III. — SYMPTOMATOLOGIE
Les kystes dermoïdes du plancher de la bouche n'ont pas toujours le même siège précis.Tantôt ils se développententre les muscles génio-glosse : alors, ils sont bridés en haut par la réunion de ces muscles et présentent peu de mobilité ils ; ont de la tendance à s'étendre latéralement des deux côtés du frein de la langue, en occupant l’espace triangulaire que forment les muscles génio-glosses et mylo-hyoïdien.
Tantôt, au contraire, ils prennent naissance sur les parties latérales de la région sublinguale, et alors ils affectent toujours une certaine mobilité, car ils ne sont unis que par de très faibles adhérences aux parties voisines, et leur énucléation est très facile.
Les symptômes fonctionnels sont les mêmes que ceux des kystes glandulaires : ce sont les troubles des organes voisins, qui dépendent surtout du degré de développement du kyste; je n’y insiste pas.
Je n’insiste pas davantage sur les caractères physiques communs entre les kystes dermoïdes et les grenouillettes vulgaires.Mais les premiers présenteraient quelques symptômes particuliers : mollesse, fausse fluctuation, opacité et couleur blanchâtre, conservation de l’empreinte du doigt quand on les déprime.
Cette question sera discutée avec plus de profit au chapitre du Diagnosfic.
Les kystes dermoides ont en général une marche lente. Ils ne paraissent pas susceptibles de s’enflammer spontanément. Dans les cas où la tumeur fut simplement incisée et vidée de son contenu, la matière sébacée s’est reproduite, mais on n’a jamais observé de fistules. C’est du reste ce qu’on peut facilement constater à la suite de la ponction des tumeurs de même nature, développées dans les différentes régions du corps.