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HISTORIQUE

On peut diviser en trois périodes l’histoire de la Grenouillette.

Dans une première période, on confond sous ce nom toutes les tumeurs du plancher buccal, et on émet, pour en expliquer la production, les hypothèses les plus gratuites.

Celse, dans le 12° Chapitre du 7e Livre : De abcessu sublingud, regarde cette maladie comme un abcès d’une nature spéciale.

Aétius y vit une dilatation variqueuse des veines sublinguales.

Paracelse en faisait un abcès des vaisseaux de la langue. l

Abulcasis et les médecins arabes considéraient la grenouillette comme un cancer.

À. Paré inventa une théorie étrange : il dit que la ranule est formée de matière pituiteuse, froide, humide, grasse et visqueuse, tombant du cerveau sous la langue.

Fabrice d'Aquapendente range cette tumeur au nombre des enkystées et la considère comme étant de la nature du mélicéris. Dionis partage le même sentiment : pour lui, la grenouillette ne serait qu’une loupe.

Est-ce à dire que les médecins anciens commettaient là autant d’erreurs de diagnostic ? Ges erreurs ont dû se présenter souvent, il est vrai, mais dans un grand nombre de cas c’étaient bien en effet des loupes, des cancers qu’ils avaient sous les yeux. Seulement, le mot de grenouillette avait pour eux une acception fort étendue, qu’on ne doit plus lui donner sous peine de confusion.

La seconde période commence au xvinr° siècle, suivant de près les découvertes de l’anatomie normale.

En 1664, Wharton étudia le conduit qui porte son nom. Il était tout naturel d'y placer le siège de la grenouillette. Jean Münnichs dit de cette affection qu’elle vient d’une salive trop âcre et trop épaisse, laquelle, ne pouvant sortir par les canaux salivaires inférieurs, s’amasse sous la

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