LES JUGER
§ 1. — Du degré de probabilité ou de certitude auquel on peut
arriver.
t . — Examinons d'abord celte question : peut-on quelquefois être moralement eertain qu'une révélation est purement divine?
Oui; quoiqu'il semble que non, quand on songe à toutes les causes d'erreurs énumérées précédemment.
î. — E^ d'abord, Dieu peut, quand il le veut, donner une pleine certitude à la personne qui reçoit la rèYélntion, du moins pendant la durée de celle-ci. Il produit une lumière et une évidence tellement grandes que toute espèce de doute est impossible.
Va fait analogue se passe dans l'oindre naturel. Nos sens sont exposés à bien des illusions. Il n'en est pas moins vrai que, dans une foule de cas, nous sentons que nous n'avons pu nous tromper.
8. — Peut-on quelquefois être certain que la révélation faite à une autre personne est purement divine?
Oui. Car les prophètes de l'Ancien Testament donnaient des signes certains de leur mission. Sans cela on ne les aurait pas crus, et on n'aurait même pas eu le droit de le faire. En effet, il y avait toujours de faux prophètes, qui s'imposaient à une partie du peuple et la pervertissaient. L'Écriture ordonnait de faire le discernement.
Par quels moyens peut-on arriver à ce résultat? Telle est la
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question, importante mais difficile, que nous allons étudier dans ce chapitre.
4. — On donne une preuve saus réplique qu'une révélation est divine, quand on fait un ndrnele (1), si l'on avertit qu'il est produit à cette inteutioii, ou que les circonstauces le montrent.
Une prophétie léalisée sera l'équivalent d'un miracle, si elle a été précise et qu'elle n'ait pu être leffet ni du hasard ni d'uue conjecture du démon.
En dehors de ces moyens assez lares de se former un jugement, il y en a un autre plus long-, plus délicat : discussion des raisons pour ou contre.
ft. — En pratique, cet examen ne donne le plus souvent qu'une prolMftbllité plus ou moins grande. Et quand il en est ainsi, il ne faut pas craindre de l'avouer.
Les auteurs restent souvent dans le vague sur ces questions. Ils parlent hien de signes de discernement. Mais ils oublient <Ie faire remarquer que, pris séparément, ils ne donnent pas une certitude complète, et que leur existence n'est pas toujours facile à apprécier.
De même, ils parlent d'action divine, mais ils ne se demandent pas toujours si elle est absolument «ans mélange. Cependant c'est là encore un point important,
• . — La marrlie à Huivre pour juger des révélations ou visions peut .se résumer dans les trois opérations suivantes que je vois étudier séparément : 1" se procurer des renseignements détaillés sur la personne qui se croit favorisée : 2* et aussi sur le fait même de la révélation; 3" une fois ces doiinéo:> oi)tcnuos. tirer la conclusion qu'elles comportent.
Parfois encore, pour prouver <iu'une révélation est divine, on emploie la méthode d'exclusion. Elle consiste à prouver que ni le démon, ni les idées personnelles, n'ont pu venir mêler leur ao-
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