UL INTRODUCTION A LA DIXIÈME ÉDITION
dont la contemplation est expliquée comme un acte de la vertu de foi actionnée par le Saint-Esprit, dont la louche fait vibrer les dons. Qu'elle s'exerce dans le monde de la foi, non dans celui de la vision directe et immédiate, soit; qu'elle no soit qu'un acte spécial de la vertu môme de foi, c'est possible; mais, comme dit le P. Arintero, notre analyse des activités possibles de l'àme humaine sous l'action divine est-elle si parfaite que nous devions les ramener toutes au jeu des vertus et des dons? Si la réduction de l'acte contemplatif à un acte de foi reste douteuse, celle de l'amour infus (inhérent à l'acte contemplatif et inséparable de lui) à l'acte de volonté qui commanderait cet acte de foi contemplative, reste douteuse aassi^ et à plus d'un titre. Il y a là des constructions puissantes; gardons-nous de les prendre pour des explications certaines, pour des vérités acquises. Voir n. 39,2.
La même remarque s'applique beaucoup plus encore au § 4, sur la place de la contemplation mystique dans l'économie de la vie spirituelle. L'auteur tient compte des faits, et, parmi ces faits, j'en dégage trois que semblent oublier ou nier certains théoriciens de la mystique :
1. Pour quelques âmes, les états mystiques commencent presque avec la vie chrétienne; pour d'autres, ils pourraient ne commencer qo'à « de très hauts sommets de grâce et de sainteté » (:288), La sainteté n'est donc pas fonction des états mystiques. — Mais voir i, t, note.
2. Beaucoup meurent sans arriver aux états mystiques, « si fidèles qu'ils aient été à la grâce qui leur était donnée ».
3. Cette grâce donnée ici-bas à des non mystiques, et à laquelle ceux-ci ont été fidèles, peut dépasser la grâce faite à des mystiques « déjà avancés dans la voie contemplative », puisqu'on suppose tel non mystique plus saint dans le purgatoire que tel mystique avancé.
Tenons compte de ces concessions. Elles nous permettent d'être plus sympathiques à l'opinion de l'auteur et de le suivre avec plus d'intérêt quand il nous explique comment, à ses yeux, la contemplation mystique est un développement normal de la vie spirituelle.
« La contemplation, par rapport au juste, dit-il, est à la fois surnaturelle et connaturelle » fi88). Pourquoi cela? En vertu dune « loi de la Providence sur la croissance et le développement de la grâce », d'après laquelle, « dans un sujet donné, passé un certain point où il peut parvenir par l'exercice humain des vertus et des dons surnaturels, il n'y aura plus progrès régulier et normal que par la voie passive » (287-:288). Celte loi de Providence existe-t-elle? En quoi consiste-t-elle? Cela est expliqué dans une note. Elle « consiste en ce que l'homme progresse par ses victoires sur l'amour-propre...