‹ Des grâces d'oraisonChapitre 167 sur 199 · M""* Guyon · texte numérisé non relu

M""* Guyon

!• Jusqu'ici l'âme s'est bien laissé dépouiller des dons, grâces, faveurs, faci-

LE QUIÈTISME. 545

Hté au bieii; elle a perdu toutes les bonnes choses, comme les anstéritéSj le soin des pauvres, la facilité à aider le prochain, mais elle n'a pas perdu les divines vertus. Cependant ici il les faut perdre quant à Tusage » {Les Torrents, part. I, ch. VII, n' 25).

t«" « Si [l'âme parfaite] voulait s'humilier, elle en serait reprise comme d'une infidélité; et même elle ne te pourrait faire, parce que l'état d'anéantissement par lequel elle a passé, l'a mise au-dessus de toute humilité. Car pour s'humilier, il faut être quelque chose et le néant ne peut s'abaisser au-dessous de ce qu'il est : l'état présent l'a mise au-dessus de toute humilité et de toutes les vertus » {Les Torrents, part. H, ch. i, n° 4).

3* Parlant des âmes qui pratiquent « le moyen court », c'est-à-dire l'inaction par système : « De toutes les âmes, il n'y en a point qui pratiquent la ^ertu plus fortement que celles-ci; quoiqu'elles ne pensent pas à la vertu en particulier » {Moyen court, ch. ix, 1). Ainsi, moins on y pense, plus on y réussit!

4° Parlant des âmes arrivées à l'abandon parfait : « 11 n'y a point pour elles de malignité en quoi que ce soit, à cause de l'unité qu'elles ont avec Dieu qui, en concourant avec les pécheurs, ne contracte rien de leur malice, à cause de sa pureté essentielle. Ceci est plus réel qu'on ne peut dire x {Les Torrents, part. II, ch. n, n« 1). Ainsi on ne pèche pas en concourant au péché.

« [Celui] qui n'est plus ne peut [plus] pécher » {ibid., n? 3).

5° «< L'abandon parfait qui est la clef de tout Vintérieur, n'excepte rien, ne réserve rien, ni mort, ni vie, ni perfection, ni salut, ni paradis, ni enfer... Que craignez- vous, cœur lâche? Vous craignez de vous perdre? Hélas 1 pour ce que vous valez, qu'importe? » {Les Torrents, part. II, ch. i, n" 9).

6» « Il faut laisser tomber [laisser de côté] vos défauts, lorsqu'on vous les montre, sans sortir de votre immobilité foncière, pas môme par un désaveu. Ce que je dis est hardi; cependant c'est votre état. Dieu ne vous montre jamais une faute passée, pour vous porter à y remédier; mais il le fait comme un jardinier habile, qui montre à son enfant les mauvaises herbes, sans lui permettre de les arracher; il le veut faire lui-même » {Lettre à Fénelon, de la collection Masson, n^ 49. Voir encore lettres 92, 109).

4t. — Propositions des quiétistes italiens, cités dans la Circulaire du Saint* Office, en 1687 :

M Les contemplatifs doivent être tellement dépouillas de l'affection à toutes choses, qu'ils rejettent loin d'eux et méprisent même les dons et les faveurs de Wms et perdent jusqu'à Vnmour des vertus, etc. » (prop. 18). « Si dans le temps de la contemplatirn, il survient des pensées terrestres et animales, il ne faut prendre aucun soin de les chasser, ni recourir à aucune bonne pensée, mais au contraire prendre plaisir à ce tourment» (prop. 15) (document cité dans l'édition Lâchât de Bofsuet, t. XVIII, p. 679).

I 6. — 8ar Tattenta de la motion divine.

49. — Tauler dépeignant les quiétistes du nv« siècle : « Il y a de faux contemplatifs. Ce qui les caractérise, c'est que le repos LIS fiiucis d'ohaiso.h. 35

546 CHAPITRE XXVH.

intérieur auquel ils s'abandonnent, est purement naturel; c'est une Traie oisivettV Ils s'imaginent être exempts de péché, unis immédiatement à Dieu, affranchis de toutt^s U"s lois divines et humaines, dispensés de toutes les bonnes œuvres. Leur principe erroné est que ce vide est tf-'lmnent noble et parfait, qu'à tout prix il faut empêcher que rien ne vienne le troubler. Dès lors, ils rejettent tout ce qui pourrait les as.sujettir, et ne veulent se livrer à aucun travail, ni bas ni élevé. De môme qu'un outil attf^nd, sans rien faire, que soa mattre l'emploie, de môme Us attendent dans l'inaction l'opération divine. Car ils croient que cette opération serait empévhée par la leur. Ils restent immobiles sans s'exercer à aucune vertu. Voulez-vous connaître le di'tail de leur conduite? Le voici en deux mots : ils ne veulent ni remercier Dieu, ni le louer, ne rien éprouver, rien connaître, rien aimer, rien demander, rien désirer. Tout cela, disent-ils, est nuisible ou coupable. Car tout ce qu'ils pourraient demander, ils croient déjà l'avoir. Ils se prétendent arrivés à la pauvreté d'esprit puisque, croient-ils, ils n'ont aucune volonté propre, et qu'ils ont renoncé à tout choix personnel » (2* sermon pourle i'^ dimanche de carême). Ce passage est tiré presque textuellement de Ruysbroeck, Omem. des noces, 1. II, ch. uxvi.

4L9, — Les quiélistes d'Italie (d'après la Circulaire déjà citée) :

« Tout acte ou affection intérieurs, bien que produits avec réflexion dans une vue de fei, ne peuvent être agréables à Dieu, parce qu'ils naissent de l'amour-propre, chaque fois qu'ils ne sont pas inspirés par le Saint-Esprit avant toute ajtplicatiou et industrie de notre part. C'est pourquoi dans la contemplation ou dans l'oraison d'affections, il faut detneurer oisif, en attendant le souffle niiraculeux du Saint-Esprit » (prop. 16).

SO. — Molinos :

<f Si à l'occasion de la communion, il s'élève dans l'âme des sentiments d'humilité» de demande ou d'action de grâces, il faut les réprimer chaque fois qu'on ne verra pas s'ils viennent d'une impulsion spéciale de Dieu; autrement ce sont des impulsions de la nature qui n'est pas encore morte » (prop. 32).

Bl. — M»* Guyon :

1» « S* Pa«l veut que nous nous laissions mouvoir par l'Esprit de Dieu... L'àme doit se laisser movmoir et porter paj" l'esprit vivifiant qui est en eîle, [en] suivant le mouvemeat de son action, et n'en suivant point d'autre » (Moyen court, ch. XII, n° 1). « Une image qui se remuerait empêcherait le peintre de contretirer un tableau sur elle. Tous les mouvements que nous faisoas par notre propre esprit empêchent cet admirable peintre de travailler et font faire de faux traits (I). Il faut donc demeurer en paix et ne nous mouvoir que lors'juil nous ntevl... C'est l'esprit de l'Église que l'esprit de la motion divine... Or l'esprit de l'Église ne doit point être autre dans ses membres qfo'il est dans elle-même. Il faut donc que ses membres, pour être dans l'esprit de l'Eglise, soient dans l'esprit de la motion, divine » (ibid., n" 5). a Les actions faites par un principe divin sont des actions divines, au lieu que les actions de la créature, quelque bonnes qu'elles paraisaent, sont des actions humaines (2); on tout au plus vertueuses, lorsqu'elles sont faites avec la grâce...

(1) Non : s'il y a des mouvements qui empècbeot l'action divine» il j en a d'autre»<qvi la favorisent.

{%) Ce paaoBge eal du galimatias. Les actioas diriaes aoat «a mècne lewpe tauaaaMtea et

Lli Ql^iini:5.\n: 547

Il if>r lieu à la vie ôr Jésus-Christ de s'teouler en nous, ce qui ue se

ji. iie par... la perte de notre propre action « {ifAd., n» 6. Voir encore

2" Cette âme « ne saurait lui rien demander [à Dieu] ni rien désirer, à moins que ce ne fût lui-même qui lui en donnât le mouvement ; novL qa'elle m<'pri>e i 11 les cou^olaUons ditines...; mais cVst que ces sortes de

^âces nt' .- -uèrc de saison pour une âme aussi anéantie qu'elle j'est,

et qui est établie dans la jouissance du centre, et [qui] ayant perdu toute volonté dans la volonté de Dieu, ne peut plus rien vouloir » l'Sur le Cantique, ch. vui, V. 14). -' •

3» Éloge de l'action autom.itiquo : « Vous demanderez à cette ârae : Maisqm vous porte à faire telle ou telle chose? C'est donc que Dieu vous l'a dit, vous l'a fait coniwitie ou [vous] a fait entendre ce qu'il voulait? — Je ne connais rien [répond-elle], je n'enleuds rien, je ne pense pas k rien connaître... — Mais pourquoi faibes-vous cela plutôt que ceci? — Je n'en sais rien, ie me laisse aller à ce qui mentralne... Aussi ne suis-je capable d'entendre nulle raison ni d'en rendre aucune de ma conduite... J'agis cependant infailliblement, tandis que je n'ai point d'autre principe que le principe infaillible » {Les Torrents, part. H, ch. n, n» 1).

6%. — Bossuet :

1» « Les nouveaux mystiques vous disent souvent qu'ils font dos demandes,... qu'ils ont dos dévotions particulières aux mystères de Jésus-Christ, commeà sa croi.\ ou à son enfance; maisce n'estrien dire, puisqu'ils entendent qu'ils font de tels actes, y étant poussas par une inspiration extraordinaire et particulière à certains états, et aussi que, pour en produire. Us attendent toujours cette insijiration... Au lieu de dire, comme on fait : Si le Saint- Esprit agit eu nous, il n'y a qu'à le laisser faire, il faut dire au contraire : S'il agit en nous, s'il nous excite à de saints gémissements, il faut agir ut?ec lui, gémir avec lui, acec lui s'exciter soi-même, et faire de pieux efforts pour enfanter l'esprit de salut >» {Éfats d'oraison, l. III. n"» H et 12).

2<> On a tort de se croire << livré à la grâce, quand on est dans la pure attente, sans vouloir agir de son côté ou s'exciter soi-même à agir.

« Demeurer dans l'attente d'une disposition extraordinaire, c'est lentvr Dieu... Par ces attent<^s, on veut avoir un témoignage qu'on est mû de Dieu par quelque chose d'extraordinaire, comme si on était d'un rang particulier, et que le commandement donné à tous les fidèles ne nous suffise pas. C'est donc remettre l'amour-propre sur le trAne, que de rechercher cette singularité et de vouloir qu'il y ait pour nous des impulsions particulières, sans lesquelles on ne veut rien faire » (Lettre !'• à .M*' de Maisonfort, demandes 17 et 42; édition Lâchai, t. XXVIi, pp. 327, 346. Voir encore États d'oraison, 1. III, n" 9, p. 433).

3° « Une des raisons qu'on allègue est qu'il ne faut point prévenir Dieu, puisque c'est lui qui nous prévient; mais seulement le suivre et le seconder : autrement ce serait agir de soi-même. Mais c'est là réduire les âmes à l'inac-

Ict tctiooi • bonDM • Cl • virrtu<ru»es • «ont dtviii««. Ce qu'«ll« voudraitt c« «erail fa*»n Ht det action* pureneoi divine c« qui et( iapotiible.

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tion, à l'oisiveté, à une mortelle léthargie. Il est vrai que Dieu nous prévient par son inspiration; mais comme nous ne savons pas quand ce divin souffle peut venir, il faut agir sans hésiter comme de nous-mêmes, quand le précepte ou l'occasion nous y délerminent, dans une ferme croyance que la grâce ne nous manque pas... On doit toujours tâcher, toujours s'efforcer, toujours s'exciter soi-même...; et croire avec tout cela que, quand on tâche et quand on s'efforce, la grâce a prévenu tous nos efforts » {Étals d oraison, tr. I, 1. X, n° 2i).

4" « Tout chrétien qui fait bien... est excité et il s'excite lui-môme; il est poussé et il se pousse lui-môme, il est mi^ de Dieu et il se meut lui-même... Il n'est pas permis, pour agir, d'attendre que Dieu agisse en nous et nous pousse [c'est-à-dire que nous le sentions]; mais il faut autant Agir, autant nous exciter, autant nons mouvoir, que si nous devions agir seuls, avec néanmoins une ferme fol que c'est Dieu qui commence, achève et continue en nous toutes nos bonnes œuvres » (^Lettre i** à M^»* de Maisonfort, demande 53; édition Lâchât, t. XXVII, p. 346).

RARtTÉ OU FRÉQCF.NCE DES ÉTATS MYSTIQI'ES

§ 1. — Divers cas à examiner.

t. — Souvent on discute ce problème : Les états mystiques sont-ils rares ou fréquents? D'habitude, les réponses sont vagues ou contradictoires; ce qui tient à ce que l'on ne commence pas par préciser ce qu'on entend par être fréquents. Voici deux «Ignlfleatlons que je vais examiner. On veut savoir : 1* s'il y a des confesseurs encore vivants qui aient rencontré plusieurs personnes arrivées à l'état mystique; 2" s'il y a de ces personnes dans la plupart des grandes villes ou des congrégations religieuses ou des couvents nombreux.

9. — Parlons d'abord des c«nffesseurs. Plusieurs témoignent que, dans le cours de leur ministère, ils ont rencontre des âmes favorisées de dons extraordinaires; c'est là ce qu'ils veulent dire en assurant que ces dons ne sont pas rares.

D'aulres coml>atfent cette conclusion : « Car, disent-ils, j'ai prêché beaucoup de retraites; j'ai beaucoup confessé dans les couvents; je n'ai rien découvert; donc il n'y avait rien. » On peut leur répondre que peut-être les cas n'ont pas manqué; mais que diverses circonstauces ont empêché qu'on ne leur en fit confidence. Le plus souvent, l^s Ames favorisées ne trouvent aucune utilité à consulter un confesseur de passage. Les unes, déjà sûres de leur voie, ne veulent pas qu'on la remette en question ; les autres souffrent du mmque de lumière, mais ont été ballottées par tant d'examens qu'elles n'osent recommencer, à moins d'avoir la preuve qu'elles seront comprises et reçues avec bonté.

Mais alors comment s*y prennent ceux qui réussissent à délier

les langues? - - D'abord il faut faire la part du hasard, ou mieux, des conduites secrètes et miséricordieuses de la Providence. Puis on peut avoir entendu parler avantageusement de ce directeur au point de vue de l'oraison. Il arrive aussi qu'une première personne qu'on a aidée vous met en relation avec d'autres. Enfin les hommes qui ont étudié la mystique devinent parfois les Ames à de très légers indices. On leur disait quelque phrase vague, pouvant s'interpréter comme indiquant au moins l'oraison de simplicité. Ils la relèvent et demandent plus ample explication. Le pénitent, voyant qu'on semble le comprendre et s'intéresser à lui, s'enhardit à ajouter des détails auxquels il ne songeait pas, ou môme qu'il s'était promis de taire. Peu à peu la communication s'établit complète.

S. — Passons au second point de vue : rencontre-t-on dans tel «a tel millea des personnes favorisées?

D'abord, je crois qu'on en trouve dans la plupart des grandes villes parmi ceux qui s'adonnent sérieusement à la piété, et visent à la perfection ; même quand ce sont dus personnes du monde (1).

Ces états sont plus fréquents dans les communautés religieuses et surtout dans les couvents cloîtrés. On devine qu'une vie de recueillement est propre à favoriser les grâces d'oraison.

4. — D'après S'® Thérèse, on les rencontre beaucoup plus souvent chez les femmes que chez les hommes. S' Pierre d'Alcantara, dit-elle, « en donnait d'excellentes raisons, qui étaient toutes en faveur des femmes » {Vie, ch. xl) (2). Ces raisons sont pt-utètre que les hommes sont moins aimants, moins humbles et qu'ils dédaignent ce genre de grâces.

(1) ScaramelU, qui vivait dans la première moitié du xvm* siècle, commence son livre en s'excusani d'écrire sur la mystique, lui qui, depuis trente ans, est employé à l'exercice des missions. • La mystique, dit-il, ne semble point un sujet d'étnde convenable pour celui qui passe une grande partie de l'année au milien delà multitude, et dans le tumulte des réunions populaires, tout entier occupé à retirer les âmes coupables du bourbier du Tice. Cependant le désir d'aidpp les âmes contemplatives m'u été inspiré au sein même des missions. Il est, en eiTet, deux choses que j'ai comprises et comme touchées du doigt dans l'fxercice de mon ministère. La première, c'est qu'il se rencontrée peu prés en tout lieu quelque àrae que Dieu conduit par ces voies extraordinaires à une haute perfection. La se«ionde, c'est qu'il y a grande pénurie de confesseurs expérimentés qui entendent bien la conduite de Dieu dans ces âmes. Aussi le plus souvent ces directenrs craignent avec raison d'entreprendre le soio de ces àioes, ou bien ils reatrepreoneut témérairement > (tr. 1, n" 1,2).

(2> Scaramelli n'admet les raisons favorables qu'avec quelques petites restrictions (tr. 4, n° 26i^.

Toutefois nous exagérons souvent la rareté de ces faveurs chez les hommes. Ils les cachent bien plus facilement, soit parce qu'ils ont moins besoin de consulter, soit parce que leur entourage a moins d'occasion de les observer.

Le P. Tanner, dans sa Préface des Œuvres de la V*^" Marine d'Escobar (édition latine), va plus loin. Il soutient que les hommes reçoivent autant de grâces extraordinaires que les femmes, mais qu'on en parle moins, parce qu'elles sont d'une espèce plus intellectuelle, qui ne prête pas aux descriptions.

11 y a une opinion intermédiaire entre les deux précédentes. Elle consiste à dire que les femmes ont plus souvent les degréb inférieurs de l'union mystique ; mais qu'il y a plus d'hommes à arriver à l'extase. Le D' Imbert en donne deux preuves. « J'ai pris la peine, dit-il, de compter dans le Martyrologe franciscain d'Arturus, dans le Ménoioge de Hueber et le Leggendario francescaiio de Mazzara tous les extatiques de l'ordre qui y sont mentionnés : ils sont au nombre de 500, dont VOO hommes et 100 femmes « (t. II, ch. XXV, p. W5). Il ajoute cet autre argument : « Il suffit de lire à la fin du martyrologe romain la liste alphabétique des saints, pour constater que le sexe masculin y domiue ; il y a au moins six fois plus d'hommes que de femmes, n Or il est peut-être admissible que la proportion relative des extatiques ne diffère guère de celle des saints.

ft. — Voilà, je crois, les réponses géné^rfile» qu'on peut douner. Pour eu dire davantage, il faudrait Je véritables statistiques; elles nous manquent absolument.

S. — On a, eu outre, quelques renseignements sur c«rt»iiu proupea à des époques déleriuiaéea. (/est ainsi que S'" Thérèse dit que l'état uiystitjue est fréquent. Elle parie surtout de ses filles (1).

(1) Quatre <ra cinq ass après sa première fondation, elle écrit : • II y a un tr^t gramâ nombre d'Ames qui arrirent à la qaiétod«, mais cclMs (\\ii passent plus avant sont rarss, et je ae sais à qni es Mt la faste. Trèa eertain<>ni^ut, elle n'aat ftaa du côté de Dieu, pour l<ii >r.r.-v \roir aceordi «ne si haale faveur, il ne eease plus, selon moi, d'en pr louvclles, à moins que notre iniidélité n'en arrête le

coure... Grande est . uuand. oarnii tant d'ftnies qui, à ma eûniutêftancf.

arrirt'Ul junque-U jl i%aer outre, j'en voiv

le fassent, (|ue J'ai t)> ' : is d'une inaiiiôro abs' .

nombre des Amea qui fruttciuftaeul oa «k^fre «oit petit-, nul doute que ee« Aium d'élite ne soient très nombrouses dans rÉgli»e,... mais Je dis et fus foi vm • ( Vie, eh. XV).

Environ s(?pt ans après, la sainte donne des rcnseignementi encore plus eonoo-

Dans l'histoire des dotniaicaines d'Uuterliiiden, à Coluiar, on voit, dans un espace de cent ans, kk religieuses favorisées des dons les plus élevés. Les historiens ajoutent qu'il y en eut beaucoup d'autres dont les chroniques ont négligé de parler (De Bussières, Les Mystiques d'Unlerlmden).

Le paragraphe suivant traitera d'un groupe spécial : les saints canonisés.

• bis. — Dans ce qui précède, je n'ai parlé que de l'état mystique proprement dit. Pour la nuit du sens. S* Jean de la Croix pense qu'elle « est fréquente et arrive à beaucoup de personnes ». Il ajoute : u Les personnes recueillies sont soumises à cette épreuve plus vite que les autres, et habituellement dès leurs débuts dans la vie intérieure... Il ne se passe guère de temps sans qu'elles entrent dans cette nuit » {Nuit, 1. I, ch. viii). Voir encore Vive Flamme, str. 3, n° 3, § 5.

La fréquence est encore plus grande pour l'oraison d'affection ou de simplicité. « En général, dit le P. Balthasar Alvarez, [le mode de prier par affections et en discourant peu] est du grand nombre. Le plus haut point de perfection dans ce mode de prier [c'est-à-dire l'état mystique] est du petit nombre, vu que les parfaits sont toujours peu nombreux » {Vie, ch. xli, 7* difficulté).

§ 2 — Tous les saints ont-ils en l'état mystique?

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