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La définition des états mystiques

J'arrive maintenant aux questions d'ordre spéculatif. La plus importante de celles où j'aie quelques réserves à faire, ou quelques compléments d'information à donner, touche â l'essence môme de l'état mystique, aux deux caractères fondamentaux de l'état mystique, tels qu'ils nous sont donnes par l'auteur aux chapitres v et vi.

Le premier est « la présence de Dieu sentie » ; le second^est le sentivisions et de nivélations, où .Notre-Seigneur e«i toujours en scônc. bavardant, si j'oso dire, avi'c l'ànip, lui disant beaucoup de bonnes choses pieuses, mais banales, et quelques autres pas banal»*, mais fort douteuses, le tout plus fait peul-<^lre pour amuser la curiosité, pour nourrir une sentimentaliU^ vaine et parfois maladive, que pour instruire et pour «•difler. — Je pensais spécialement en ('■crivant CCS lignes à un livre condamné depuis par le Saiot-Offlce : Sœur Ger(nid»Marie,

OKACES d'oraison. C

xxviii INTRODUCTION A I.A DIXIKME ÉDITION.

ment d'une « certaine possession intérieure de Dieu », par « une sensîition iulimn d'imbibition, de fusion, d'immersion », par une sorte « de toucher intt^ricur ».

Ce que dit l'auteur me parait vrai et semble répondre pour lui à une expérience vécue, ù une constatation expérimentale. Les textes cités k la fin des doux chapitres confirment pleinement les deux thèses. Je n'aurais donc qu'une petite remarque à faire, si je ne croyais devoir attirer l'attention sur un élément essentiel.

La remarque est celle-ci. Il y a, je ne sais quoi d'obscur ou d'imprécis dans la distinction des deux caractères « fondamentaux », je ne sais quoi do g«^né dans l'énoncé de la seconde thèse (vi, 8), et dans la manière dont sont amenés les sens spirituels dans l'exposé préliminaire. Simple question de rédaction, peut-être. L'auteur veut, je crois, préciser, dans cette thèse, ce qu'il a énoncé plus vaguement dans la première. Comme s'il disait : « L'état mystique consiste en la présence sentie de Dieu. Comment sen/oH*-nous cette présence? Par une sorte de sensation spirituelle. Cette sensation spirituelle est analogue à celle que nous avons par l'un ou l'autre de nos cinq sens corporels. Cependant les mystiques n'emploient pas les mots voir ou entendre pour les degrés inférieurs à l'extase, mais seulement ceux de goûter, sentir (au sens restreint d'odorat), toucher. C'est ce toucher spirituel qui paraît être lacté premier, fondamental, de la sensation mystique, antérieur au goûter et au sentir, auxquels il sert comme de substratum ». On peut donc ramener cette première sensation de Dieu (analogue, dit lauteur, à celle que nous avons de notre corps quand nous fermons les yeux et restons immobiles) à une sorte de toucher spirituel. D'après cela, il semble que les deux caractères indiqués par l'auteur n'en fassent qu'un, désigné par le mol présence sentie et expliqué par l'analogie des sens spirituels, notamment du toucher. Il est vrai, l'auteur parle, dans la seconde thèse, d'une possession intérieure de Dieu par une sensation à.' imfnbilion , d'immersion, de fusion; mais tout cela n'est qu'une description de cette présence sentie dont il est question dans la première thèse.

H. L'élément affectif des états mystiques.

A cette remarque sur l'énoncé, qu'il me soit permis, comme à l'aveugle qui discuterait des couleurs, d'ajouter quelques réflexions sur le fond des choses.

On a reproché au P. Poulain de n'avoir pas mentionné l'amour dans sa définition de VéUX mystique. Il a lui-même relevé l'objection

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