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1° Le revêtement épidermique, absolument analogue au revétement épidermique normal, avec les couches de cellules cornées, au-dessous de la zone granuleuse où septum lucidum de Schrün très nettement visible, et enfin le corps muqueux de Malpighi.
?° Le derme, absolument identique au derme de la peau, sauf peut-être que le réseau élastique est un peu plus développé et que les papilles sont moins nettes que sur la peau normale; elles sont plus larges et moins élevées.
Les poils sont pourvus de bulbe, entourés d’une gaîne bien distincte ; deux glandes sébacées les accompagnent généralement ; ils sont seulement moins chargés de pigment.
3° Le contenu est formé par des cellules épidermiques, desquamées à divers âges, et par le produit de sécrétion des glandes de la paroi du kyste, granulations jaunes, libres, corpuscules granuleux, et quantité notable de poils follets, longs de ? à 4 millim.
Il. — ETroLoGiE ET PATHOGÉNIE.
Aujourd’hui tout le monde est à peu près d'accord sur l’origine première des kystes dermoides du cou. Ces kystes, que l’on pourrait appeler kystes branchiaux, se formeraient au niveau d’une fente branchiale imparfaitement oblitérée et ayant laissé persister une cavité close, ou, selon l’opinion du professeur Verneuil, ayant emprisonné, en s’oblitérant, un petit sac cutané. ù
Cependant cette théorie rend difficilement compte de tous les cas; elle explique bien l’origine des kystes dermoïdes renfermant de la matière sébacée, des poils et même des fragments cartilagineux et osseux; mais elle ne donne pas la solution des faits où l’on trouve des dents, par exemple. D'après Lebert, le D' Schill (de Schneeberg) a communiqué à Meckel le fait d’un homme de 50 ans, chez lequel, dans l’espace de trois mois, trois dents se sont développées successivement dans des capsules séparées au-dessous de la langue, mais eu dehors de toute connexion avec les os maxillaires. Il faut dans ces cas admettre, avec Valentin, qu une perver-
sion dans la répartition des cellules du blastoderme suffit pour que certains organes se développent anormalement dans des régions insolites, par suite d’une véritable hétérotopie embryonnaire. D'où le nom de kystes hétérotopiques donné à ces sortes de kystes.
Cependant, parmi les kystes dont je m'occupe, je dois signaler une variété particulière, dont l’origine branchiale paraît incontestable : ce sont les kystes canaliculés. En voici une observation due à Nicaise :
Ce chirurgien opéra en 1877, avec M. Chaignat (d'Orléans), une petite fille de 3 ans qui portait un kyste dermoïde de la bouche. Il était situé à la face inférieure de la langue, à gauche de la ligne médiane, et avait le volume d'une noisett: ; à travers la muqueuse étalée, on. distinguait la teinte jaunâtre du contenu. Cette tumeur génait les mouvements de la langue. ;
Une incision sur la face inférieure de la langue permit de disséquer le kyste, dont les paroisétait minces.Ce kyste se continuait au niveau du raphé, avec un cordon très dur, résistant, rigide, qui allait s’insérer perpendiculairement sur la face postérieure dn maxillaire inférieur, au milieu des apophyses géni, en suivant exactement la ligne médiane ; il avait ?2 à 3 millim. de diamètre.
Le chirurgien disséqua ce cordon fibreux dans toute sa longueur et le sépara du maxillaire par un coup de ciseaux. Le cordon, de consistance fibro-cartilagineuse, était creusé, dans son axe, d’un étroit canal, dont la paroi avait l'aspect d’une surface cutanée.
Le contenu du kyste était une matière grasse, homogène, ressemblant à du saindoux un peu ramolli et de couleur gris jaunâtre ; la même matière se rencontrait dans la canalicule.
La guérison fut rapide et complète.
1 s'agissait bien là d’un kyste dermoïde canaliculé de la bouche, s’insérant, comme l'indique M. Verneuil, sur la ligne médiane du maxillaire. A l’époque du rapprochement des deux bourgeons latéraux qui forment la mâchoire inférieure, une mince partie du feuillet corné avait été pincée et emprisonnée.
I faut rapprocher du fait précédent une observation curieuse due à
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M. le professeur Neumann (de Kœnigsberg). En 1874, cet auteur recut de son collègue Schænborn un fragment de paroi provenant d’une grenouillette. Il reconnut, à son grand étonnement, que cette paroi était tapissée d'épithélium vibratile. Il ne put s’expliquer d’abord cette particularité, mais il se rappela bientôt que Bochdaleck avait donné en 1866 et 1867, sous le nom de Ductus ercretorius linguæ, un canal de 10 à 15 millim. de long qui existe assez fréquemment (12 fois sur 50), part du trou borgne et se dirige en arrière vers le ligament glosso-épiglottiqne médian. Le tiers postérieur de ce conduit, richement pourvu de petites glandes muqueuses, envoie en avant, en arrière et vers le plancher de la cavité buccale, un ou plusieurs canaux latéraux, dans lesquels se jettent un grand nombre de canalicules spéciaux, ressemblant à des glandes, remarquables par leur épithélium vibratile.
Cette curieuse disposition anatomique est de nature à expliquer certains faits de kystes dermoïdes sublinguaux.
Le fait de M. Combalat constitue le troisième cas du kyste congénital
siégeant sur la ligne médiane Richet en a signalé un cas chez un enfant âgé de quelques jours, et Syme chez un enfant de 7 ans.
Les observations connues portent sur des sujets âgés de 15 à 30 ans. Quelques-uns de ces malades, il est vrai, portaient leur tumeur depuis longtemps. Le plus âgé avait 62 ans.
Le nombre des hommes atteints est un peu plus grand que celui des femmes. Mais le petit nombre des cas observés ne permet d'en tirer aucune conclusion. ;