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REVÉUTIONS. COMMENT LES JUGER

les conditions regardées communément comme nécessaires sont toutes vérifiées, et d'une manière indubitable, on peut regarder comme très probable, parfois même comme moralement certain, que ces conditions sont scffisaxtks. — L'assurance est d'autant plus forte que les caractères sont plus saillants.

60. — Pour établir cette proposition, on peut apporter d'abord un argument d'aut«ri«é. Gerson, qui a étudié particulièrement ces questions, formule le principe sous une forme équivalente :

a On peut, dit-il, être trompé si on ne consulte qu'un seul signe ou un petit nombre; il faut en grouper beaucoup ensemble [plura in unum conglobentur) » [De probatione spirituum, consid. 6). Schram ajoute : « Plus ces signes favorables seront nombreux, plus on aura d'assurance. De cette réunion [ex horum signorum collatione) on tirera prudemment, suivant les cas, ou une certi' tude plus ou moins étroite, ou une probabilité forte, moyenne ou faible, ou une conjecture favorable, ou au contraire une incertitude qui fera suspendre le jugement » (édition ancienne, n' 572; édition de 1848, n" 582».

Amort (pars I, c. vi, règle 22) adopte cette manière de voir.

On peut dire que, quoique le principe ci-dessus n'ait pas été énoncé par la plupart des auteurs, la pratique universelle, en tout temps et en tout lieu, l'a supposé implicitement. On voit que tous les auteurs ayant à discuter la valeur d'une révélation se contentent de passer en revue des caractères qui, pris isolément, ne suffisent pas à prouver que cette révélation soit divine. Si pourtant les signes sont favorables, ils se croient en droit de conclure qu'elle l'est, sans autre explication. Ils admettent donc implicitement que, par leur réunion, ces caractères nécessaires deviennent suffisants.

•1. — Arguments de r»l««n. T Jamais on n'a pu formuler d'autre principe que celui-U, pour établir qu'une révélation est trt'S probable ou moralement certaine. Si donc on le rejette, il faut dire que l'Église aurait dA s'enfermer strictement dans lo doute par rapport aux nombreuses révélations qui ont été faites aux saints depuis deux mille ans. On se serait toujours trompé en croyant qu*on pouvait sortir de cette attitude expectative.

2* On a toujours admis comme une loi de la Providence divine (|u'elle ne permet jamais au mal d'avoir tous les caractères du

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bien. Quels seront les signes capables d'avertir les Ames de bonne volonté? On ne peut le dire d'avance ; mais il y en aura. La sagesse et la bonté de Dieu l'exigent. Dès lors si l'examen d'ane révélation a été consciencieux, si l'homme a fait ce qui est possible pour s'éclairer, et que Dieu n'ait laissé percer aucun signe de fausseté, on peut conclure de cet ensemble de circonstances que Dieu veut que nous ayons une croyance probable, parfois même moralement certaine.

09. — Ohjeoiion. Dans ces enquêtes, on peut toujours craindre d'avoir laissé échapper une circonstance qui aurait éveillé des doutes sérieux?

•S. — Répon«e. Non; pas toujours, car ces problèmes ont été posés si souvent que les conditions « communément reçues y» renferment pratiquement tout ce qui peut être dit sur la matière.

On pourrait vous faire la même objection dans tous les problèmes d'ordre moral ; dire, par exemple : vous êtes arrivé à regarder tel homme comme honnête, grâce à vos longues relations avec lui et à l'opinion générale. Qui sait si vous l'avez observé suffisamment? Ou encore : Les critiques admii*ent la haute valeur littéraire de tel ouvrage; toutes les règles semblent témoigner en sa faveur. Mais il y en a peut-être une à laquelle on n'a pas pensé, et qui suffirait à faire changer d'appréciation?

Cependant, dans ces questions, tout le monde admet qu'on peut arriver /)a//oî'« jusqu'à la certitude.

•4. — Le véritabe inc»nYéuient de la méthode précédente, c'est de demander beaucoup de temps et de travail. Mais il faut s'y résigner. Certes, il serait beaucoup plus commode de n'avoir à véritier que deux ou trois caractères, sautant aux yeux, et fournissant un jugement sans appel. De même que. pour décider qu'un livre est un chef-d'œuvre, on aimerait à n'avoir que trois questions rapides à se poser; de même aussi, quand il faut apprécier l'honnêteté d'un autre homme. Mais cet idéal ne peut être réabsé dans les choses d'ordre moral.

•4. — D'après l'énoncé ci-dessus, une révélation peut avoir, ••nime ensevible, des caractères divins, sans qu'il en soit de même de tous les détails. En effet, les raisons qui établissent la valeur de l'ensemble, ne suffisent pas toujours à justifier tout ce qui s'y trouve.

••. — Toutefois, jusqu'à preuve positive du contraire, les p«tiiM

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