‹ Des grâces d'oraisonChapitre 153 sur 199 · S" Th«'rè»e. Première série de citations · texte numérisé non relu

S" Th«'rè»e. Première série de citations

!• w Mes filles, je vous conseille de demander sans cesse à Dieu, avec l'Épouse des Cantiques, cette paix si pleine de dt'lices... 11 est clair que des grâces si élevées ne viennent pas de nous. Les demander, les désirer, voilà qui est en notre pouvoir, et encore nous faut-il, pour cela, le secours de la grâce. Sans ce secours, que pouvons-nous? et que sommes-nous, sinon un ver de terre< rendu par le pèche si lâche et si rais'^rable, que nous mesurons toutes les vertus sur la bassesse de notre nature? Quel sera donc le remède, mes filles? Ce sera de faire la demande de l'Épouse des Cantiques : Que le Seigneur me donne an baiser de sa bouche » (Sur le Cant., ch. m). — La sainte dit aussi que cette demande n*est pleinement accomplie que par le mariage spirituel {Château, 1, ch. m).

2* Parlant de la quiétude : « Je ne doute nullement, mes filles, que vous ne souhaitiez de vous voir bientôt en cet état, et vous avez raison. Car l'âme, je le répète, ne peut comprendre ni les grâces dont Dieu la favorise alors, ni l'amour avec lequel il l'aiiprochc de lui. C'est donc ajuste titre que vous désirez apprendre comment on arrive à un pareil bonheur. Je vous dirai ce que j'en sais... De l'humilité, et encore de l'humilité t puisque c'est par elle que le Seigneur se laisse vaincre et cède à tous nos désirs » (Château, 4, ch. u).

3* <' Kn donnant la crainte des oraisons surnaturelles,... le dvraon diminue le nombre des âmes qui se donneraient à Dieu, voyant conune il est bon, c* comme il se communique dès celte vie à de pauvres pécheurs comme nou«. Cette vue eût excité en elles une juste émulation. Je connais moi-même un cer-

(1) Certiin» paiMyci dei ORuvret de S** Tbér6«« ont paru contraires ao di atr, p»rc« qu'on Ie> a mal inien»"»^'<'^- Parfnt» rili» »eat consoler \f» Ame» qui n'arrivent pa» à IVial inysK- 4)ar; elle lour e&fiose alor» ce principe tr^.« vrai que c'ait un almple moytn d'arriver à la

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citées plus leio (!•, t*) et première* d« tuivusi].

tain nombre de personnes que celle espérance a animées; elles ont commencé à s'adonner à l'oraison, et en peu de temps, elles ont reçu de Dieu de hautes faveurs » ÇClieinin, ch. xui).

4° « Comme ailleurs je dois traiter au long de ces douceurs dont la divine Majesté favorise ceux qui persévèrent dans l'oraison, je n'eu parlerai point ici. Je dirai seulement : Dieu n'accorde que par l'oraison ces grâces si élevées qu'il m'a faites... Pour de telles faveurs, il veut une âme seule, pure et enflammée du désir de les recewir » {Vie, ch. vni).

5° Parlant de l'union pleine : « Nous sommes les filles de ces saints Pères du Mont-Carmel qui, foulant aux pieds toutes les choses du monde, cherchaient au sein de la plus profonde solitude ce riche trésor et celte perle précieuse dont nous parlons... l'uisque nous pouvons en quelque manière jouir du ciel sur la terre, conjurons Dieu de nous assister par sa grâce et de fortiûer notre âme de telle sorte que nous ne nous lassions pas de travailler jusqu'à ce qu'enfin nous ayons trouvé ce tréior caché. On peut dire avec vérité qu'il est au dedans de nous-mêmes, et c'est ce que j'espère vous faire entendre » {Chdfeau, 5, ch. i).

6" Le désir de l'union pleine est encore indiqué dans le Château (5, ch. a), à propos de la comparaison du ver à soie : « Courage donc, mes filles, et à 1 œuvre, sans perdre de temps. Hâtons-nous de former le tissu de celte coque mystérieuse, en nous dépouillant de l'amour-propre... Et puis mourons, mourons, ainsi que fait le ver à soie... Cette mort nous fera voir Dieu, et nous nous trouverons comme abîmées dans sa grandeur... Mais remarquez qu'en disant que nous verrons Dieu, je l'entends en la mauièri» qu'il se donne à sentir dans celte sorte d'union. »

"7° Désir de l'exlase: «Heureuse l'âme que Dieu élève [par l'extase] à l'intelligence de la vérité!... Combien il vaudrait mieux pour les rois travailler â l'acquérir, que de chercher à posséder de grands domaines I » [Vie, ch, xii).

8° Désir de l'extase. Sommaire authentique d'un chapitre de la Vie : « Quatrième degré d'oraison [l'extase]. Excellente dignité conférée par Dieu à l'âme qu'il y élève. Les personnes d'oraison doivent s'animer par là à faire des efforts pour arriver à un état si sublime » {Vie, ch. xvii:).

9» Parlant des avantages de l'extase : « Oh! que l'on saisit bien alors le sens du verset dans lequel David demande les ailes de la colombe I Que l'on comprend clairement combien il avait raison de faire à Dieu cette prière, et à combien juste titre nous devrions tous la lui adresser!... Si l'on pouvait, avec les richesses temporelles, acheter le bonheur dont je jouis, je les priserais extrêmement » {Vie, ch. xx).

10» Parlant de l'extase : « Si j'écris, c'est par obéissance d'abord, et ensuite par un ardent désir de prendre les âmes au charme d'un bien si élevé » {Vie, ch. xvm). — Au premier abord, ce texte semble ne rien prouver en faveur du 'lôsir, puisque ce mot n'y est pas prononcé. Mais cette idée y est supposée, r.ar « prendre une âme au charme » de quelque chose, c'est le lui faire désirer.

11° Sur les ravissements : « Puisqu'il nous est permis, même dès celte vie, de jouir d'un aussi grand bonheur, que faisons-nous?... Qui peut nous empêcher de chercher par les rues et les places pubUques notre divin Époux, à Vexemplc de l'Épouse des Cantiques? » {Château, 6, ch. iv).

12*' Sur la « jubilation excessive » qu'éprouvent parrois les extatiques : « Daigne la divine Majesté nous favoriser souvent de celte sorte d'oraison si avantageuse et si assurée. Je dis « nous favoriser » ; car, comme elle est très surnaturelle, il n'est pas en notre pouvoir de l'acquérir » {Chflteau, 6, ch. vi).

13° Désir du mariage spirituel. Parlant des âmes de la troisième demeure, c'est-à-dire de celles qui, étant encore dans la voie ordinaire, mènent une vie fervente : «< Cet étit est digne d'envie. C'est le chemin de la dernière demeure et si elles le désirent ardemment, Notre-Seigneur leur en ouvrira sans dotite l'entrée. Car, avec l'excellente disposition où elles sont, il n'est point de faveur qu'elles ne puissent attendre de lui. 0 Jésus, se trouvera-t-il quelqu'un qui ose dire quil ne souhaite pas un si grand bien?... Personne, sans doute, ne le dira; chacun assure qu'il le veut. Mais les paroles ne suffisent pas pour que Dieu possède entièrement une âme » {Château, 3, ch. i).

14» Sur le mariage spirituel. La sainte le compare à l'arche de Noé, où la colombe, échappant « aux flots et aux tempêtes », trouve la paix, symbolisée par son rameau d'olivier : « Dieu de mon cœur, qui savez combien il nous importe de posséder celte paix, faites que les chrétiens la cherchent, et conservez-la par votre miséricorde à ceux à qui vous l'avez donnée » {Château, 7, ch. \\\).

tS. — S*« Thérèse. Secow.le série de citations. La sainte interprète le Pater, comme demandant les états mystiques.

1» « J'admire comment, en si peu de paroles, cette prière renferme tout ce qu'on peut dire de la contemplation et de la perfection... En effet, dans les quatre premières demandes, Noire-Seigneur nous enseigne tous tes degrés de l'oraison, depuis l'oraison mentale, jusqu'à l'oraison de quiétude el d'union... J'ai cherché pourquoi le divin .Maître ne s'était pas expliqué plus clairement sur des choses si hautes et si mystérieuses, etc.. Les contemplatifs, qui ne souhaitent aucun des biens de la terre... lui demandent par cette prière les faveurs du ciel que la grande bonté de Dieu peut donner sur la terre » (Chemin, ch. ixxix).

'2" D'après la sainte, c'c?t la quiétude qu'on demande en disant : Que votre royaume nous arrive :

« A mon avis, cette oraison [de quiétude] est le premier signe donné par Dieu qu'il exauce notre demande, qu'il va, dès ce monde, nous faire entrer dans la possession de son royaume, afin de louer et sanctifier son nom >» {Chemin, ch. xxxni).

3» « Vous dirai-jc maintenant ce qu'est, selon moi, cet objet de notre demande afin de vous faire mieux comprendre combien il vous importe de presser Dieu pour l'obtenir? » {Chemin, ch. x.xxii).

4» « Il est des intervalles de repos que Nolrc-Scigneur accorde aux dmes qui s'avancent par le chemin de l'oraison vers la céleste patrie. Les voyant npuisécs de lassitude, il répand en ell^s un calme pur, il met leurs puissances «lans une paix profonde, où il leur donne comme une claire vue et un arantgoût de la félicité dont jouissent les habitants da paradis. Il a entendu la demiiruie de ces âmes et il lour <lonne dès ici-bas de tels gag*"» de son amour qu'elles esi^èrenl fermement boire pendant l'éternité à la source de délices dont elks n'ont à présent que quelques gouttes de loin • «i l^in dhid.).

5° « lorsqu'une âme est arrivée à cette oraison {de quiétude], elle a sujet de croire que le Père éternel lui a arcordé sa demande en lui donnant son royaume. 0 heureuse demande, par laquelle nous demandons un si grand bien, sans le comprendre! 0 heureuse manière de demander/ » {Chemin, eh. ixiin).

6° « 0 mon Dieu, faites-moi la grâce de me donner ce txiyautne, que tolre Fils vous a demandé pour moi! » {Chcmiu, cb. xxiv).

!•. — S'* Thérèse. Troisième st'iie de citations. La sainte explique que l'eau demandi^e par la Samaritaine symbolise l'union mystique.

lo Après nous avoir excités à chercher dans l'oraison « la source d'«at/ vive dont Notre-Seigneur disait à la Samaritaine que celui qui en boirait n'aurait plus jamais soif *> {Chemin, ch. xii), la sainte explique quel genre d'oiaison elle symbolise par celte eau. Ce n'est point l'oraison ordinaire. « Cette eau est l'union complète, faveur entièrement surnaturelle, et qui ne dépend en rien de notre volonté... L'on ne saurait comparer à cette union divine les douceurs que l'on reçoit dans la méditation ordinaire. Quelque grandes qu'elles puissent être, elles ressemblent à une eau de ruisseau et non de source, et qui ayant couru quelque temps sur la terre, a déjà jjerdu de sa limpidité et de sa pureté, par le mélange du limon qu'elle entraîne toujours avec elle. C'est pourquoi je ne donne point le nom d'eau vive à l'oraison de simple méditation » {Chemin, ch. xii). — Dans ce chapitre, la sainte développe trois analogies entre l'oraison d'union et l'eau vive : elle éteint le feu des affections terrestres, elle purifie l'âme, elle satisfait notre soif de Dieu.

2» Ce chapitre se termine ainsi :

« Considérez que Noire-Seigneur nous convie tous [à l'oraison d'union]... 6't ce banquet n'était pas général, il ne nous y appellerait pas tous; et quand même il nous y appellerait, il ne nous dirait pas : Je vous donnerai à boire. Il aurait pu dire : Venez tous, vous ne perdrez rien à me servir; quant à cette mu céleste, j'en donnerai à boire à qui il me plaira. Mais comme il ne met de restriction ni dans son appel, ni dans sa promesse, je tiens pour certain que tous ceux qui ne s'arrêteront point en route, boiront enfin de cette eau vive. Daigne Notre-Seigneur qui nous la promet, nous faire la grâce de la diercher comme elle doit l'être. »

3° La sainte cite son exemple, en parlant des transports d'amour qui suivaient sea ravissements. « Les saints désirs bouillonnent dans l'âme... L'àirie ressemble à ces petites fontaines que j'ai vues quelquefois : elles jaillissent de terre en bouillonnant, et elles ne cessent de lancer en l'air du sable avec leurs ondes. Cette comparaison peint parfaitement au naturel ce qui se passe ilans une âme élevée à un état si sublime... Que de fois, à ce sujet, me suis-je souvenue de celte eau vive dont Notre-Seigneur parla à la Samaritaine! Que j'aime cet endroit de l'Évangile! Dès ma plus tendre enfance, sans comprendre comme maiideaant le prix de ce que je deman<lais, je suppliais très souvent le divin IMailre de me doimer de cette eau admirable; et partout où j'étais, j'avais toujours un tableau qui me représentait ce mystère, avec ces paroles écrites au bas : Seigneur, donnezrmoi de cette eau » {Vie, ch. xxx).

4" Après avoir dit que, dans le combat de l'oraison, il faut être bien décidé à « ne jamais tourner le dos, quoi qu'il arrive », la sainte continue ainsi : « [SI telle est votre résolution], ne craignez point que Notre-Seigneur vous

DÉSm DE L'UXION MYSTIQUE. 4«5

laisse mourir de soif; au tunlruirc, U tous invite à boire de celte eau. Je voo» ai d(*jà parlé de celle tendre invitation du Sauveur, mais je ne saurais trop tvyia Ut rappeler, tant je désire vous prémunir contre le découragement où loinbeot les diues à qui riaénaiiabie bonté de Dieu ne s'est encore révélée que par la fui, et qou par une conuaissanrt expérimentale. C'est un immense avantage, je l'avoue, que «iavoii éprouvé son amilié, et à'axoir senti les délices dont il inonde les âmes dans le chemin de l'oraison... Aussi je ne tn'étwne pas que les personnes qui n'ont point éprouva ces faveurs, veuillent avoir qutlijue assurance que Dieu paiera les sacrifices qu'elles lui auront faits. Eh bien! le divin Maître promet, vous le savez, le centvple dès cette vie, et de piu^ il dil : Demoadei et vous recevrez. Si vous n'ajoutez pas foi à ce qu'il dit lui-même, dans soa Évaa^ik, c'est en vain que je me fatiguerais à vouloir vous le persuader >* (Chemin, fin du ch. ixv).

••. — S' Jean de la Croix :

io ■ Le désir ardent de Dieu e»t, en lui-même, une disposilion pour s'unir i lui » (Vive Flamme, str. 3, ver» 3, § 3'-

2" Après avoir dit que pai- oommefu^ants il entend ceux qui s'eiercent encore à la méditaliou, il ajoute :

« ParioAS d'abord de certaines imperfections des commeuçaots. Ils saisiroQt par là l'infériorité de Tétat où ils sont, el cette vue les excitera à désirer que Uieu les mette en celte nuit, où l'àme se fortifie dans l'habitude des vertas et goûle les délices ineffables de l'amour divin » [Naii, l. l, ch. i).

3° Après avoir parlé des faveurs dues au ministère des aoges, il en vient à câlle que D'u^u seul peut procurer, c'est-à-dire l'union m^'sliquc, et dépeint le désir qu'on a d'y arriver :

- Ces faveurs sont Loutes divines, elles sont très élevées; le Seigneur luimême <w e'^l l'auteur. On peut les comparer à une sorte d'attouchement subs- ' l'union de 1 àmc avec Dieu... Ce sont ces attouchements qœ

. Lt use du Cantique, en disant: « Qu'il me donne nn baiser de sa

bouche » (CattL, i, 1). Cette union est la plus étroite qu'on puisse avoir en rfîlte vie avec Dieu; aussi l'âme la désire avec ardtur et l'estime plus que toutes les autres faveurs que Dieu peut loi faire. C'est pourquoi l'Épouse, après avoir chanté les grftces nombreuses dont elle a été l'objet, et »i«? se trouvant pas aicore rassasiée, demmnde avec instance ces attouchements divins, s'écriant ■ « Qui me donnera, 6 mon Grère,... de vous rencontrer seul dek«rs et de vous donner un baiser 1 » (fiant., vui, 1]. Elle exprime par ià son désir le la communication que Dieu fait par hii-mêrae, à l'écart et à Pinsu des créatures ^ [Xuit, 1. il, ch. xxni).

1 1 . — Denis le Mystique :

« Nous ambitionnons d'entrer dans cette olMCirHé très Imiaense, et de voir et de connaître, grâce précisément i Botr« aveugloDent et â notre ignorance mystique, celui qui écbAppe à toute contemplation et â toute conDiissance » (Tkéoi. myst., ch. u).

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