‹ Des grâces d'oraisonChapitre 139 sur 199 · UÉVÉLATIOMS. COMMENT LES JUGER. 38S · texte numérisé non relu

UÉVÉLATIOMS. COMMENT LES JUGER. 38S

m'a été éclaiivi. Aucun problème de niathématiques n'a été résolu; aucune recette de chimie ou théorie de physique n'ont été dévoilées.

L'ne fois cei>endant. Aiisakof et autres spirites ont cru renconti'ef une exception. Les esprits auraient expliqué un phénomène qui avait résisté à la sagacité des suvants. Il s'agissait du mouvemeat rétrograde des satellites de la planète Uranus. Mais un astronome, U. Flammarion, a voulu avoir le cœur net de cett* as- 9erti(Mi et il a prouvé que l'explication des esprits était absolument fausse {Les Forces naturelles inconnues, eh. m).

4#. — Une révélation est également suspecte quand elle n'a pour but que de trancher une %|uesfloii dUqputée de théologie, d'histoire, d'astronomie, etc. Dieu abandonne ces discussions à l'iesptrit humain, parce que nous n'en avons aucun betioin pour mous sanctifier. Comprenons bien que le salut éternel est la seule chose qui ait de l'importance devant Dieu. Pour le reste, dit S' Jean de la Ci'oix, k son intention est que les hommes aient recours aux moyens humains » hlonlée, 1. II, ch. xxii),

4t. — La révélation est encore suspecte si, quoique très bonne au poÏBt de vue spirituel, elle est banale, se trouvant dans tous les livres ascétiques. Dieu n'emploierait (>as de si grands moyens pour un si petit résultat. Il est plutôt probable alors que le voyant répète, sans s'ea douter, ce qu'il a appris dans «es lectures. Ou encore le démon veut l'amuser à des inutilités, jusqu'au jour où, lui ayant donné conâance, il pourra devenir plus audacieux.

49. — Si les ré«étoti«B« ou visions sont (rè« nouÉl»r«u«e«, cette circonstance, prise isolément^ ne constitue pas un si^ne défavorable.

Eln effet, on ne peut apporter a priori, pour l'opinioa contraire, aucun motif solide. De plus, ce serait condamner une foule de saints; ils ont eu des révélations avec une abondance prodigieuse. Exemples : S'" Brigitte, S" Gertrude, S'" Franvoisc Romaine, S" Catherine de Sienne, la B'"" Marguerite-Marie, 1& V'" Agnès de Langeac, la V"'" Marine d'Escobar, S' Ignace, etc. Plusieurs ont laissé des volumes énormes, où pourtant tout n est pas cousignié. Les adversaires de ces révélations n'ont jamais songé à leur reprocher cette abondance, et les apologistes n'ool pas supposé qu'on en tirerait une objection.

On cite, il est vrai, une lettre de S' François de Sales (Édition Migne, t. V, col. 1448), qui semble condamner une sœur, parce qu'elle avait beaucoup de visions. Mais le contexte montre que le saint ne considérait pas cette circonstance isolément; il y est dit que ces révélations n'avaient aucune utilité; c'était du verbiage.

48. — Nous voyons là le parti qu'on peut (ircr indirectement des révélations nombreuses. Généralement on arrive à voir avec évidence si elles servent à quelque chose. Pour une vision isolée, il pourrait y avoir du doute.

Si les révélations sont longues ou nombreuses et qu'elles ne renferment rien de fanx, de déshonnête, de futile, on peut en conclure avec probabilité qu'elles ne viennent pas du démon. Car autrement il manquerait son but. Il n'est pas possible qu'il se cache toujours, comme le remarque Samaniégo [Prologue aux Œuvres de Marie d'Agréda. n" 26).

44. — 5** Si l'on examine toutes les circonstanees d« détail qui accompagnent la vision, les attitudes, gestes, paroles, etc., y trouve-t-on la dignité, le sérieux qui conviennent à la Majesté divine? Ou, au contraire, n'y voit-on pas des bizarreries, des manières grotesques, des convulsions, un laisser-aller indigne même de gens simplement raisonnables et bien élevés?

a) Cela seul aurait suffi pour juger les faits extraordinaires qui, vers le milieu du wiii" siècle, se passaient au cimetière Saint-Médard, sur le tombeau du diacre Paris. Les discours soidisant inspirés étaient extravagants et accompagnés de contorsions et convulsions; les coups que l'on se faisait administrer, sans en souffrir, passaient pour des miracles, mais n'étaient que des pratiques insensées, puisqu'elles n'avaient aucune utilité. Je ne parle pas des actes contraires à la morale qui venaient se mêler à ces scènes hideuses. Beaucoup de jansénistes cependant voyaient là une manifestation de Dieu en faveur de leur doctrine.

b) Dans les communications faites chez les spirites, nous trouvons très souvent un langage trivial dont on serait choqué en bonne compagnie. De grands personnages historiques parlent comme à la halle. Si l'auditoire s'y prêle, ils descendent jusqu'à l'obscénité.

Certains spirites que ces faits embarrassent ne veulent pas

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