INTRODUCTION A F.\ DIXIÈME ÉDITION
vient plus l'imaginalion, et qui, par là môme ne sont pas conformes au mode d'agir habituel de rentendement humain, mais à celui des anges », c'est-à-dire « ce qu'il y a de plus caractéristique de la vie mystique »; 2) de rejeter ou de minimiser les « sens spirituels » par lesquels, « suivant la doctrine des meilleurs maîtres et Texpérience des grands contemplatifs, à travers les voiles de la foi, se perçoit en quelque sorte le divin — allant parfois jusqu'à paraître nier tout à fait (1) cette merveilleuse et indéniable perception surnaturelle, comme si elle était incompatible avec l'état de « voyageur »... soutenant que tout cela est pure métaphore; que, suivant la tradition, il n'y a pas d'autre connaissance de Dieu que l'abstractive et la faciale, et qu'ainsi il ne reste pas place pour la perception concrète par sensations spirituelles (2). >) Mais, comme le P. Garrigou-Lagrange, il est d'accord avec lui pour regarder les états mystiques comme le développement normal de la vie spirituelle, de la tendance vers la perfection de la charité, eu sorte que toute âme qui travaille sérieusement à se purifier de ses fautes et de ses défauts, qui marche généreusement à la suite de Jésus dans la pratique des vertus chrétiennes, qui tend à l'union avec Dieu dans la fidélité à la grâce et la parfaite conformité de volonté à la volonté divine, qui va par la voie unitive, marche par là même vers l'union mystique, laquelle n'est pas autre chose que la perfection de la charité. Voici à ce sujet, les formules mêmes du P. Arintero, qui dit se distinguer de M»"" Farges (et du P. Poulain) sur les trois points suivants, lesquels, en fait, se ramènent à un :
« 1° Notre-Seigneur offre à tous de se manifester à eux et de leur donner la récompense de la béatitude commencée (3), si elles ont pour lui un véritable amour.
« 2" Tous nous avons les sept dons du Saint-Esprit, avec lesquels nous pouvons arriver, en étant fidèles et dociles, à la plénitude de la vie et de l'intelligence, et partant à l'union fruitive ou mystique. Et sans cela, nous serons toujours des enfants qui jamais n'atteignent l'âge de discrétion, ou de l'homme parfait, gui exercitatus habel sensus (les sens spirituels). Et, plus encore, nous serons les « serviteurs paresseux » (de l'évangile) , pour n'avoir pas cultivé les talents reçus au baptême.
« 3» La transition de l'ascétique à Ta mystique est toute graduelle, insensible, comme celle de l'enfant à l'adulte; et la perfection ne peut être que dans le plein développement de la grâce baptismale : Per' fectum, cui nikil deest.
(1) Une note explique qu'il ne la nie pas absolument.
(2) Cuesliones misticas, p. 51 et 56.
(3) C'est-à-dire l'état mystique.