‹ Des grâces d'oraisonChapitre 81 sur 199 · DIFFÉRENTS GENRES DE GRACES MYSTIQUES · texte numérisé non relu

DIFFÉRENTS GENRES DE GRACES MYSTIQUES

parlent sans cesse les livres ascétiques, mériterait encore mieux c.» nom; elle est beaucoup plus simple sous certains rapports. Et si on prétend ne parler que des états mystiques, c'est la quiétude qui devrait s'appeler union simple. En effet, 1** c'est une union ; 2* une union qui est mystique ; 3° c'est le degré le moins élevé de cette série, et dès lors l'union la plus simple.

J'ai adopté l'expression d'union pleine. Dans sa Fie, ch. xvii, S" Thérèse emploie l'équivalent, disant : union entière [entera union). Elle le fait, quand elle parle d'un état voisin dont elle dit : M II est une autre sorte d'union qui n'est pas non plus une union entière ». Pour celle qui nous occupe, elle avait exprimé la même idée en disant : « C'est, à mon avis, une union manifeste de l'âme tout entière avec Dieu » [ibid.).

On m'a dit que cette expression d'union pleine n'était pas bien choisie, parce qu'elle s'appliquerait avec plus de vérité à l'extase ou au mariage spirituel. Mais on pourrait adresser le même reproche au mot quiétude, qui signifie état de repos; c'est surtout l'extase qu'on devrait appeler ainsi, au point de vue de l'Ame et du corps. D'instinct, cependant, on a senti qu'il y avait une raison d'employer cette expression pour le premier degré d'union mystique. On a voulu comparer cet état, non à ceux qui le suivent, mais à ceux qui le précèdent. On rend ainsi l'impression de l'àme qui passe de la méditation à la quiétude. Elle se dit : quel repos! Vftilà ce qui la frappe. Elle ne s'occupe pas de ce qui suivra plus tard. YM bien, il arrive de même qu'en passant de la quiétude au degré suivant, on se dit : quelle plénitude! Et l'on veut donner un nom qui traduise ce sentiment nouveau. On pourrait encore faire un raisonnement pareil, au sujet de l'expression : oraison affective. Car tous les degrés d'oraison qui le suivent sont affectifs. Et pourtant on réserve ce nom à l'état qui, le premier, fait sentir celte vive affection ; et de même le nom d'oraison de simple regard est donné au premier état qui manifeste de la simplicité.

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