II. LE FOND DE L'OUVRAGE. xxjii
des stigmates naturels, des extases naturelles? L'auteur divise en trois points la question Y a-l-il? Il répond sur chacun des points : 1" Est-ce possible? Je ne sais. 2° Y en-a-t-il? Je ne sais. 3° Que penser des cas allégués? En fait, ou il n'y a pas vraie lévitation, vrais stigmates, vraie extase, ou il n'est pas prouvé que ce soit naturel (§ 1-3).
Nature de l'union et de la vision mystique (§4). Je relève cette question, parce que souvent on attribue, ou Ion parait attribuer à Tauteur une opinion qui n'est pas la sienne. « Les théologiens, dit-il, sont à peu près unanimes pour affirmer que les visions mystiques de la Divinité ne sont pas de môme espèce que la vision béatifique. Je me range à cette opinion commune » (xxxi, 28).
La bibliographie qui clôt le volume, abondante, intéressante par les remarques personnelles, bien ordonnée suivant l'ordre chronologique, porte témoignage à la grande érudition mystique de l'auteur — d'autant qu'il semble avoir pris contact avec tous, ou presque tous les ouvrages qu'il cite (1).
Le lecteur remarquera lui-même le sentiment profond qui anime le Cantique de l'union mystique, à la fin du volume, et la forte poésie qui exprime ce sentiment. C'est la seule page du livre qui nous ouvre quelque jour direct sur l'âme de l'auteur. L'homme se laisse entrevoir çà et là au cours de l'ouvrage; mais le poète et le mystique ne se montrent qu'ici (2).
Les trois tables (analytique, des principaux noms propres, du contenu suivant les titres des parties, chapitres et autres divisions) rendent les recherches relativement faciles.
{1; Il va pourtant des erreurs et des lacunes. Le P. Scheuer, S. J., professeur au scolasticat do Louvain, avait recueilli d'abondantes indications bibliographiques; mais les secousses de la guerre les ont éparpillées. Voir ci-dessous, n. 38.
(2) A part, pour le mystique, les rares passages, analogues à celui que j'ai cité au début de cette étude, où l'on peut voir, si l'on veut, un retour sur soi.