Les âmes mystiques
Il semble impossible de nier que certains tempéraments semblent plus aptes il l'éclosion des états mystiques. J'entends ici non seulement le tempérament physique, mais le moral, le tour d'esprit, les dispositions du cœur. Les âmes affectives, délicates et fines, réfléchies et intérieures, de tempérament nerveux, presque maladif, ne sont pas toutes mystiques; mais elles apportent quelque chose de mystique, au sens profane du mot, dans leurs allures et leurs affections; et il semble que, s'il y a des terrains en quelque sorte prédisposés aux grâces d'oraison mystique — et tout indique qu'il en est ainsi — elles le sont spécialement. Kn quoi consistent et jusqu'où vont ces prédispositions? Questions insolubles peut-être, mais questions qui se posent et qu'on ne saurait éluder. Elles sont donc à étudier. Si une étude attentive et sérieuse n'arrive pas à les résoudre toutes, elle aidera du moins à mieux discerner — chose possible en principe et réalisable eu pratique
— la mystique surnaturelle de la naturelle ou diabolique.
Mêmes remarques à propos de l'influence du milieu, des lectures, des circonstances extérieures sur l'épanouissement (ou l'atrophie) des grâces mystiques. Cette influence n'est pas toujours sensible, mais elle l'est souvent, tout comme celle du tempérament — et ce n'est pas seulement une influence du milieu, souvent elle est toute personnelle.