RKVELATIONS. COMMENT LES JUGER
délaite bénélicient du jugement porté sur l'ensemble. La présomption est en leur faveur.
•9. — Pour juger si les ex«Mi«« sont divines, on s'inspirera des nèiBes principes que pour les révélations, après s'être enquis du caractère de la personne.
Les deux principaux renseignements à se procurer seront les suivants : 1" A quoi l'âme est-elle occupée, pendant qu'elle est ainsi privée des sens ? Est-elle captivée par des connaissances intellectuelles, d'ordre supérieur, entraînée par un immense amour? 2' Quel degré de vertu avait-elle avant d'être arrivée à ce degré, et quel grand progrès en est-il ensuite résulté?
Si les réponses sont favorables, les probabilités sont du côté de l'extase divine. iNi le démon, ni la maladie ne poussent l'imitation jusqu'à ce point.
Quant aux effets physiologiques, on ne peut d'habitude en tirer aucune indication. L'aliénation des sens peut fort bien présenter les mêmes apparences dans une extase divine et dans les contrefaçons.
Toutefois il peut s'y ajouter des phénomènes qui écartent l'hypothèse de la maladie et révèlent une cause surnaturelle, divine ou non, par exemple la lévitation (1).
•«. — Chez certaines personnes très unies h Dieu, l'étude lente des divers signes de discernement a quelquefois été aidée ou même remplacée par une iBtttiItlon «um»tiir«lle. C'est ce qu'on
(l) Je ne parle pas â<>B auréoles. Car on peut se demander si elles n'ont pas un fondement naturel. En effet, le D' Ch. Féré assure avoir observa que la léte et les mains de deux hyst<5riqu«^8 <*taient devenues lumineuses, de couleur or.iiiK»', pt^ndant leurs crises. Pour la première, la lu<ur s'étendait à une vingtain ■ d-' c'întimètrM de la tête [Revue de médecine du 10 avril 1905. Alcan). Il est rejfretr fable qu'on n'ait pas photographit- ca phi^iiomène qui pourrait #tre contesté à cause de son extrême rarott^. En pareil ca.s, on peut m demander si les obserrations ont été faites avec toutes les prt^cautions désirafcl— .
De m^'me, plusieurs saints ont ^mis des odeurs agréai>les pendant leur vie on ft l«Mr Riort. Ces odeurs étaient diverses; elles se rapprochaient de celles de la violette, ou de la rose, de i'oranfer, de la cjinelle, du musc, du benjoin, etc. On nept'^ut pias admettre maintenant qu'il y ait là en toi un miracle, mais 9f>ult'mfnt en veitu ém ciroonaUMces iqu'il faudra examiner dans chaque en?; rcn<-rrtv Fn effet, les nédMins ont observé (rarement, «lu reste) un certain r dies eè 40 fraduieent tex odeurs ci-deeeus. En particulier, les dirx) d'Aeèloadnio leMrn' <r^ la pomme de reinette. r>ans un
dérn^ ée Î^Bleoei et actitones), résnltau; de In digenti
mais s'il ae produit co.-tain^i troubles du syatème Berrenx et de la iiutntHMi mtuii< des tiMvs, cea corps l'échappent par rhaMae, 1» sueur, etc. (Voir l'article du D' (}. Dumas, dans la Revuê de Parit du 1" décembre 1907).
appelle le don infm de discernement des esprits; l'autre est appelé acquis.
Scaramelli définit ce don infus : « Un mstinct ou une lumière que donne l'Esprit-Saint, pour discerner avec rectitude, en soi ou dans les autres, de quel principe procèdent les mouvements intérieurs de l'âme; si c'est du bon ou du mauvais » [Discern., n° 21).
••. — Dans la vie de quelques pieux personnages, on voit que non seulement ils ont demandé à Dieu, d'une manière générale, de conflrmer p»r un signe tel projet, telle révélation; mais ils fixaient eux-mêmes le signe et surtout la valeur qu'ils lui attribueraient comme certitude, disant : Si tel événement a lieu, je le regarderai comme indiquant que Dieu veut telle chose. Peut-on se fier à ce signe?
Laissons de côté le cas très exceptionnel où la demande vient d'une inspiration du Saint-Esprit. Par là même on trouve en soi la certitude que Dieu répondra au moyen de l'événement.
Supposons les cas ordinaires. Si c'est un miracle particulier et véritable qu'on a demandé et qu'il se réalise, Dieu donne par là son approbation (1). Mais le plus souvent il n'écoutera pas notre demande, qui est indiscrète. C'est ainsi que le curé de F^ourdes n'obtint pas le signe qu'il désirait. 11 avait dit à Bernadette : « Demande à la Dame, comme preuve de la sainteté de ses apparitions, que l'églantier du rocher, desséché par l'hiver, fleurisse en ce mois de février. » L'églantier n'eut pas de fleurs; mais Dieu fit un miracle beaucoup plus utile : une source jaillit.
La B*"" Angèle de Foligno demanda à Jésus comme preuve de ses apparitions, de lui donner une pierre précieuse ou d'al-
(1) On peut regarder comme presque miraculeux le signe que demanda un Jour la R^* Mère Marie de la Providence, fondatrice des Auxiliatrices du Purgatoire; mais elle ne fit cette demande que par obéissance à son directeur, le R. P. Aussant, dominicain. Les circonstances semblèrent prouver que celui-ci avait eu une vraie révélation. Il s'agissait pour la communauté naissante de quitter un local étroit et malsain, et d'acheter enfin une maison. Le directeur dit : • Puisque vous avez tant de confiance en la Providence, priez-la de vous conduire où elle reut. Puis parcourez la rue de Sèvres, la rue de Vaugirard et la rue du Cherche-Midi ; mais ne prenez pas la peine de regarder les-écriteaux, car ce sera dans une des rua transversales que vous trouverez la maison qui vous est destinée. Marchez donc résolument, et lorsque vous entendrez au fond du cœur quelque chose qui vous dira : • tourne ». vous tournerez. • La Mère exécuta l'ordre et ressentit le mouvement intérieur au coin de la rue de la Barouillère. Elle y trouva une maison à vendre et entendit une parole intérieure qui lui assura que ce serait la maison-mère. Cela ne l'empêcha pas d'employer le» moyens humains, comme de visiter et examiner la maison [Xolice sur sa vie).