RÉVÉLATIONS. COMMENT LES JLGKH
••. — Souvent aussi cette connaissance des péchés des aulres n'est qu'une illusion de l'iniag-ination. J'ai connu deux voyantes qui étaient ainsi hantées par l'idée fixe des mauvaises mœurs des eouvent* ou du elergé; elles se complaisaient à en parler, pour pousser, disaient-elles, aune réparation. L'uno au moins a mal tourné. Pour établir la réalité des faits, elles n'avaient d'autres preuves à apporter que leurs révélations; lesquelles s'expliquaient suffisamment par le besoin qu'a notre malheureuse nature de s'occuper de choses inconvenantes. Grâce au détour de la piété, ces imaginations délirantes arrivaient à céder A leur manie native.
Au milieu du xix* siècle, une autre voyante, nommée Cantianille, gagna la confiance d'un pieux évêque. Il en vint à publieiofficiellement le texte de la révélation, qui était une peinture horrible des mœurs des prêtres de son diocèse. Il dut donner sa démission. Satan avait obtenu les résultats qu'il cherchait.
Il est vrai que, dans ses Révélations, S** Catherine de Sienne parle ouvertement des vices du clergé, et avec grande vivacité. Mais on se trouvait à une époque troublée du Grand Schisme, et il s'agissait de vices certains et que personne n'ignorait.
Le Secret de Mélanie de la Salette est regardé par certaines personnes comme ayant été modifié par l'imagination de la voyante. Une des raisons sur lesquelles on s'appuie est que le texto renferme des accusations très dures et sans aucun correctif sur les mœurs du clergé et des communauté!^, de 18'»6 à 1865. L'histoire parle tout autrement et indique une période de ferveur et de zèle apostolique. C'était l'époque de Pie IX, de Don» Bosco, du curé d'Ars, etc., et de l'expansion de l'enseignement chrétien eu France.
»7. — 4" Ces enseignements sont-ils utiles au point de vue du .salut éternel? On peut être si^r que les révélations ne sont pas divines quand elles ont simplement pour but de faire connaître des choses vulgaires, qui n'ont pas d'utilité pour le bien (l«*s Ames. Dieu ne se dérange pas pour satisfaire la curiosit
Les révélations sont comme les miracles : elles n'ont pas lieu sans un motif très grave. KUes sont l'œuvre, non seulement de la puissance de Dieu, mais de sa sagesse.
S9. — Dès lors, on voit ce qu'il faut penser de certaines prophétesses actuelles, qui prétendent parler au nom de quelque
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esprit céleste, et qui donnent à toute heure et à tout venciut les ron^ullAtlona qu'on leur demande, sur les naissanccH et les mariages, les procès et les maladies, l'issue des événements jm>litiqucs, etc... Malgré la mise en scène religieuse, ce sont de simples diseuses de bonne aventure. Il ne leur manque que le jeu de cartes traditionnel ou le marc de café. Dieu ne s'aljaisse pas à installer un bureau de consultations.
Ce qui donne confiance aux clients (pourtant bien imprégnés de scepticisme), c'est que les voyantes tombent souvent juste dans leurs prédictions, et cela, sans que le démon ait besoin de venir les aider et sans qu'elles aient non plus le don d'extralucidité. Elles savent, en eiïet, leur métier. Elles ont assez de coup d'oeil pour deviner, d'après de faibles indices, ce qu'elles doivent dire, ou comment elles doivent corriger ce qu'elles ont dit. Elles peuvent même réussir, rien qu'en répondant oui ou non, au hasard. Car, quand on joue à pile ou face, il y a autant de chances pour pile que pour face. Il peut donc se faire qu'à ce jeu, elles tombent juste, en moyenne, cinq fois sur dix. Les badauds oublient les cinq cas d'insuccès, ne retiennent que les autres et proclament que l'esprit de prophétie est bien prouvé.
S9. — Dans les réunions «parités, les esprits ne s'occupent très souvent que de futilité». Ils s'abaissent jusqu'à répondre à des questions oiseuses ou à procurer de simples jeux de société ; ils déplacent des meubles, font vibrer des instruments de musique, apportent du dehors de menus objets. Les médiums vous amusent ainsi, toute une soirée, comme le feraient à la foire des prestidigitateurs. Des esprits préoccupés de notre éternité consentiraient-ib à se prêter à de tels enfantillages? Comme on est loin du rôle utile que la théologie attribue à l'ange gardien!
Ces puérilités deviennent encore plus choquantes quand les esprits prétendent être des parents défunts, ou de grands philosophes. Car s'ils veulent parler sérieusement, c'est pour dicter des tirades d'une platitude navrante. Voilà les grandes pensées qui occupent ces êtres plongés dans les lumières de l'au-delà!
Quand ces soi-disant défunts ont été sur la terre de grands savants, on constate que leur esprit s'est singulièrement affaibli dans leur vie nouvelle. Ils ne sont plus au courant de rien. Il est bien établi que les communications spirites n'ont pas fait avancer la science d'un pas. Aucun point obscur de l'histoire