‹ Des grâces d'oraisonChapitre 134 sur 199 · RÉVÉLATIONS. COMMENT LES JUGER. 3G · texte numérisé non relu

RÉVÉLATIONS. COMMENT LES JUGER. 3G

Si ces renseig^ncraents sont favorables, ils prouvent avec une certaine probabilité qu'on n'a pas à craindre les principales causes d'erreur énumérées au chapitre précédent. Car les tendances habituelles d'une telle pereonne sont propres à l'en préserver. Mais une dérogation accidentelle reste possible.

». — 2* Il y a un renseig-nement qui se rattache aux qualités intellectuelles. Il est bon de savoir quel degré d'insfraelion a reçu cette personne, quelles lectures elle a faites, cl ce qu'elle a pu apprendre par la fréquentation des savants.

Cela permettra parfois de voir que certaines révélations sont moins merveilleuses qu'elles ne semblaient. On était porté à les déclarer surnaturelles parce qu'elles renfermaient une érudition ou une élévation, dont on ne trouvait pas d'autre explication. Seulement il faudrait s'assurer que celte science n'a pas été puisée dans les livres ou des entretiens de théologiens. Nous avons vu ci-dessus le cas de sainte Hildegarde (ch. ixi, »•).

to. — Aiitre application. Pour prouver que les révélations de Marie d'Agréda sont divines, on a dit qu'elle était, comme elle le répète elle-même, une fille ignorante. Mais elle avait de la lecture. Elle connaissait fort bien la Bible, qu'elle cite continuellement et qu'elle commente. Le cardinal Gotti a montré aussi que plusieurs de ses récits sont empruntés à un livre apocryphe (ou remanié) du xv* siècle, les Ravissements du bienheureux Atnédée (1), et à un autre, faussement attribué à S' Jérôme, le traité De la Nativité de la Vierge.

Son historien nous dit « qu'ayant ramassé divers traites de cette dévotion 'à Marie], elle se trouva une nuit avec un désir véhément d'en composer un elle-même » (ch. xix). Elle avoue l'aide des théologiens : « J'ai recours à mon directeur et à mon père spirituel dans les matières les plus délicates et les plus difficiles » (part. I,

(1) Franciscain, confesseur de Sixlo IV. On y trouve les cicux de cristal. La sœur Marie lui prend notaninriti.t cette idée que le corps de Jésus-Christ a été formé par iroi. i?niut.-'s de sang lan.' «^ nur le c(rur dt» M;irii'. Jo ne relèverai que deux erreurs {.; ics d'une ■ ine. Elle s l»ord qu'on ignorait encore :i

A- irculation . ont la décf ut récente (1628;. Du moment

que tout ie sang passe par le cœur, une éniis-sion faite par cet organe n'est plus un privilège, et il n'y a plus de raison de nous la présenter comme un symbole merveillcux des sentiments de Marie. Ensuite ii y a là une erreur sur !• l'as plus que le lait, il n'a le pouvoir de créer un tissu, ni de le cooi' un plan; il aert à nourrir les tissus qui existent. Dieu no peut trouver u un. ;e a changer là le cours de la nature.

LES GRACKS O'OIUISOM. ^l

Q» 2'*). Quand elle écrivit soa livre pour la seconde fois, elle se servit de fragments recueillis par son secoud confesseur « qui conféraii avec elle sur les matières qu'il y trouvait « {ViCy ch. xxii).

Il résulte de tout cela que, dans son travail, elle a eu autre ohose que dfssecours surnaturels. Elle exagère en disant : « aucun esprit humain n'aurait pu imaginer cet ouvrage » (part. 111, n" 787).

±%bis. — Autre exemple. J'ai parlé ailleurs (ch. xviii, 49 bis) d'Hélène ISiuiitlt, de Genève, et de ses états somnambuliques. Les spirites étaient dans l'admiration des récits qu'elle faisait pendant sa trance et jugeaient que cette facilité subile d'élocution prouvait évidemment l'influence d'un esprit étranger. Avec une patience et une sagacité remarquable, M. Flournoy a montré que la plupart de ces récits étaient simplement la reproduction de certaines lectures, dont le sujet ne se rappelle rien à l'état normal (1). On sait par ailleurs que, dans l'état somnambulique, la mémoire prend parfois un développement prodigieux. L'imagination d'iiélène avait également une grande puissance; pendant ses crises, elle avait créé une langue nouvelle, de 160 mots, qu'elle parlait couramment, mais qu'elle ne comprenait plus en dehors de la crise. Elle prétendait que c'était la langue en usage dans la planète Mars. On a prouvé que c'était une transi'ormation de langues connues.

Avant de croire qu'un médium est inspiré, les spirites devraient s'informer avec soin de ses antécédents.

11. — Dans le cas où le voyant a de l'instruction, n'y a-t-il pus du moins probabilité qu'il a subi une action surnaturelle, si I» rédaeti4»n qu'il a faite, sans être aidé, suppose un talent de composition supérieur à celui qu'il manifeste ordinairement?

Maison ne peut tirer de là une indication. Car il peut se faire que ces pages plus littéraires soient dues simplement à l'excitation qui accompagne ou suit parfois une vraie grâce surnaturelle. S" Thérèse décrivant l'ivresse où la jetait l'union pleine, dit d'ellemême : « Je connais une personne qui... improvisait alors des vers pleins de sentiment; ce n'était pas un travail de son esprit, mais une plainte qu'elle adressait à Dieu » {Vie, ch. xvi). La sainte a la sagesse de ne pas prétendre que c'est Dieu qui lui dicte ses

(1) M. Flournoy a donaé le nom de cryptomtiésie à ce fait que certaines connaissances oubliées reparaissent sans être reconnues du sujet, qui croit dès lors y voir quelque chose de nouveau.

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