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III. CRITIQUES ET CONTROVERSES. xxu

dans la neuvième édition, en ajoutant an § sur ce point (c. v, 21 bis) : « On m'a demandé, dit-il, pourquoi je ne parle pas dès maintenant des sentiments damourqui accompagnent l'union mystique, pourquoi j'attends au chapitre xi. Ces sentiments, me dit-on, font essentiellement partie de cette union: ils en sont un élément fondamental. Il semble donc qu'il faudrait en parler des le début. Je réponds qu'on ne peut pas s'occuper de tout à la fois. Puis, ces sentiments ne sont que la conséquence dfe la connaissance d'un genre nouveau qui caractérise Tunion mystique. C'est cette connaissance qui est le véritable élément fondamental, le point de départ nécessaire de la description. Il faut commencer par concentrer le travail sur ce sujet capital et difDcile. »

La réponse n'est pas sans valeur. Cependant le reproche me parait fondé, du moins en partie L'amour n'est pas oublié; mais il vient un peu tard, effacé, comme septième « caractère de seconde espèce ». dans la description de l'union mystique. Il est vrai, l'auteur ne définil pas, il décrit; il ne dit pas caractère u accessoire », ni « secondaire »; et il le regarde, ainsi que les neuf autres, auxquels il le joint, comme faisant partie intégrante de ce tout concret qui est l'état mystique. Je crois pourtant qu'il aurait dû le mettre parmi les caractères fondamentaux, non pas comme premier, ni second ou troisième, — car nous avons vu que le premier et le second ne font qu'un, — maiâcomnae déterminant nécessaire de la sensation (ou du sentiment) qaj nous est donné, au chapitre v, comme constitutif de l'état mystique, et expliqué, aa chapitre vi, par l'idée des sens spirituels. Il aurait donc fallu dire quelque chose comme ceci :

« L'étal mystique consiste avant tout dans un sentiment amoureux de la présence ou de l'action divine en nous que l'on peut comparer à une sensation » ; ou, pour me rapprocher davantage des formules de l'auteur : « Le fait fondamental de l'union mystique est la présence ou l'action de Dieu en nous, sentie et goûtée par le cœur » (1). La connaissance que l'âme a de Dieu n'est plus une connaissance abstraite : c'est une connaissance expérimentale, analogue à celle que nous avons par les sens, et c'est ce qu'exprime le mot pn-sence ou action sentie; mais ce n'est pas une connaissance expérimentale quelconque : c'est une connaissance amoureuse, goûtée par ie cœur, savoureuse et savourée. On pourrait dire, avec Pascal, que c'est Dieu sensible au cœur, en donnant au mot sensible sa force étymologique. Len mystiques entendent leur état comme un état afTectif, et si le mot

(1) Le P. de .Maumigny, comme nous 1^ Terrons, a fait sa place ft Taonour (Lias la déHaitioa même de la coatcniplation mystique.

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