VIII. EXPLICATIONS COMPLÉMENTAmES. i.xixv
n'ôpale pas toujours le droit : et là-dessus je vous baise les mains, en protestant que je nai pas la moindre prétention à la comprience, mais seulement le désir de soumettre des vues à ceux qui sont corap<''tents. Que si vous avez eu la patience de lire ces lignes jusqu'au bout, vous y aui-ez vu du moins le très vif intérêt que jai pris à la lecture de votre article, lequel mérite assurément ma giatitude la plus entièie. A quoi je joins l'humble hommage de mon religieux et affectueux respect.
Maurice de la Tati.le.
P. S. — Voulez-vous me permettre de signaler un erratum d'apparence insignifiante? Je nai pas écrit de l'brigine de la contemplation qu'elle est « dans cet amour passivement reçu et dans la conscience de cette passivité, emportant Tintelligence au-dessus d'elle-même vers le Souverain Bien, auquel il la suspend dans une lumière ténébreuse » ; mais ceci : « elle est dans cet amour passivement reçu, et, dans la conscience de cette passivité, emportant l'intelligence », etc. C'est l'amour qui emporte l'intelligence et la suspend à son objet : affaire de virgules.
Par ailleurs, je n'ai pas maintenu dans mon opuscule que l'homme puisse sans la grâce contemplative arriver « à de très hauts sommets de grâce et de sainteté », mais seulement « à un niveau supérieur de vie spirituelle ». La première expression dépasse ce que je me crois en mesure d'affirmer avec certitude ; et non la seconde, qui est plus mesurée.
* Rome, 120 via del Seminario, 3 1 22.
Mon révérend et bien cher Père, P. C.
Certes, je serai llatté que vous insériez mes réflexions dans la J1..4. et dans votre Introduction. Mais comme je ne désire pas que celte lettre ait l'air d'une réclamation, mais quelle reste bien ce qu'elle est, un échange d'idées, et motivé par la reconnaissance que je vous devais pour votre obligeante critique, il me semblerait bon que l'exorde et la finale de la lettre ne fussent pas supprimés.
Les chefs d'arguments dont je parle relativement à la foi contemplative .«sont identiquement les mêmes dans Topuscule que dans l'article. Gluant à la question que vous me posez, ma réponse serait celle-ci. La contemplation est, à mon sens, un vrai acte de la vertu tliéologale de foi ; il s'y trouve : une adhésion d la fin dernière, sur te témoignage que se rend à elle-même la fin dernière, et par amour jwur la fin dernière. Elle n'appartient pas seulement A l'économie dont la foi fait partie, comme c'est normalement le cas pour les visions intellectuelles, lesquelles ne sont pas actes de foi, mais régulièrement fiarlant sont conditionnées par la pr^'sence de la foi. Donc, en rigueur, la contemplation est un acte de foi, parce qu'en die se retrouve l'essence même
ixxxvi INTRODUCTION A LA DIXIÈME ÉDITION.
delà loi Ihéolojjalc. Mais si quelqu'un, par acte de foi, entendait ce que communément on appelle lacté de foi, quelque chose d'appuyé à l'imagination, de conditionné par le savoir acquis des motifs historiques de crédibilité et de termim'" à des abstractions, assurément il ne faudrait pas dire que la contemplation est un acte de foi. Mais toutes ces circonstances de la foi commune ne sont pas intrinsèquement nécessaires au jeu de rinstinctus fUiei. Il s'en passe lorsque le divin objet de la foi se rend présent dans le don de cet amour de surcroit, de cet amour aux racines divines par où il se décèle. C'est ce que j'ai essayé d'expliquer par la distinction entre le point de vue du théologien et le point de vue du philosophe. Il ne me semble pas douteux que sur ce point l'enseignement de .saint Jean de la Croix soit on ne peut plus ferme. Et c'est par où il exalte la contemplation par-dessus tous les autres phénomènes dits mystiques (y compris les visions ou révélations intellectuelles) : toutes ces grâces << gratis datae », étant extérieures à la foi, peuvent faire tort à la foi; la contemplation ou oraison passive ne le peut pas parce qu'elle est un exercice de la foi. Il faut la cultiver autant qu'il faut au contraire se dégager des autres. Mais là-dessus il y aurait infiniment à alléguer, et je n'ai pas sous la main mes auteurs. Mais il faut remarquer que ce .serait bien dommage pour les contemplatifs si leur oraison n'était plus, ne pouvait plus être, un exercice de la vertu théologale. Il faudrait alors les presser de tout sacrifier et de se mettre en qoatre pour pratiquer de préférence la vertu théologale à laquelle ressortit l'oraison, et qui est la vertu de foi.
Maurice de la Taille, S. J.
40. — Bref du Pape Benoit XV au directeur de LVS. — Critiques du R. P. Garrigou'Lagrange. — Discussions de détail.
Le R. P. Garrigou-Lagrange m'a fait l'honneur de consacrer vingtdeux pages de La oie 5pm<ue//e (mars 1922, t. 5, p. 459-480) à l'examen critique de l'article sur L'étal actuel des études mystiques, extrait de la présente Introductiou , publié dans la /lA, décembre 1921, et d'un autre, publié dans /M J/, janvier 1922. Gomme je l'ai dit plus haut, j'ai profité de ses critiques, comme de celles de M. Saudreau et du progrès de ma propre pensée, pour améliorer mon travail. Mais il reste bien des points en litige, sur lesquels je dois au lecteur quelques explications ou éclaircissements.
Tout d'abord, qu'il me soit permis de féliciter l'éminent professeur du collège angélique, qui tient une si grande place dans la rédaction de LVS, du bref adressé au R. P. Bernadot, directeur de la revue, par S. S. Benoît XV, le 15 septembre 1921. G'est grande joie pour moi d'entendre proclamer de si haut « la valeur exceptionnelle des enseigne-