‹ Des grâces d'oraisonChapitre 130 sur 199 · iO r.IlAl'ITRK · texte numérisé non relu

iO r.IlAl'ITRK

8cientili(}U(3S de S'^ Hildt'garde, ou pourrait admettre l'li7|iotbè8e suivante. Dieu, s«mbic-t-il, peut mette* surnaturelleineiit dans l'intelligence d'une personne une portion de la science de son temps, telle qu'elle se trouve dans les livres existants ou dans l'esprit des savants contemporains; mais en la prévenant, de quelque façon, au moins une fois pour tout»îs, qu'il ne garantit pas le contenu de cet ensemble, et que dès lors il ne faut l'accepter que sous bénélice d'inventaire.

Un tel don, quoique imparfait comme certitude, serait déjà magnifique. Nous tous qui avons peine pendant une vie entière sur les livres, et qui oublions sans cesse ce que nous avons appris, nous .serions charmés de posséder un procédé aussi expéditif de nous instruire et de retenir.

Le point important est de remar(|uer qu'ici Dieu ne trompe pas l'âme, puistjue, par hypothèse, il l'a prévenue d'une certaine façon. Il se contente de lui apprendre surnaturelleraent ce quelle aurait pu apprendre naturellement. Comme ceititude, elle n'est pas dans une condition pire que les savants ordinaires, (^eux-ci, malgré la confiance qu'ils ont dans leure maîtres, admettent que toute science est sujette à l'erreur, et qu'à côté de parties solides et définitives, elle en renferme de provisoires et de caduques. S'ils se trompent dans le discernement, ils ne doivent en accuser que leur peu d'habileté, la faiblesse de leur intollisrence, ou leur précipitation.

1». — Continuons à citer des e.vemples. malgré la répugnance bien naturelle que nous éprouvons à découvrir des erreurs historiques ou scientifiques chez des saints, que nous nous étions plu à regarder comme infaillibles. Mais il ne faut jamais avoir peur de la vérité. D'ailleurs les constatations que nous faisons sont utiles : elles justifieront les règles sévères qu'il faudra énoncer plus loin au sujet des révélations.

Ou temps de S'« Française Romaine, on croyait au ciel de cristal. Imbue de cetto idi'e, elle aflirme qu'elle Ta vu, bien vu, dans les nombreuses visions qui lui faisaient visiter le firmament. Il est placé entre le ciel des étoiles et l'empyrée. Elle compare ces trois cieux comme lumière et beauté; son confesseur ayant demandé à connaître leurs dislances mutuelles, elle les déclare plus grandes que la distance de la terre au plus voisin. Ignorant que la couleur bleue du ciel n'est que celle de fatmosphère, elle

HtVÉi.A iu>.>^. KA.Si.LHi |) ILLLMU.N. :151

i attiUiiie au ciel des étoiles, qui par suite serait un corps (Bolland., 9 mars, 1" Vie, n" 30).

»•. — Les idées préconçues ont peut-être influé sur H^ C?«tfcerine «le RIecl. Elle eut toute sa vie beaucoup de dévotion à Jérôme Savonorole, ami de sa Camille. Elle %'oulait réhabiliter la mémoire du fougueux tribun, qui tAcha de faire de Florence un cloître, se lança dans les luttes politiques et mourut sur le bûcher en 1498. Elle travaillait à le faire honorer d'un culte public, comme prophète et martyr. Frère Jérôme lui apparut très souvent, environné de splendeur, suivi de ses deux compagnons de supplice; deux fois il la guérit subitement d'une maladie grave. Ces apparitions parurent d'alwrd un obstacle à la béatification de Catherine. Le promoteur de la foi, le futur pape Benoit XIV, se porta accusateur sur ce point, déclarant que la sœur avait péché en invoquant un homme livré par l'Église au bras séculier (De Canon., 1. 111, c. xxv, n" 17-20). On n'eut pas de peine à résoudre cette objection. Mais il en restait une plus délicate. Béatifier Catherine, n'était-ce pas proclamer que ces visions étaient divines? Or, d'après ces visions, Savonarole était un saint aux yeux de Dieu, sinon aux yeux des hommes. C'était donc décider par autorité divine une question brûlante et controversée. Benoit XIII fit cesser le débat en ordonnant de faire abstraction du culte rendu par Catherine au frère Jérôme, et par suite des appai itions qui provoquaient ce culte {iàui.y et Vie par le R. P. Bayonne, t. Il, ch. %vii). Cette disjonction entre la vertu et les visions l'evenait A proclamer ce principe : quand on canonise un serviteur de Dieu, c'est sa vertu que l'on canonise et non ses visions.

30. — Quelle que soit l'opinion qu'on se fasse de roiisemble des révélations de marie d'A^réda, on est obligé au moins d'admettre qu'elles renferment certaines erreurs, .\insi elle crut savoir par révélation qu'il y a un ciel de cristal (part. Il, n* 17); qu'il se divisa en onze parties au moment de l'Incarnation [ibid., n" 128; ce passage est omis dans la traduction française). Elle a appris que les six jours de la création fureut de vingt-quatre heures (1); que depuis la chute d'Adam jusqu'à Jésus-Cluist, il

1) EHe précise même que Ibs anges furi^nt cn^'S Iv preiuier jour, • qui répoDd au dimanche >; ik (urcnt pri-cipité» le lundi niniin ut eoiM»})iréreat jusqu'au jeudi m-itiii 'I irt. I, ti' 122); Adam Tut criL'é le vendredi de grand waliu, Sô tnar« (pvU

Page 1