‹ Des grâces d'oraisonChapitre 141 sur 199 · RÉVÉLATIONS. COM>IENT LES JUGER · texte numérisé non relu

RÉVÉLATIONS. COM>IENT LES JUGER

raiion bien plus simple : tant qu'à essayer de jeter <kns l'illuticn, il faut prendre des moyens vraiment puissants, tels que la représentation d'uu saint. Immédiatement le voyant se sentira entraîné vers lui par un mouvement de dévotion. Mars la voc d'il» aiimal symbolique produit au contraire une impression d'attente; elle laisse le temps de réfléchir et de se demander quel fruit on peut tirer de cette vi*;ion.

En recourant peu à ces symboles, Satan se montre pratique, tout bonnement.

S'il s'est risqué à employer ce procédé médiocre avec S" Françoise, c'est qu'il avait une raison spéciale. La sainte apercevait souvent des colombes ou asrneaux symboliques dans ses visions. H y avait lieu d'espérer qu'elle se fierait à l'analogie et accepterait par habitude.

Dans ce qui précède, il s'agit à' apparitions du démon, voulant produire une illusion. Mais il y a un antre cas, fort différent, qu'on oublie de distinguer du précédent : celui du démon parlant pendant les exorci«mes. Parfois il prend alors le nom d'un animal symbolisant un vic« (Voir ch. xxiv, «s). Or il a souvent affirmé que Dieu ne lui permet pas d'appliquer à ce vil usage un symbole employé par l'Église pour les choses saintes. W a déclaré ne pouvoir prendre les noms de colombe, d'agneau, ni de poisson (symbole du Christ dans les catacoml>es, à cause du mot grec ichthus).

AV. — > Scaramelli parait se montrer trop aévèr« dan*-* lo cas suivant. Une personne qui passait pour avoir souvent des vision» de TEnfant-Jésus, crut en recevoir uno, le Venlrfdi Saint, pendant un sermon sur la Passion. Cet auteur trouve inconvenant qu'en un tel jour et à un tel moment, on applique ses pensées à Penfance du Sauveur. Il conclut à une illusion [Traité du discem., u" 87).

Mais ce raisonnement pronve trop. 11 revient à admettre plus généralement que si, un jour de fête et pendant un sermon, une consolation spirituelle qui leur est étrangère, s'empare de notre âme, il faut la repousser. Or il n'y a là aucune obligation. I>c plus H pensée d'un mystère de la vie de Notre-Seigneur peut donner lumière sur hs autres.

Cet auteur ajoute que, depuis, « on trouva d'autres raisons » pour établir que les visions de cette personne étaient fausses. — Soii; mais la raison |)récédente était sans valeur.

49. — 6° Quels ■entlnienta de p«ix ou, au contraire, de trouble cette personne a-t-elle éprouvés pendant la révélation ou à la suite?

S' Ignace, comme S" Catherine de Sienne {Dial., ch. lxxi), attache une grande importance à ce moyen de discernement.

Quand il s'agit d'inspirations courantes, il peut se faire que ces sentiments soient à peine accusés; mais il est difficile qu'il en soit ainsi dans les cas d'une action aussi extraordinaire que Test une révélation ou vision, à moins toutefois qu'elle ne provienne, non d'un esprit étranger, mais de notre propre activité.

49. — Voici la rèfle qu'on peut formuler : Chez les personnes de bonne volonté (Nous n'avons à parler que de celles-là), r«ett*m du bo« esprit (Dieu ou un de ses anges) a pour caractère de donner la paix, la joie, la sécurité, le courage, sauf peut-être au premier instant.

Notons cette dernière restriction. Au premier moment, on peut ressentir non seulement de l'étonnement, mais du trouble, de Finquiétude ou même de TeiTroi. Seulement un plus ample examen ramène la paix. C'est ainsi que la S" Vierge fut un instant troublée par la salutation de l'ange Gabriel (Lwc, i, 29). Mais le calme revint aussitôt et Marie écouta le message. La Sainte Écriture signale du trouble, mais passager, chez Abraham dans une de ses visions (Gen., xv, 12); chez S' Zacharic, quand l'auge Gabriel lui annonça qu'il serait père de S' Jean-Baptiste {Luc, i, 12); chez les bergers de Bethléem, loriquc les anges les avertirent de la naissance du Sauveur {Luc, ii, 10); chez les saintes femmes arrivant au tombeau gardé par un ange {Marc, xvi, 6, 8) ; chez les apMres, au milieu desquels apparaissait Jésus ressuscité, qui les rassurait par ces mots : La paix soit avec vous {Jean, xx, 19, 26).

Le trouble initial peut encore provenir de ce que la sensualité ou l'orgueil se révoltent d'un sacrifice qui leur est demandé. Mais il n'atteint ainsi que la partie inférieure de l'âme.

Lorsqu'il donne ainsi la paix, le bon esprit n'agit pas seulement sur la volonté, en la poussant doucement au bien, mais sur l'intelligence : l'idée nous parait naturelle, sage, conforme à ce que Dieu doit attendre de nous. Soit comme lumière, soit comme impulsion. Dieu s'empare de l'àmc sans choc. S' Ignace peint rapidement cette manière d'agir, en disant que le bon esprit entre

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