GRENOUILLETTE SOUS-MAXILLAIRE ET DU CANAL DE WHARTON
Supposons que l’on ait reconnu une grenouillette aiguë de cette espèce. J’en ai discuté et admis l'existence ; — comme toute inflammation, on la traitera par des émollients et de antiphlogistiques locaux : cataplasmes, collutoires, onctions mercurielles au besoin. Il n’est pas probable que par ces moyens simples, s’il s’agit d’un corps étranger, on puisse empêcher la grenouillette d’arriver à la suppuration.
Mais si le pus est produit, il est indiqué, comme dans tout abces, de mettre fin aux douleurs par une ponction ou une courte incision sur le corps étranger lui-même, qu'il sera ensuite facile d'extraire. Cette petite opération suffira le plus souvent pour amener la guérison.
Si la grenouillette est passée à la période kystique proprement dite, on aura recours à un des nombreux moyens que j'ai indiqués plus haut, soit pour dilater le canal de Wharton, soit pour établir une fistule perma-
nente.
GRENOUILLETTE SUS-HYOÏDIENNE.
Il faut distinguer plusieurs cas, suivant qu'il existe une ou deux poches, et, lorsque les deux poches existent, suivant qu’elles communiquent ou non entre elles.
Si la grenouillette sublinguale, qui précède habituellement la grenouillette sous-maxillaire, a disparu au moment où le patient réclame l’intervention de la chirurgie, la ponction et l'injection iodée constituent un bon traitement.
La ponction sera faite d’après la méthode, et avec les précautions que j'ai déjà indiquées. Il y a peu d’inconvénients à la faire par la région sous. maxillaire. Cependant, si l’on tenait à éviter absolument la petite cicatrice cutanée qui en résulte, on pourrait faire la ponction à travers le plancher de la bouche, en ayant soin seulement de refouler, par la pression sur la poche extérieure, le liquide, de manière à soulever et à tendre la mu-
10072 queuse. Dans ce dernier cas, on pourrait encore substituer à la teinture d’iode de l’eau-de-vie ou du vin rouge chaud.
Dans un cas, Chassaignac employa le drainage et les injections iodées. Ce traitement conviendrait peut-être aux cas de grenouillettes très volumineuses,dont la poche descend jusqu’à la partie inférieure du cou; mais comme il entraîne forcément la suppuration et qu’il est d'une durée plus longue, il vaut mieux, dans tous les cas, débuter par la ponction suivie d'injection, sauf à avoir recours au drainage s’il y a récidive ou inflammation suppurative de la poche.
Lorsque la grenouillette sus-hyoïdienne coexiste avec une grenouiilette sublinguale, la conduite du chirurgien différera suivant que les deux tumeurs communiqueront ou seront indépendantes. Cependant, comme il n’est pas toujours possible de reconnaître d'une manière certaine, avant la ponction, la communication des deux poches, il est préférable d’attaquer d'abord, dans tous les cas, la tumeur sublinguale.
Celle-ci sera traitée comme je l’ai déjà indiqué.
Si l'ouverture de la glande sublinguale fait constater l'indépendance des deux kystes, il ne reste qu’à traiter la grenouillette sus-hyoïdienne par la ponction, que l’on pratiquera de préférence dans une autre séance et après guérison de la grenouillette sublinguale.
Si, au contraire, la communication existe entre les deux grenouillettes, on fera par l’orifice de communication pénétrer un trocart dans la poche sus-hyoïdienne, et on la traitera, comme dans le premier cas, par les lavages à l'eau d’abord, et l'injection alcoolique en dernier lieu.
Si l’on veut bien se reporter à l'observation de M. Dieu, on verra que ce chirurgien eut une conduite plus hardie : il pratiqua la dissection et l’ablation de la poche par une incision sus-hyoïdienne. Le résultat fut satisfaisant; mais, comme le fait remarquer M. Delens, il n’y a pas lieu cependant d'abandonner les moyens plus simples, tels que les injections irritantes,