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CHAPITRE V

GOURANT ÉLECTRIQUE.

Propagation de ïileciridlé.

101. Le mouvement électrique qui se produit dans un conducteur lorsqu'il réunit deux corps électrisés à des potentiels différents n'a qu'une durée très-courte, et peut même être considéré comme instantané lorsque le conducteur n'a qu'une faible longueur, qu'il est formé d'une substance métallique, et que la charge des deux corps est limitée ; mais si les deux corps sont maintenus à des potentiels constants par une source électrique, il s'établit, au bout d'un petit intervalle de temps, un mouvement régulier ou courant permanent qui constitue l'état stable et qui persiste tant que les circonstances qui le produisent ne sont pas modifiées.

Dans l'hypothèse des deux fluides, le conducteur est traversé par deux courants de sens opposé, l'un d'électricité positive et l'autre d'électricité négative; dans celle d'un seul fluide, qu'on adopte plus généralement pour l'énoncé des phénomènes d'électricité dynamique, on suppose que le fluide positif se meut seul dans le conducteur; le sens du courant est d'ailleurs toujours défini par la direction du mouvement de ce dernier.

Les courants électriques se manifestent par diverses propriétés : les unes, comme réchauffement des conducteurs, les décompositions chimiques, l'induction, entrai-

Dent une transformation d'énergie ; les autres, telles que l'action d'un courant sur un autre courant ou sur un pôle magnétique, peuvent s'observer à l'état statique, c'est-à-dire sans développement de travail, par la simple mesure d'une force.

L'intensité d'un courant dans un conducteur eist, par définition, proportionnelle à la quantité d'électricité qui U'averse la section de ce conducteur pendant l'unité de

temps, ou d'une façon plus générale au rapport ^ q étant

la quantité d'électricité qui traverse la section du conducteur pendant un intervalle de temps (, qu'on prend infiniment petit lorsque l'intensité est variable. Quand l'état stable est établi, l'intensité est la même en tous les points d'un même circuit.

On a donc, en nommant î l'intensité du courant, et K ime constante :

HM. Faraday et Pouillet ont prouvé par l'expérience que l'intensité d'un courant est proportionnelle à son action sur le pôle d'un aimant ou sur un autre courant constant, ce qui fournit un moyen de la mesurer facilement.

102. Unité d'intensité. — Dans le système électro* statique, l'unité de quantité étant fixée, on en déduit l'unité absolue d'intensité en faisant dans la formule précédente K = l, 9 = 1 et i = l; c'est celle du courant qui serait produit dans un conducteur par l'unité de quantité Q qui traverserait une section de ce conducteur pendant l'unité de temps T (*) .

(') Avee les unités fondamentales ordinaires, le mètre^ la seconde et la masse dn gramme, cette anité d*intenslté est très-faible; ce serait à peu

Mi DES GRANDEURS ÉLECTRIQUKS

Celte unité est représentée par la formule :

En remplaçant Q par (n* 84), on trouve pour l'ex-

pression de rintensité en fonction des unités fondamentales, ou ses dimensions :

MM. Weber et Fechner considérant le courant comme dû à un double mouvement, l'un d'électricité positive, l'autre d'électricité négative, ont pris pour unité d'intensité celle du courant produit par l'unité d'électricité positive circulant dans une direction, et l'unité d'électricité négative circulant en sens contraire ; cette unité est double de celle que nous venons de définir et qui est généralement adoptée. L'unité de Weber doit donc être représentée par 2 dans le système ordinaire.

103. Lof éUmetitaire d'Ohm. — Ohm est arrivé aux lois de l'intensité du courant dans les conducteurs linéaires en partant d'un principe fondamental auquel il a été conduit en assimilant la propagation de l'électricité à celle de la chaleur ; ce principe consiste en ce que le flux électrique^ ou la quantité d'électricité qui passe d'une section à la suivante d'un conducteur dans un intervalle de temps donné est proportionnelle à leur étendue, à la différence de leurs tensions, en raison inverse de leur distance et dépend d'un coefficient constant pour chaque

près celle qa'on obtiendrait avec un seul élément DanieU sur un circuit formé d'un fil de fer de 4 millimètres de diamètre et de 350.000 kilomètres de longueur.

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