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RÉVÉLATIONS. COMMENT LES JUGER

pour cela admettre l'existence du démon (1). Ils préfèrent croire que les âme^ des morts emportent leurs vices dans l'autre monde et que les réponses choquantes sont données par des défunts qui sont restés menteurs, ou libertins, ou frivoles, ou mystificateurs, etc.

c) Dans les pays protestants on organise de temps à autre des réunions appelées « réveils ». La foule y pleure ses péchés, mais avec une exagération bizarre, une sorte d'ivresse. Il y a là, recoiinaissons-le, un excellent principe : des sentiments très vifs d'amour de Dieu et de repentir. Mais il s'y môle un autre élément qui n'a rien de divin : une exaltation névropathique qui est contagieuse. Parfois on y parle des imitations de langues étrangères, consistant réellement en une suite de sons qui, par euxmêmes, n'ont aucune signification. (Voir ch. xxxii, § 1).

4ft. — Quand les anges ou les saints prennent un corps apparent pour se manifester, jamais ce corps ne renferme de meuibr«« AifTorBAMi ou d'aspect bestial. Ce serait indigne d'eux. Les formes d'animaux ne se sont rencontrées que dans un cas très différent, les visions symboUques, comme celles des quatre animaux d'Ezéchiel et de S' Jean. On en a donné des explications allégoriques très rationnelles.

Au contraire, quand le démon apparaît à ceux qui l'invoquent, il se plaît à prendre des formes repoussantes; il mélange le type de l'homme avec celui des animaux les plus vils. Suarez regarde comme prouvé « par les aveux des sorciers » que Satan ne se montre jamais à eux sous une forme complètement humaine; il laisserait voir au moins quelque partie monstrueuse telle que les pieds {De ange/is, 1. IV, c. xxxv, n" 5).

On s'est parfois mépris sur la pensée de Suarez, en disant qu'il étendait cette proposition à toutes les apparitions du démon, y compris celles que Satan veut faire passer pour divines. Mais Suarez n'a pas un mot pour énoncer cette (îoctrine qui ne s'accorderait pas avec les faits.

(1) Lm Bpirites posent en principe que les esprits qui leur parlent «ont uniquement les âmes des morts, ou, suivant leur langage, des désincarnés. Pour affirmer, de plus, que tel esprit est celui d'un de leurs parents ou amis, ils n'ont qu'une preuve, c'eet que l'esprit leur f.ail part d'un secret que le mort et eux ont été seuls a connaître. Mais on leur r(^pond que cette raison est insufOsanto. En effet, ils admettent que, pendant noire vie, nous sommes environnés d'esprits qui connaissent tous nos secrets. Un de ceux-là peut dooc jouer le rôle du parent défunt et nous iiiystiller.

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Comme le remarquent La Reguera [Theol. mi/^t., t. 11, p. 666, a"* 53'*) et Schram (édition primitive, n° 507; édition de 18*8, n* 317), si la ditTormité de l'apparition était visible, la ruse serait immédiatement éventée, et le démon se montrerait d'une maladresse enfantine ; si elle était invisible, cachée par des vêtements ou des nuages, le démon serait peu avisé de se dooner ainsi une peine inutile, en fabriquant des membres qu'on ne verra pas; et d'ailleore quelle preuve expérimentale aurait-on qu'il le fait?

4«. — Beaucoup d'auteurs ont répété sans discussion une aftirmation de deux écrivains du xvii" siècle (les PP. Thyro?u«, 1600, et Del Rio, 1600). D'après eux, le diable n'aurait jamais la permission de prendre, dans les apparitions, la forme d'une r«- Io0ibe ou d'un «gneau, parce que ce sont des symboles de l'Esprit-Saint et du CJjrist (Schram, ibid.j.

Mais cette double assertion est démentie par les faits, comme on le voit dans la vie de S'* Françoise Romaine. Car un jour, six démons se présentèrent à elle sous la forme de six belles eolombes. La sainte les devina et ils se changèrent en corbeaux qoi cherchèrent à lui faire du mal (1). (BoUand., 9mars; t" Vie, ). III, n* 37).

Voilà pour les colombes. Mais il y eut aussi des ag'neaux. l^n jour, le démon prit la forme d'un agneau qui vint doucement se coucher aux pieds de la sainte. Elle le reconnut et il se transforma en un loup furieux [ibid., n" 23). Une autre fois, ce furent sept démons qui prirent l'aspect de blanches brebis aux airs caressants, déclarant qu'ils symbolisaient les sept dons du Saint-Esprit. Elle les reconnut encore et ils se changèrent en loups qui essayèrent de l'attaquer {ibid., n° 33).

Autre exemple : La célèbre Madeleine de la Croix, qui faisait des prodiges par l'action du démon (ch. xxi, «•}, eut un jour, en public, une apparition de celui-ci sous la forme d'une colombe. Elle prétendit que c'était le Saint-Esprit (Gœrres, î. VIII, ch. xj).

Ensuite, si le démon avait la défense de simuler ces symboles, il lui serait interdit a fortiori de représenter le Christ lui-même; ce que pourtant il a fait quelquefois. S'il ne se sert pas de ces figures, ou s'il le fait rarement, il est permis de l'attribuer à uue

(1) Au Heu du mot corbeaux, qui est dans le texte ituiien, les Bollaodistes disent : des cerfi; c'est une faute d'impression. On a mis un e pour un o, eci'vorum pour corvorum. (Celte remarque est de Dom Rabory, auteur d'une Vie de la sainte.)

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