‹ Des Guérisons Tardives de la FolieChapitre 11 sur 30 · OBSERVATION II · texte numérisé non relu

OBSERVATION II

(Personnelle)

DÉLIRE PARTIEL AVEC IDÉES DE PERSÉCUTION ET HALLUCINATIONS. — GUÉRISON APRÈS 8 ANS DE TRAITEMENT.

R... Joseph, né en 1849, instituteur, marié, père de famille, entré à Maréville en avril 1887. — Héréditaire ; un des membres de la famille

EOUTES

ayant eu un accès de folie ; lui-même a déjà cu un accès à l’âge de 30 ans, mais qui n'avait pas nécessité son internement.

À son arrivée à l’Asile de Maréville, le docteur Langlois le reconnut atteint de « délire partiel, avec idées de persécution, terreurs imaginaires, craintes d'empoisonnement, troubles de la sensibilité générale ». Il était tourmenté par des illusions internes, terreurs imaginaires, craintes d’empoisonnement qui ne lui faisaient accepter les aliments qu'avec la plus grande méfiance, s’imaginant qu’on lui envoyait des secousses électriques, il commettait des erreurs de personnes et allait embrasser d’autres aliénés qu'il prenait pour son père ; ramassait tous les objets qu’il trouvait, son caractère était devenu enfantin, et il manifestait une insouciance complète à l'égard de tout. «Le pronostic de cette affection est grave, ajoute le docteur Langlois, parce que c’est le deuxième ac:ès de folie et qu’en outre R... est un héréditaire. »

Du mois de mars 1888 au mois de février de l’année suivante, R... traversa une longue période d’agitation constante avec loquacité intarissable et désordre des actes. Le calme ne parut qu’en décembre 1889, mais le malade était toujours très troublé. et n’avait aucune conscience de son état.

Peu à peu, le calme persistant toujours, R... se mit à travailler au jardinage, mais il conservait ses idées de persécution qui ne le quittèérent qu’au commencement de 1892, malgré des insomnies encore fréquentes.

Le sommeil ne reparut naturellement qu’en 1893, R... était très tranquille, s’occupait régulièrement et réclamait sa sortie.

En mars 1894, le docteur Langlois écrivait à sa femme : « L'état mental est amélioré, le malade est calme et s'occupe d’une manière régulière dans les bureaux de l’administration. Toutefois, il n’a pas encore une conscience très nette des motifs qui l’ont fait interner, et un séjour un peu plus prolongé à l’Asile serait nécessaire avant de songer à le mettre en liberté. La santé physique est excellente ».

Le mieux ne fit que s’accentuer, et quinze mois plus tard, le docteur Lallement certifiait que R... était absolument guéri de son accès d’aliénation et qu’il pouvait être mis en liberté. R... reconnaissait avoir

été aliéné, et se sentait guéri. Il avait écrit plusieurs fois avant sa sortie À

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à son inspecteur d'Académie, pour lui demander un nouveau poste d’instituteur ; à l’heure actuelle il a été replacé dans ses fonctions et jouit de sa pleine raison.

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