache la vérité. »

m. — Quel est le genre d'Idées personnelles que nous sommes surtout portés à attribuer faussement à l'inlluence divine, soit pendant l'extase, soit dans une union intime avec Dieu?

Il y en a deux :

ZO. — 1" Les idées qui flattent nom désiri*. Si nous avons un projet très à cœur, et à plus forte raison si nous sommes travaillés de l'envie imprudente de le voir encouragé par une révélation, il nous semblera très facilement que Dieu parle pour le conseiller ou le commander.

9È. — 2° lies idées préconfues, en matière de doctrine ou d'histoire; et de même le souvenir de ce qui nous a vivement frappé dans nos lectures et conversations. Ainsi, quand une personne appartient à une congrégation religieuse, ses révélations en ont souvent les doctrines et la couleur. Cela tient aux idées dans lesquelles elle s'entretient, puis k celles de ses confesseurs. Ceu.x-ci agissent inconsciemment par leur enseignement répété, par le tour de leurs questions, qui amènent naturellement certaines réponses; quelquefois plus ouvertement, en laissant voir combien ils désirent que la révélation approuve leurs idées.

La Vie de S'* Colette présente un exemple de cette influence des idées préconçues. Sur la foi de ses directeurs, elle avait d'abord admis que S*" Anne s'était mariée trois fois et avait eu plu-

siouis iiiics. VL\\e crut voir S'" Anne venir lui r ndre vi^itii avec toute sa ramille supposée (Bollandistes, au 25 mai, p. 2'i7; Parer-

Certains faits racontes dans des révélations contestées ne sont i|ue la l'cproductioa de traits appartenant aux évan^^iles apocryphes, ou à des légendes postérieures. A la fin du moyen Age et à répotjiie de la Renaissance, ils étaient vulgarisés par des livres tels que la Légende dorée de Jacques de Voragine.

Les erreurs que nous venons d'énumérer ont parfois été si loin, qu'on n'a plus su quelle valeur il fallait attribuer à certaines révélations faites à des saints. Le P. Lancicius, cité par Benoit XIV [De Canon., 1. III, c. lui, n" 17), dit : <f Je pourrais nommer plusieurs femmes extatiques que le Saint-Siège a mises au nombre des saints; j'ai lu les révélations qu'elles ont cru avoir dans l'extase, ou à la suite. Elles sont parsemées d'halluchiations, et c'est pour cela qu'on a défendu de les impriuior. »

9Z. — Comme l'activité propre de l'esprit des voyants «si une des principades causes d'erreur, il est bon d'en citer quelques exemples.

98. — Conuncnçons par 8'* Éllaabctit, abbesse bénédictine d» S«lioeiiau, prés do Trêves, et amie de S" Ilildegardc (1129-1165). Elle eut beaucoup de révélations sur des sujets historiques, notamment sur le martyre de S''' l'rsule et de ses compagnes, dont on venait de découvrir les ossements (1156). Quand on les lui apportait, elle croyait savoir surnaturellement les noms et la biographie de ceux à qui ils avaient appartenu. Pour s'en instruire, elle accablait de questions son ange gardien et les saints. Au début, elle n'osait pas le faire: malheureusement ses directeurs la poussèrent à cette curiosité dangereuse. Bien plus, les révélations ayant disparu, elle fit prier ardemment sa communauté pendant dix-sept jours pour en avoir la suite 'Bolland. du 18 juin; Vie, n** 102).

C'étaient là d'excellentes dispositions pour être illusionnée. Mais la sainte était persuadée, au contraire, que tontes ses révélations étaient la pure vérité. Elle l'affirmait jusque sur son lit de mort, et s'étonnait grandement de rencontrer de l'opposition. Elle avait même été jusqu'A réclamer qu'on les publiât offuiellcment de sou vivant. « Je venais, dit-elle, d'écrire le livre do mes révélations, quand le jour de S' Pierre et de S' Paul, mon ange in'appnrut *•♦ '■"■ dicta ces paroles pour les évoques de Tri'ves de

Cologne et de Maycnce : « Sachez de la part du Dieu grand cl « terrible, et de ma part, ange de ce livre, que vous devez faire « connaître à l'Église romaine et à tout le peuple les paroles qui <( se trouvent dans cet écrit. Ne croyez pas que ce soient des in- (( ventions de femme! Le Dieu très bon en est l'auteur. Ce que « je vous dis à vous, je le dis pour tous » [ibid., n" lOG).

(.a postérité n'a pas ratifié les jugements de la sainte. Amort prouve que ces visions sont remplies d'erreure historiques, et il en attribue la plus grande partie, au moins, à l'imagination. Les HoUandistes ont admis ses conclusions (21 octobre, prologue de la Vie de 5'« Ursule, § 5).

24. — Les Bollandistes jugent de la même manière les révélations qu'eut, encore sur S" Ursule, le B«" llermann Joseph {ibid., § 7). Ces auteurs ne contestent pas, pour cela, les autres grâces reçues parles deux saints. On accorde que le B*"* Hermann a fait des prophéties vérifiées et des miracles.

25. — L'élude des livres écrits par S*" Bildegarde fait encore voir comment une action tout humaine peut s'ajouter à l'action divine, sans qu'on s'en rende compte. Celte sainte doit avoir reçu des grâces exceptionnelles de science infuse et de prophétie ; sans quoi on ne s'expliquerait pas son influence sur ses contemporains (1). A la vérité, elle reconnaissait elle-même que cette science

(1) Elle n'apprit jamais la lecture, l'écriture, la musique, ni le latin. Elle sut tout cela miraculeusement, et comprenait de même, dit-elle, le sens de la Bible et des € saints philosophes ■ (Edition Migne, col. 104, A). Ce qui prouve encore une intervention surnaturelle pour sa science du latin, c'est qu'elle saisissait en bloc le sens des mots qu'elle lisait, sans pouvoir les décomposer en mots différents, ni analyser les cas et les temps (Miijne, col. 381, A). Elle avait besoin d'un secrétaire pour corriger ce qu'elle dictait en cette langue.

Jamais elle n'eut d'extases (Dom Pitra, loc. cit.). Elle puisait ses connaissances dans une lumière divine qu'elle reçut sans discontinuer depuis l'âge de trois ans, à l'état éveillé (Migne, col. 384, A; 103, A ; 13, D). C'est ce qu'elle appelait l'ombre de la lumière vivante. De temps à autre, elle recevait une connaissance plus haute, celle de Dieu, et elle l'appelait, par opposition, la lumière vivante (Migne, col. 18, A). Marie d'Agréda fait de sa science une peinture semblable (Cité mystique, part. I, 1. I, ch. n).

Cette lumière sur les créatures et les événements avait un caractère spécial chez la V"' Anne-.Marie Taïgi (1769-1837). Pendant quarante-sept ans elle vit près d'elle un soleil symbolique paraissant avoir la grandeur du soleil naturel. Quand elle le regardait (elle ne se le permettait pas sans motif), ©Ile avait la connaissance d'une foule de choses utiles au bien des âmes. Souvent elles étaient figurées autour du soleil comme dans un tableau mouvant. Elle arrivait ainsi à donner sur les affaires dos réponses promptes et précises, sans laisser presque le temps d'expliquer de quoi il s'agissait. Est-ce à dire qu'elle ne 6C trompait jamais? Le procès de béatification nous l'apprendra. Elle a pn-dit un grand triomphe temporel de l'Eglise en

RÉVÉrATIONS. DANGEHS DUXUSIOX. 349

n'était pas complète (Voir ses œuvres publiées par le cardinal Pitra, p. 333). Mais elle était convaincue qu'elle n'y ajoutait rien d'elle-même. Voici, en effet, ce qu'elle écrivait à soixante-dix ans : « Ce que je ne vois pas dans ma vision, ye l'ignore, car je suis illettrée; et quand j'écris en vertu de cette lumière, je ne mets pas d' autres paroles que celles que j'ai entendues » (Migne, col. 18, A; Cardinal Pitra, p. 333).

Et cependant il nous est impossible d'admettre que tout ce que la sainte a écrit vienne de Dieu. Car ses ouvrages sont pleins d'erreurs scientifiques, de celles précisément qu'on admettait au xii" siècle (1).

SU. — Il est doûc permis de croire que Dieu s'est contenté d'exelter son intell Igence et son imagination. Dans cet état elle a pu apprendre, imaginer, se rappeler, bien au delà de la mesure que comporterait l'état ordinaire. Mais, à son insu, beaucoup de ses connaissances proviendraient réellement de ses conversations fréquentes avec les théologiens et savants de l'époque, de ses lectures ou des sermons qu'elle avait entendus.

Il est fort heureux, ajoutons-le, qu'elle n'ait pas été en avance sur la science de son temps. Si elle avait connu les vérités qu'on a découvertes depuis en astronomie, en physiologie et en physique, les savants, au lieu de l'admirer, l'auraient persécutée, comme on l'a fait à tant d'autres initiateurs, et elle eiU perdu ainsi une grande partie de son influence religieuse (Voir à la bibliographie, le n" 123, sur le P. Séraphin).

»1, — Pour expliquer d'une manière favorable les illusions

termes tels que ses amis <ît Pie IX lui-même croyaient qu'il se réaliserait sous ce Pontife. Il n'en a rien été.

(1) L'un de ses ouvrages surtout en est rempli. C'est Le livrt de» iubtiliié» de ta nature, traité de physique et de médecin», en 9 livres et 531 s (Migne,

col. 1126), où toutes les qualités des corps sont expliquées & l'a ode, par

les proportions (purement fantaisistf ■ ■ ir^s ils poss' .: et l'hu-

mide, le chaud et 1p froid. Voir nota pitres sur . ihlr, l'ai-

m '"" *■ ' " nndragore, le basmi, • wi- iMuui, le lion, le i.i^t,^. .iuqucl ello

r: : sans h(^sitation), !a licorne, le griffon, etc. Voir pncoro 1d

/ ,, , um, visions 3 et 4, où la sainte montre, en 121 chapitres, les

r qui lui paraissent exister entre le monde spirituel et les mondes

(!• '' i\<' I.i i.i. ysi"!'!!.''!!'.

.-Ile A composée, et la '-. Personne n'a pu

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nclicii cl des illusions *^normc«.

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